Jean-Pierre Duteuil
Jean-Pierre Duteuil, né le à Paris, est un militant anarchiste et éditeur français, très proche de Daniel Cohn-Bendit durant les années 1965-1968 à la faculté de Nanterre.
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Quelques semaines avant Mai 68, il est un des initiateurs du mouvement du 22 Mars[1].
Biographie
modifierN'ayant pas réussi son baccalauréat en 1962, Jean-Pierre Duteuil part en Italie où il rencontre des militants anarchistes italiens.
Élève au lycée de Nanterre en 1963-1964, lecteur du Monde libertaire, il participe aux actions antimilitaristes et contre l'armement atomique, en particulier en envahissant le terrain du stade de Colombes brandissant une banderole contre le nucléaire lors des hymnes d'un match de Rugby France-Écosse avec deux amis de la mouvance Aguiguiste (de Aguigui Mouna).
Étudiant en sociologie à la Faculté des lettres de Nanterre[n 1] à partir de la rentrée 1964, il est l'un des fondateurs du groupe anarchiste qui conduit des actions, notamment concernant le contenu de l'enseignement :
« Il s'agit de faire tomber le maître de son piédestal, de le désacraliser aux yeux des étudiants, et de l'amener, éventuellement, à réagir et à manifester — par colère — un autoritarisme qui ne manquerait pas d'apparaître ridicule[2] »
La même année, à la suite d'une annonce parue dans Le Monde libertaire, le groupe rejoint la Liaison des étudiants anarchistes, créée l’année précédente notamment par Tomás Ibáñez et Richard Ladmiral. L’année suivante, le groupe de Nanterre, qui n’est pas seulement composé d’étudiants, adhéra à la Fédération anarchiste.
Il participe notamment[3] avec Cohn-Bendit à la fondation du Mouvement du 22 mars, dont le rôle est important dans les événements de Mai 1968.
Au début des années 1970, il est chargé de cours en psychologie sociale à l'Université Paris-Dauphine puis il s'installe dans le Berry en 1974, puis dans la Vienne en 1977, où il entreprend d'élever des chèvres.
Après avoir adhéré à l'Organisation communiste libertaire (OCL) en 1978, il part pour le Pays basque[4] en 1979. Abandonnant l'enseignement en 1980, il crée une imprimerie associative et les éditions Acratie (sans pouvoir) et milite dans le cadre de la lutte antinucléaire[n 2] et dans le mouvement abertzale.
De retour dans le département de la Vienne en 1994, il poursuit son travail d'édition et sa collaboration au journal de l'OCL, Courant alternatif.
Éditions Acratie
modifierPublications
modifier- La Révolte étudiante. Les animateurs parlent, avec Hervé Bourges, Jacques Sauvageot, Alain Geismar et Daniel Cohn-Bendit, Seuil, 1968
- Nanterre, vers le mouvement du , préface de Daniel Cohn-Bendit, Acratie, 1988
- Loïc Debray, J.-P. Duteuil, Philippe Godard et Joëlle Aubron (coll.), Paroles directes : légitimité, révolte et révolution, autour d'Action Directe, Mauléon (Deux-Sèvres), Éd. Acratie, , 211 p., 21 cm (OCLC 417656303, SUDOC 013461605, présentation en ligne).
- Mai 68. Un mouvement politique, Acratie, 2008
Notes et références
modifier- Notes
- Références
- ↑ Sylvain Boulouque, « Jean-Pierre Duteuil », dans Dictionnaire des anarchistes, Maitron/Éditions de l'Atelier, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Pierre Duteuil, cité par Bernard Brillant, Les Clercs de 68, PUF, 2004, p. 158.
- ↑ Marylène Dagouat et Jacques Buob, « Les rêves de Mai 68 », dans L'Express, 25 mars 1993.
- ↑ Daniel Cohn-Bendit, Nous l'avons tant aimée la révolution, Paris, Barrault, coll. « points » (no 82), (ISBN 978-2-020-09916-5, OCLC 632439709), p. 65.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes et sources
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :
- « Site des éditions Acratie »
- « Notice sur Jean-Pierre Duteuil » rédigée par Sylvain Boulouque pour Le Maitron
- « Témoignage de Jean-Pierre Duteuil sur les événements de Mai 68 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), Libération,
Vidéo
modifier- Philippe Roziès, Lutter… ici et maintenant, LCP-Assemblée nationale, KUIV productions, 2013, 60 minutes, « voir en ligne ».