Jean-Claude Fuhr
Jean-Claude Fuhr, né le à Casablanca (Maroc) et mort le à Bourg la Reine, est un général français ayant servi au sein de la 1ʳᵉ armée française lors de la Seconde Guerre mondiale.
Jean-Claude Fuhr. | ||
| Naissance | Casablanca (protectorat français au Maroc) |
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| Décès | (à 91 ans) Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine, France) |
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| Origine | Française | |
| Allégeance | ||
| Arme | Légion étrangère | |
| Grade | Général de corps d'armée | |
| Années de service | 1939 – | |
| Commandement | 110e régiment d'infanterie 3e division |
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| Conflits | Seconde Guerre mondiale Guerre d'Indochine Guerre d'Algérie |
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| Faits d'armes | Bataille de France Campagne d'Allemagne (1945). |
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| Distinctions | Grand officier de la Légion d'honneur Croix de guerre 1939-1945 |
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Issu de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, il participe au débarquement de Provence en août 1944, à la libération de la France, au franchissement du Rhin et à la campagne d'Allemagne. Il sert ensuite au sein des unités sahariennes de la Légion étrangère, avant de participer aux guerres d'Indochine et d'Algérie. Au cours de sa carrière, il commande successivement le groupement d'instruction de la Légion étrangère (GILE), le 110ᵉ régiment d'infanterie et la 3ᵉ division[1].
Blessé au combat à deux reprises, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur et à celle de grand-croix de l'ordre national du Mérite.
Seconde Guerre mondiale (1942-1945)
modifierCombats des Vosges
modifierAprès la remontée de la vallée du Rhône, la 1ʳᵉ Armée française engage les combats des Vosges afin de franchir les positions allemandes protégeant l'accès à la plaine d'Alsace[2].
Le 28 septembre 1944, le Combat Command n° 3 (CC3) de la 1ʳᵉ division blindée, commandé par le colonel Caldairou, s'empare du col de la Chevestraye, position dominant les accès à la vallée de la Moselle entre Fresse-sur-Moselle et Le Thillot. Cette opération s'inscrit dans l'offensive menée par la 1ʳᵉ Armée française dans le massif des Vosges afin de percer les positions allemandes couvrant les accès à la trouée de Belfort et à la plaine d'Alsace.

Le 29 septembre 1944, les forces allemandes déclenchent une contre-attaque appuyée par des chars et de l'artillerie. Alors que les unités du CC3 préparent leur relève par des éléments de la 1ʳᵉ Division française libre (1ʳᵉ DFL), les positions françaises sont progressivement débordées. Les éléments engagés au col décrochent vers le hameau de l'Armet, où le dispositif est réorganisé. Les journaux de marche des unités engagées font état de combats particulièrement violents, au cours desquels plusieurs chars du 2ᵉ régiment de chasseurs d'Afrique sont détruits ou mis hors de combat avant le regroupement des unités à l’Armet[3],[4].
Dans l'après-midi du 29 septembre, les premiers éléments des 1ᵉʳ et 2ᵉ bataillons de Légion étrangère de la 1ʳᵉ Division française libre relèvent progressivement le CC3 dans le secteur de Fresse et de la Chevestraye.
Libération de Mulhouse
modifierDans le cadre de l'offensive d'Alsace engagée par la 1ʳᵉ Armée française, la section de Jean-Claude Fuhr participe le 19 novembre 1944 à la progression du sous-groupement Gardy vers Mulhouse.
Constituant l'avant-garde du dispositif avec les chars Sherman du lieutenant de Loisy[5], elle contribue à la prise des principaux points de passage permettant l'entrée des forces françaises dans la ville, notamment le pont d'Altkirch, avant d'assurer la protection de la tête de pont jusqu'à l'arrivée du reste du sous-groupement[6].
Franchissement du Rhin et la campagne d'Allemagne
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À l'issue de la réduction de la poche de Colmar, la 1ʳᵉ Armée française franchit le Rhin et poursuit son offensive en Allemagne du Sud[7]. Intégré au Combat Command n° 3 de la 1ʳᵉ division blindée, Jean-Claude Fuhr participe à la progression en direction de Fribourg-en-Brisgau, objectif majeur de l'offensive française dans le pays de Bade.
En avril 1945, à l'issue d'un violent engagement, il prend le contrôle d'un carrefour contrôlant l'accès à Fribourg, permettant au reste du Combat Command de poursuivre son avance.
À la suite de cette action, il reçoit le commandement de l'avant-garde du sous-groupement Petit, chargée de contourner les points d'appui allemands afin de maintenir le rythme de l'offensive. Son détachement est le premier élément français du sous-groupement à pénétrer dans Fribourg-en-Brisgau[8]. Il s'empare notamment de la gare et des ponts sur la Dreisam, facilitant la poursuite de la progression française vers le sud de l'Allemagne puis l'Autriche.
Guerre d'Indochine (1949-1951)
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En 1949, Jean-Claude Fuhr est désigné pour servir au sein du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO). Après son départ d'Afrique du Nord, il débarque à Saïgon en octobre 1949 et est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), où il prend le commandement de la 4e compagnie, peu après sa promotion au grade de capitaine[9].
