Jean-Pierre Moret de Bourchenu

historien français

Jean-Pierre Moret de Bourchenu, marquis de Valbonnais, né à Grenoble en 1651 et mort le [1], est un historien français. Il est connu sous le nom de Président de Valbonnais, aussi écrit Valbonnays ou Valbonnet.

Jean-Pierre Moret de Bourchenu
Le marquis de Valbonnays, gravure de Victor Cassien.
Fonctions
Premier président de la Chambre des comptes du Dauphiné
Titre de noblesse
Marquis
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
Activité
Autres informations
Membre de
Correspondant honoraire de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres

Biographie

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L'essentiel de cette biographie provient de l'étude de Marius Riollet, publiée en 1938 (voir la bibliographie).

Il est fils de Pierre (+ en 1682), conseiller au Parlement du Dauphiné, seigneur de Pierre (ou Peyre), Sigottier, Tréminis, puis baron de Valbonnais (acquis par échange avec les terres précédentes en 1677), et de Philippe Béatrix-Robert de Saint-Germain. Jean-Pierre Moret de Bourchenu a aussi pour aïeux Ennemond Moret, devenu conseiller au parlement de Grenoble en 1604, anobli en 1606, époux de Philippe de Peyre, dame de Bourchenu.

A ses débuts, il ne semble guère attiré par une carrière de magistrat. Après des études précoces chez les Oratoriens (1658-1665), au Collège Notre-Dame de Grâce dans le Forez[2], il voyage dès son adolescence, notamment en Italie et à Venise, puis rentre à Paris vers 1670, où il publie un premier texte : "Extrait d'une lettre écrite de la Martinique par M. Chrestien à un Licencié de Sorbonne, touchant un homme marin, qui a paru aux Costes des cette Isle, le 23 de May 1671" (Journal des Scavans, mai 1671). Repris par l'envie de voir le monde, contre l'avis de son père, il voyage en Flandres, en Hollande et en Angleterre, et se trouve sur la flotte franco-anglaise au cours de la bataille de Solebay (Soult-Bay) soutenue le 7 juin 1672 contre les Hollandais. De retour à Paris, il suit son droit, et se passionne pour les mathématiques auprès de Jacques Ozanam.

Rentré à Grenoble en 1675, un peu assagi, il devient avocat, puis reprend la charge de son père comme conseiller au parlement en 1677. Le décès de son cousin, Pierre Béatrix-Robert de Saint-Germain, en 1688, le met à la tête d'une fortune considérable. Il acquiert la charge de premier président de la Chambre des comptes du Dauphiné où il est reçu le (succédant à Abel de Sautereau) avec dispense d'âge, car il n'a pas encore quarante ans. Mais si sa carrière et son rôle demeurent mal connus, Louis XIV l'apprécie : il devient marquis de Valbonnais en 1694, puis en 1696, il est nommé conseiller d'État.

Féru d'histoire, il mit rapidement à profit les riches archives de la Chambre des comptes (inventoriées par François Marcellier à partir de 1688). Ses Mémoires sur le Dauphiné (1711) furent composés alors qu’il était devenu aveugle (dès 1701), et peut-être même à cause de cette infirmité, grâce à son excellente mémoire et d'après les lectures qu’on lui faisait (notamment par le chevalier de Solignac). Pour la seconde édition (Histoire de Dauphiné, 1722), Valbonnais s'est fait aider par Antonin Lancelot, sous-bibliothécaire du collège Mazarin, qui resta cinq ans auprès de lui. En 1728, peu avant son décès, il est nommé correspondant honoraire de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres. Il préparait un supplément sur les origines de la province, mais la mort ne lui a pas permis de l'achever, et les matériaux en ont été perdus.

Il mourut célibataire, âgé de 78 ans. Son souvenir est resté cher à Grenoble pour le bien qu’il y fit, et aux gens de lettres pour l'étendue de ses recherches. Son frère cadet, Flodoard Moret de Bourchenu (1663-1744), fut prévôt de la collégiale Saint-André de Grenoble puis évêque de Vence (en 1714-1728). Un autre frère, Humbert (1666-1742), officier, mourut sans descendance, et c'est finalement à son neveu François-Joseph de Bailly (de Valbonnay, 1690-1758), fils de sa sœur Françoise, épouse de Joseph de Bailly, que revint son héritage, sa charge de premier président (il fut reçu le 4 juillet 1729), et son titre marquisal (confirmé en mai 1746). Son fils, Jean-Pierre de Bailly de Bourchenu (1721-1790), poursuivit la carrière paternelle depuis 1758 jusqu'à la Révolution : ainsi, sa famille occupa le même siège pendant un siècle.

