Jean-Michel Langevin
Jean-Michel Langevin né le à Ingrande (province d'Anjou dans le royaume de France) et mort guillotiné le à Angers (Maine-et-Loire) est un prêtre catholique, martyr en haine de la foi. Béatifié le , il fait partie des 99 martyrs d'Angers, parmi plus de deux mille hommes et femmes guillotinés à Angers et fusillés à Avrillé pour la plupart.
| Jean-Michel Langevin | |
L'église et la cure de Briolay. | |
| Bienheureux, martyr | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Ingrandeœ |
| Date de décès | (à 62 ans) |
| Lieu de décès | Angers |
| Nationalité | Française |
| Vénéré à | Briollay et Chapelle Saint-Louis du Champ des Martyrs |
| Béatification | Vatican par Jean-Paul II |
| Vénéré par | Église catholique romaine |
| Fête | 30 octobre |
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Biographie
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Fils d'Urbain Langevin marchand boulanger et d'Anne Le Coudre (dernier enfant du couple, qui en eut cinq) Jean-Michel Langevin naît à Ingrande (le nom du village s'orthographiait alors sans s) en province d'Anjou, le . Il est baptisé le lendemain dans cette paroisse [1],[2] : il a pour parrain Jean Langevin, son oncle et pour marraine, Marie Hérisson, femme d'Urbain Poislane.
Entrée en religion
modifierVicaire au Louroux-Béconnais puis à Villevêque, il est nommé prieur-curé de Beausse en 1759 ; il est installé curé de Briolay[N 1] le [3],[4].
Prêtre réfractaire
modifierLorsque survient la Révolution française, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé et de rejoindre les rangs de l'Église constitutionnelle de même qu'André Fardeau, un de ses vicaires[5]. Jean-Michel Langevin est alors chassé de sa cure le , par ses paroissiens révolutionnaires[6],[7],[8]. Son autre vicaire André Janin prête le serment constitutionnel [9].
L'abbé Simon Gruget, qui vit durant la Révolution à Angers et autour, rapporte à son sujet : « C'était un digne pasteur qui eut beaucoup à souffrir de ses paroissiens. Il ne faut pas en être surpris, il avait dans sa paroisse beaucoup de philosophes, disciples de Voltaire et de Rousseau, et tout leur soin était de chercher à traverser leurs curés, à leur susciter des procès, dans le but de les discréditer aux yeux de leurs paroissiens. M. Langevin ne fut pas plus heureux. Il fut supplanté par son propre vicaire, M. Janin, frère de M. Janin, vicaire de Saint-Michel-du-Tertre, qui fit inutilement tous ses efforts pour le retirer de l'abîme »[10].
L'ex-abbé Langevin part pour Angers le et y reste jusqu'au . Puis il s'en va à Montrevault, dans les Mauges, où il reste jusqu'à la Toussaint pour revenir à Briollay et y enlever des meubles pour le bourg du Mesnil-en-Vallée où il possède une maison[11]. Il repart ensuite à Angers, car un arrêté du enjoint à tous les prêtres insermentés du département de venir résider dans cette ville, pour y être soumis à un appel quotidien[3]. Langevin arrive donc à Angers le , et se présente le devant la municipalité [3].
Implication dans la guerre de Vendée et arrestation
modifierLe , Langevin échappe au risque d'internement, visant l'ensemble des prêtres insermentés depuis la loi du 26 mai 1792 ; il se cache dans une chambre appartenant à Mademoiselle de Vaugirault rue Saint-Martin[3] et y reste jusqu'à l'arrivée des insurgés de l'Armée catholique et royale au mois de [5]. Sorti de sa cachette, l'abbé Langevin descend la Loire en bateau et retourne au Mesnil-en-Vallée. Il y exerce son ministère avec Blanvillain, ex-curé d'Ingrandes ; il proclame à l'autel qu'il administrera les malades de jour et de nuit, et les autres dans la mesure de ses forces.
Après la défaite de l'armée vendéenne, les prêtres du diocèse, traqués, arrivent à Angers pour y entendre une sentence de mort. Langevin ouvre le premier cette route sanglante. Dénoncé le au Comité Révolutionnaire d'Ingrandes par quatre patriotes[3],[N 2] et arrêté le au Mesnil-en-Vallée dans une ferme[12], il est transporté à Angers. Interrogé une première fois et conduit à la prison nationale, place des Halles, d'où on l'extrait le , pour être jugé par la commission Félix siégeant au couvent des Jacobins [3].