Les 4 et 5 août 1951, il commande un groupement engagé contre une unité régulière du Viêt Minh dans le secteur d'An Nhon Tay (opération "Pentagone")[9],[10]. Selon les motifs de sa citation à l'ordre du corps d'armée, il maintient le contact avec l'adversaire malgré plusieurs contre-attaques, puis lance l'assaut qui conduit à la mise en échec de la formation ennemie. Cette opération lui vaut une citation à l'ordre du corps d'armée et l'attribution de la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures avec étoile de vermeil.
Du 17 septembre au 30 novembre 1951, Jean-Claude Fuhr dirige l'opération d'ouverture de l'axe routier reliant Ben Co à Rach Son, dans le secteur d'An Nhon Tay (opération "Malakoff")[9],[10]. Cette mission vise à rétablir une voie de communication dont dépend en grande partie l'implantation du dispositif français sur le plateau d'An Nhon Tay. Malgré les attaques répétées du Viêt Minh et deux importantes embuscades au cours desquelles il perd la plupart de ses collaborateurs directs, il mène les travaux à leur terme dans le délai fixé. Cette opération lui vaut une nouvelle citation à l'ordre de l'armée, sa promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur et l'attribution d'une nouvelle Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures avec palme.
Guerre d'Algérie (1957-1962)
modifierEn 1957, alors qu’il est affecté à l’état-major des Forces françaises en Allemagne à Baden-Baden, Jean-Claude Fuhr demande à servir en Algérie. Il est affecté à l’état-major de la 10e région militaire et rejoint Alger le , où il est intégré au 3e bureau, chargé de la conduite et la coordination des opérations.
Il est affecté à la salle des opérations de l'état-major, dont il assure le fonctionnement. À ce titre, il centralise les renseignements transmis par les différents commandements, tient à jour la situation opérationnelle et prépare les synthèses quotidiennes présentées au général Raoul Salan, commandant en chef des forces françaises en Algérie[11].
Ses fonctions le conduisent à suivre l'ensemble des opérations conduites sur le territoire algérien, notamment les actions de maintien de l'ordre, les opérations de contre-insurrection, la surveillance des frontières et les activités des différentes régions militaires. Il contribue également à la coordination de l'information entre les bureaux de l'état-major et les commandements territoriaux.
Décorations
modifier- Grand officier de la Légion d'honneur[12]
- Grand-croix de l'ordre national du Mérite[13]
- Croix de guerre 1939-1945 (1 palme, 1 étoile de vermeil et 2 étoiles d'argent)[14]
Bibliographie
modifier- Jean de Lattre de Tassigny, Histoire de la première armée française, Plon, 1949.
- Debout la Légion du commandant Charles Hora chez la Pensée moderne – 1971.
- Je ne regrette rien du capitaine Pierre Sergent chez Fayard – 1972.
- La Guerre d’Algérie du capitaine Pierre Montagnon chez les Editions Pygmalion -1984.
- La Légion Etrangère 150e anniversaire – Historia - N° spécial 414 bis – 1993.
- La Légion, Grandeur et Servitude – Historama – N° spécial 3 – 1967.
- Mémoire et vérité des combattants d’A.F.N. du Cercle pour la défense des A.C. d’A.F.N. – Livre Blanc – 2000.
- Histoire de l’Afrique du Nord du général Edmond Jouhaud – Editions des 2 Coqs – 1968.
- La Légion Etrangère – Voyage à l’intérieur d’un corps d’élite de John Robert Young et Erwan Bergot chez les Editions Robert Laffont – 1984.
- La 13e D.B.L.E. de Tibor Szecsko chez les Editions du Fer à marquer – 1989.
Liens externes
modifier- « Etats de service du colonel Furh Jean-Claude dans la légion », sur Le fanion vert et rouge (consulté le )
Notes et références
modifier- ↑ « Promotions et nominations militaires », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La nécropole nationale de Colmar | Chemins de mémoire », sur www.cheminsdememoire.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « 1944 - 2e RCA jmo », sur www.chars-francais.net (consulté le )
- ↑ Administrateur, « La 1re division française libre en Franche-Comté, par le général Saint Hillier - Fondation de la France Libre », (consulté le )
- ↑ (en-US) « Carrelet de Loisy Jean », sur Le 2ème Régiment de Cuirassiers / 1940 (consulté le )
- ↑ Edouard BOEGLIN, La Libération de l'Alsace: 19 novembre 1944 - 20 mars 1945, jour après jour, Editions Cêtre, (ISBN 9782878230680, lire en ligne), Page 9
- ↑ « 1945. La libération de Colmar | Chemins de mémoire », sur www.cheminsdememoire.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « La campagne d'Allemagne : progression dans le Bade-Wurtemberg et prise de Fribourg-en-Brisgau par le 2e BZ et le 6e RIC. », sur archives.ecpad.fr (consulté le )
- 1 2 3 « 1° Bataillon de la 13° D.B.L.E. », sur www.more-majorum.de (consulté le )
- 1 2 « Opérations de l'année 1951. | Service historique de la Défense », sur www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Thierry Sarmant, Inventaire de la sous série 1 H 1091-4881 - Tome 1 - Introduction Générale, Service Historique de la Défense (SHD)
- ↑ « Général de corps d’armée Fuhr – Musée des Étoiles » (consulté le )
- ↑ « Décret du 30 avril 2001 portant élévation à la dignité de grand'croix et de grand officier », sur Légifrance
- ↑ « Liste des titulaires de la croix de guerre 1939-1945 - Le50enligneBIS », sur le50enlignebis.free.fr (consulté le )