Publications

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  • Mémoires pour servir à l'histoire de Dauphiné sous les Dauphins de la maison de la Tour-du-Pin, où l'on trouve tous les actes du transport de cette province à la couronne de France, avec plusieurs observations sur les usages anciens et sur les familles : le tout recueilli des registres de la chambre des comptes et de divers cartulaires de la même province. Paris, Imbert de Bats, imprimeur-libraire, 1711, in-folio, IX-VI-22-681-20 pp.
  • Histoire de Dauphiné et des princes qui ont porté le nom de Dauphins, particulièrement de ceux de la troisième race, descendus des barons de la Tour-du-Pin, sous le dernier desquels a été fait le Transport de leurs États à la couronne de France. On y trouve une suite de titres disposez selon l'ordre des tems, & dont on peut tirer divers éclaircissements sur l'Histoire de France, des Papes d'Avignon, des Estats et provinces voisines. Avec plusieurs observations sur les mœurs & coûtumes anciennes & sur les familles, Genève, Fabri et Barrillot, tome 1, en 1722, 8-XII-22-414 pp, et tome 2, (preuves) en 1721, 627 p.

Une partie de la correspondance de Valbonnais a été publiée dans les trois ouvrages suivants :

  • Correspondance littéraire de Valbonnays, Valence, 1839, publiée par Jules Ollivier[3]
  • Correspondance politique et littéraire du marquis de Valbonnais, Grenoble, 1872, publiée et annotée par Ulysse Chevalier[4] (lire en ligne)
  • Correspondance (1724 - 1728) de Valbonnais avec Mgr Passionei, nonce du pape, Grenoble, 1933, publiée par Marius Riollet[5]

Iconographie

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  • Anonyme, Portrait de Jean-Pierre Moret de Bourchenu, XIXe siècle, huile sur toile, musée de Grenoble (inv. MG 354).

Selon l'Armorial général de Rietstap, cette famille portait : D'or à la croix de sable cantonnée de quatre flammes de gueules. Mais Jougla[6] lui donne des armoiries plus complexes : aux 1 et 4 comme ci-dessus (Moret), écartelé aux 2 et 3 d'azur au chevron d'or chargé de trois roses de gueules, au chef d'argent à un lion issant de gueules ; sur le tout, d'or à la bande engrêlée de gueules chargée de trois chiens d'argent courant en bande. C'est (peut-être) le blason qui figure sur le livre que tient le président ; ce fer de reliure ne semble pas répertorié dans O.H.R.[7]

Joseph Bailly, Cer au Parlement, époux décédé de Françoise Moret de Bourchenu, portait : écartelé, au 1 d'azur à 3 fasces d'or, et une branche de lys (?) fleuri d'argent brochant au naturel ; au 2, Moret (croix et flammes) ; au 3, d'azur au chevron d'or, au chef de même chargé d'un lambel de gueules ; au 4, de gueules à la bande d'argent chargée de 3 rocs d'échiquier de sable, et accompagnée de 8 taus d'or mis en orle.[8]

Notes et références

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  1. La France pittoresque.
  2. Ce collège isolé se trouvait à Chambles (Loire), à environ 15 km à l'ouest de Saint-Étienne.
  3. Bibliothèque dauphinoise
  4. Bibliothèque dauphinoise
  5. Bibliothèque dauphinoise
  6. Jougla de Morenas, Armorial général de France, tome 5 (1948), p 114.
  7. Olivier, Hermal et Roton, Manuel de l'Amateur de reliures armoriées françaises.
  8. Armorial d'Hozier (1696), Dauphiné, folio 57.

Annexes

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Bibliographie et sources

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  • Claude Gros de Boze, Éloge de M. le président de Valbonnays, dans Histoire de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres depuis son établissement, avec les éloges des académiciens morts depuis son renouvellement, chez Hippolyte-Louis Guerin, Paris, 1740, tome 3, p. 113-134 (lire en ligne)
  • Marius Riollet, Valbonnais, sa vie, son œuvre (1651-1730), Grenoble, Imprimerie Allier père et fils, 1938

Article connexe

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Liens externes

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