Jean-Pierre Maury
Jean-Pierre Maury, dit Maury, né le à Paris où il est mort le , est un artiste mouleur-figuriste, un des derniers.
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Jean-Pierre Paul Gabriel Maury |
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Biographie
modifierIl est ami de Jacques Prévert, dans la période de l’après-guerre « les Trente Glorieuses ». Dans son atelier du cabaret le Port du Salut, il moule plus de deux mille modèles, appartennt au Tout-Paris du monde la nuit, dont un grand nombre de célébrités. Beaucoup de personnalités se prêtent à ce rituel[1].
Maury fait des moulages de Johnny Hallyday, Charles Aznavour, Bourvil, Lino Ventura, Yves Montand, Boby Lapointe, Claude François, Georges Moustaki, Jean Yanne, Pierre Perret, Darry Cowl, Roman Polanski, Henri Salvador, Patrick Sébastien, Philippe Clay, Silvia Monfort, Sylvie Vartan, Sheila, Annie Cordy, Fernand Raynaud, Françoise Hardy, Pierre Doris, etc.
Travaux artisanaux et techniques
modifierDans une sorte de performance, Maury moule, année après année, le visage de ses deux filles, Pauline et Julie, dès qu'elles ont trois ans, à leurs dates d'anniversaire. Cette exceptionnelle collection sera acquise par le Musée de l’Homme, qui en fait une exposition et, par les soins d'Yvette Deloison, anthropologue au CNRS. Elle permet d’établir les mesures essentielles des visages dans le cadre de la recherche des enfants disparus.
Il est aussi « mouleur mortuaire » : Sidney Bechet, en 1959, puis Tino Rossi, Henri Vidal, Jacques Lacan, Louis Pauwels, Stéphane Grappelli, Georges van Parys et Robert Casadesus. Il enseigne la restauration de visages abîmés à des thanatopracteurs. Il travaille avec un chirurgien-plasticien pour montrer au patient ce que deviendrait son visage après une opération.
Pour le film Le Jour le plus long, réalisé par Darryl F. Zanuck, Maury réalise l'ensemble des moulages figurant des soldats morts sur les plages du débarquement, et celui du corps du parachutiste accroché au clocher de Sainte-Mère-Église.
Il fait les moulages des visages de Bourvil, Lino Ventura et Yves Montand, pour que les maquilleurs puissent réaliser des maquillages effets-spéciaux.
Travaux artistiques
modifierMaury devint le mouleur attitré de Salvador Dali puis de César, à partir de sa période des agrandissements. Ce dernier disait de lui : « On a l’impression que le plâtre coule de ses mains ».
Ses sculptures présentent une série de petits personnages, sur de vieilles planches vermoulues, qui racontent les étapes très particulières de l’alchimie. Il réalise de nombreuses allégories, pour mettre en scène les quatre éléments et les sept métaux, ou exprimer la dualité du monde : Le soleil et la lune, le masculin et le féminin, le bien, le mal etc. avec un érotisme d’une poésie irrévérencieuse et provocatrice.
L’ex musée de l’érotisme de Paris, créé par Jo Khalifa et Alain Plumey, l’invitera trois fois à présenter ses œuvres, aux côtés de Georges Wolinski, Barbe, Georges Pichard, Robert Crumb, Robert Combas, Jacques Brissot, Albert Dubout, etc.
Son ami Jacques Prévert rédige en 1966 la préface pour son exposition chez Jean d'Halluin, le Bestiaire Magique. En voici un extrait : « Le bestiaire des superstitions a ses rêves, la ménagerie des religions ses cages. Une lanterne, n'importe laquelle, est magique, le plus beau des cierges fait semblant » (Jacques Prévert, 1966)[2],[3].
Notes et références
modifier- ↑ « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
- ↑ Le petit monde d’Audrey
- ↑ « Boby Lapointe ou les mamelles du destin » écrit par Alain Poulanges ; préface de Pierre Perret ; Éditions de l’Archipel
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives aux beaux-arts :
