Jean Bourgeois (alpiniste)
Jean Bourgeois, né à Liège le et mort à Revogne (Belgique) le , est un ingénieur, alpiniste, explorateur, ethnologue, astronome, conférencier et écrivain belge.
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| Nationalité | Belge |
|---|---|
| Naissance |
, Liège (Belgique) |
| Décès |
(à 88 ans), Revogne (Belgique) |
| Disciplines | Escalade, alpinisme, exploration, ethnologie, astronomie |
|---|---|
| Compagnons de cordée | Claudio Barbier |
| Ascensions notables | Sad Ishtragh (5 847 m), Nowshak (7 492 m), première de la face ouest de la Cima Tosa et au Torre del Lago |
Biographie
modifierJean Bourgeois, né à Liège le , est le fils de Joseph Bourgeois, préparateur en pharmacie, et de Léontine Denis. Il se marie en 1967 avec Danielle Bourgeois, dessinatrice publicitaire avec qui il partage sa passion de l'alpinisme et de l'exploration. Après son décès en 2005, il se remarie avec Patricia Patfoort, alpiniste et anthropologue.
Au cours de sa jeunesse, sa famille déménage à Huy puis dans la région bruxelloise. Grâce à une bourse d'études de la commune d'Anderlecht, Jean Bourgeois fait des études supérieures en électronique et électrotechnique. Il obtient un diplôme d'ingénieur industriel en électronique à l'ECAM (École centrale des arts et métiers de Bruxelles)[1]. De 1960 à 1964, il construit des instruments scientifiques pour l'Observatoire royal de Belgique. Il est ensuite professeur à l'École technique de Kolwezi au titre de la coopération au développement. De retour en Belgique, il est attaché au laboratoire de recherche cardio-pulmonaire de l'université catholique de Louvain[2].


À l'âge de 19 ans, il découvre la spéléologie puis l'escalade par le biais du scoutisme, en particulier à Freÿr dans la vallée de la Meuse où il fait sa première voie d'escalade. À 20 ans, il pratique l'escalade de manière assidue à Freÿr atteignant le 5e degré de difficulté (très difficile). En 1961, il découvre au cours de sa première année en montagne le massif du mont Blanc et les Dolomites. Il réalise la première répétition d'un itinéraire très difficile à l'aiguille du Pouce dans les aiguilles rouges. La météo étant capricieuse à Chamonix, il se rend dans les Dolomites pour y effectuer des ascensions de haute difficulté telle la directissime suisse à la Cima Ovest di Lavaredo[1]. Par la suite, il enchaîne les ascensions de voies extrêmement difficiles tels l'éperon Walker aux Grandes Jorasses en 1969 (première belge), El Capitan dans la vallée du Yosemite en 1974, la face est du Grand Capucin et la face nord des Droites. En , il ouvre également de nouveaux itinéraires dans les Dolomites tels que la face ouest de la Cima Tosa et au Torre del Lago avec Claudio Barbier, grand spécialiste belge des Dolomites[3].
Progressivement, il s'investit dans ses activités d'explorateur, d'ethnologue et d'alpiniste et dans les expéditions qui y sont liées. Il se rend dans l'Antarctique, en Asie centrale, en Himalaya et dans les Andes péruviennes. En 1968, avec Danielle qu'il vient d'épouser, il accompagne la transhumance des nomades pachtounes dans l’Afghanistan du roi Mohammed Zaher Shah. Il canote également sur un affluent du Congo et navigue lors de l'hiver 1978-1979 avec Willy de Roos dans l’Antarctique[4].

Il se joint à plusieurs expéditions dans l'Himalaya et dans les Andes. En , il participe à une équipe polonaise ayant notamment pour objectif le Nowshak (7 492 m) dans l'Hindou Kouch. Ils gravissent le Sad Ishtragh (5 847 m), sommet vierge, par une arête difficile et le Nowshak. Alors qu'ils sont proches d'un autre sommet vierge, véritable but de l'expédition, la tempête s'abat sur eux[3]. Une avalanche ensevelit un de ses compagnons de cordée et les blesse, lui et son autre compagnon de cordée. Ils sont en perdition à haute altitude, abandonnés par l’expédition qui, au camp de base, les considère comme morts. Jean Bourgeois parvient malgré ses gelures et un début d'ophtalmie à désescalader 2 000 m de paroi raide en bivouaquant une nuit et à sauver son compagnon d’infortune[5].