Exécution
modifierCondamné à mort, il est guillotiné le lendemain, le , à 4 heures de l'après-midi[13], place du Ralliement, autrefois place saint-Maurille [14].
L'abbé Langevin est la première personne à être guillotiné à Angers (« Cette guillotine, établie sur une nouvelle place, la place du Ralliement, à l'endroit même où était le grand autel de l'église Saint-Pierre, y demeura en permanence pendant une année entière, depuis la fin d' jusqu'à la mi- ») [15],[3]. D'autres exécutions suivront par le fusil et la guillotine à Avrillé et à Angers.
Béatification
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En 1905, Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes d'Avrillé et d'Angers mises à mort en haine de la foi et de l’Église catholique. Une procédure canonique de béatification est alors lancée. Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix neuf de ces victimes, dont Jean-Michel Langevin et André Fardeau, est promulgué le : ce sont les Martyrs d'Angers. Leur béatification est célébrée solennellement le par le pape Jean-Paul II à la Basilique Saint-Pierre du Vatican.
Fête et mémoire liturgique
modifierLa mémoire liturgique de Jean-Michel Langevin est célébrée le [16] et le 1er février[17]
Hommage
modifier- Une école primaire d'Ingrandes-Le Fresne-sur-Loire porte son nom.
Bibliographie
modifier- François Chamard, La vie des saints personnages de l'Anjou, J. Lecoffre et Cie volume 3, (lire en ligne)
- Simon Gruget (1751-1840), Mémoires et journal de l'abbé Gruget publié par E. L. ; (Reprod.) et annotés par E. Queruau-Lamerie, Germain et G. Grassin (Angers), (lire en ligne) sur Gallica
- André Merlaud (préf. Jean Orchampt), Les martyrs d'Angers 1793-1794, Paris, SOS Éditions, , 140 p. (ISBN 978-2-718-50942-6, lire en ligne) sur Gallica
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ À la Révolution, le village s'écrit avec un seul l soit Briolay, ce n'est qu'en 1801 qu'il prend deux ll soit Briollay
- ↑ Dénonciations faites le 7 septembre 1793 au Comité Révolutionnaire d'Ingrandes par quatre patriotes du Mesnil - qui l'accusent d'avoir prôné l'enfouissement dans le sable des républicains. La copie de ces dénonciations est envoyée au Comité Révolutionnaire d'Angers le 25 octobre.
Références
modifier- ↑ Lire l'extrait de l'acte de Baptême ci-contre à gauche
- ↑ Jeab-Michel Langevin sur http://shenandoahdavis.canalblog.com
- 1 2 3 4 5 6 7 Gallica / Anjou historique, janvier 1905, M. Langevin, curé de Briollay, guilottiné à Angers, p. 415-421
- ↑ Célestin Port, Dictionnaire Historique du Maine-et-Loire, 1878 Complément de l’article Briollay
- 1 2 J. Siraudeau, L'Anjou historique, volumes 31 à 32, p. 164
- ↑ Jean-Michel Langevin prêtre réfractaire (1731-1793)
- ↑ Andegaviana - Volumes 3 à 4 - Page 496
- ↑ Amans-Claude Sabatié, Les tribunaux révolutionnaires en province: sommaire historique, procédure, tribunaux divers, commissions militaires, arrestations arbitraires, exécutions, déportations, statistiques pour chaque département, état des victimes dans le clergé pour chaque diocèse, Volume 1, P. Lethielleux, 1914 p. 123
- ↑ Gustave Bord, Charles d'Héricault, Revue de la révolution, volume 7, 1886, p.127
- ↑ Chamard 1863, p. 508.
- ↑ Andegaviana, Volumes 3 à 4 - page 497
- ↑ « Veille vendéenne », sur lmbeauvois.free.fr (consulté le )
- ↑ François-Marie Tresvaux Du Fraval, Histoire de l'Église et du diocèse d'Angers, J. Lecoffre, 1859, p. 453
- ↑ Sylvain Bertholdi, La place du Ralliement. Histoire d'un quartier sur www.angers.fr
- ↑ Edmond Biré dans Le clergé pendant la révolution (1789/1799), E. Vitte, 1901, p. 177 qui ajoute « Or le premier condamné est un prêtre »
- ↑ Bienheureux Jean-Michel Langevin sur Nominis
- ↑ Bienheureux Martyrs d'Angers sur Nominis
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la religion :
- Homélie du pape Jean-Paul II (1984), site du Vatican