À l'hiver 1982-1983, il participe à une expédition à l'Everest au sein d'une forte équipe d'alpinistes franco-suisses. L'objectif original via la face sud-ouest versant népalais est remplacé par l'arête nord de l'Everest moins difficile mais en territoire chinois. À 6 400 m, il est victime d'un début d'œdème cérébral par manque d'oxygène. Il lui faut redescendre dans les plus brefs délais pour échapper à la mort. Il entame alors la descente sur le versant chinois, plus accessible mais sans autorisation. Après quatre nuits et cinq jours, il parvient dans un village tibétain où il est arrêté par les autorités chinoises. Ses camarades d'ascension le croient entretemps décédé. Le , il réapparaît à la frontière du Népal, libéré par les Chinois et rejoint Katmandou le [6]. Il a relaté ses ascensions, aventures et explorations lors de conférences agrémentées de films, dans des articles de presse et trois livres : Les Seigneurs d'Aryana, Les Voies abruptes (coécrit avec Danielle Bourgeois) et En quête de plus grand.
Dans l'inter-saison, il était moniteur d'escalade et organisateur des camps d'escalade de la province de Hainaut à Furfooz, où il s'est installé en 1979, et à Freÿr, encadrant et transmettant sa passion aux alpinistes en herbe.
Il est aussi un astronome amateur réputé, une passion à laquelle il s'est dévoué depuis sa jeunesse et qu'il a concrétisé par son travail à l'Observatoire royal de Belgique[7].
Publications
modifier- Danielle et Jean Bourgeois, Les Voies abruptes, Glénat, , 300 p. (ISBN 978-2723439244)
- Jean Bourgeois, En quête du plus grand, Bruxelles, Nevicata, , 368 p. (ISBN 978-2-87523-034-8)
- Jean Bourgeois, Les Seigneurs d'Aryana, Nevicata, , 200 p. (ISBN 978-2-87523-091-1)
Hommages
modifierNotes et références
modifier- 1 2 Bourgeois (2012).
- ↑ M.-C. Bourdoux, « Deux Belges à la recherche de l'Afghanistan ancestral », Le Soir, , p. 7 (lire en ligne
) - 1 2 Jacques Borlée, De Freÿr à l'Himalaya, Bruxelles, Didier Hatier, , 254 p., p. 204
- ↑ Sabine Verhest, « Au bout des rêves de l'aventurier belge Jean Bourgeois », sur La Libre Belgique, (consulté le )
- ↑ Didier Demeter, « La reconnaissance en Belgique », sur Il était une fois...Claudio Barbier, 2005-2023 (consulté le )
- ↑ « Le fabuleux destin de Jean Bourgeois », sur La Dernière Heure, (consulté le )
- ↑ « Jean Bourgeois », sur lecteurs.com, (consulté le )
- ↑ Sabine Verhest, « Jean Bourgeois, l'appel des montagnes et des étoiles », publié le 24 août 2026 sur lalibre.be.
- ↑ « Décès de Monsieur Jean BOURGEOIS (22/08/2026) », sur www.enaos.net (consulté le )
- ↑ « La ville de Bruxelles rend hommage à l'alpiniste Jean Bourgeois », Le Soir, , p. 2 (lire en ligne
)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jacques Borlée, De Freyr à l'Himalaya, éd. Didier Hatier, 1987.
- Jean Bourgeois, En quête de plus grand, Bruxelles, éd. Nevicata, 2012.
- Christine Grosjean, « Jean Bourgeois : la traversée des apparences », Alpinisme et Randonnée, mars 1983, no 53.
- Jocelyn Chavy, « Hommage à Jean Bourgeois, l'alpiniste rescuscité de l'Everest », Alpinemag, .