Jean Clobert
Jean Clobert, né le à Sclayn (Belgique), est docteur en zoologie, directeur de recherches, ayant intégré le CNRS après ses études à Louvain (Belgique). Il a été à l'origine de la relance de la station d'écologie du CNRS à Moulis (Ariège), et l'a transformée dans un outil de recherche international de premier plan. Il a reçu en 2019 le Grand Prix de la Société française d’écologie et d’évolution conjointement avec Michel Loreau.
| Naissance | Sclayn (Belgique) |
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Biographie
modifierJean Clobert est né le à Sclayn, en Belgique[1] et a soutenu son doctorat en 1981 à l'Université catholique de Louvain (Belgique)[2], sur la dynamique d'une population d'étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris L.)[3]. Il a par la suite occupé les postes suivants[4] :
- 1981 - 1983. Post-doctorant I.R.S.I.A.[a], à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique
- 1984 - 1985. Maître assistant, au Laboratoire de biométrie, Université Claude Bernard (Lyon I), France
- 1985 - 1986. Post-doctorant de la British Royal Society et de la Fondation Belge des Sciences à l'Institut Edward Grey d'Ornithologie de Terrain, Département de Zoologie, Université d'Oxford, Angleterre
- 1986 - 1987. Post-doctorant CNRS, à l'École Normale Supérieure, Paris, France
- 1988 - 2006. Chercheur CNRS, au Laboratoire « Fonctionnement et Évolution des Systèmes Écologiques », Université Pierre et Marie Curie et École Normale Supérieure, Paris, France
- À partir de 2007. Chercheur CNRS, à la Station de Recherche en Écologie Expérimentale du CNRS, Moulis, France, dont il a assuré la direction jusqu'en 2017[5].
C'est sous son impulsion[6] que le laboratoire souterrain de Moulis de l'Institut Écologie et Environnement du CNRS est devenu en 2007, une Station d’écologie expérimentale et depuis 2016 la Station d'Écologie Théorique et Expérimentale (SETE)[5] reconnue mondialement comme une référence dans le domaine de l'écologie théorique et expérimentale[2],[7],[8].
Distinctions
modifier- En 1995, il a reçu le prix Adolph Wetrens de l’Académie belge des sciences[4],[9].
- En 2007, il a été reconnu comme étant parmi les chercheurs les plus cités selon la liste HighlyCited de l’ISI[4].
- En 2011, il a été élu à l’Académie des sciences européennes dans la section écologie et évolution[4].
- En 2019, il a reçu, conjointement avec Michel Loreau, le Grand Prix de la Société Française d’Écologie et d’Évolution[10].
Jean Clobert a été directeur ou co-directeur de 28 thèses[11], et sa doctorante, Elvire Bestion, a reçu le Prix « Le Monde » de la recherche universitaire en 2016[12].
Travaux de recherche
modifierJean Clobert est un chercheur reconnu[10] dans le domaine de l'écologie et de l'évolution. Ses travaux ont permis de mieux comprendre divers aspects de l'écologie des populations et de l'évolution, en particulier en ce qui concerne les mécanismes de dispersion, les dynamiques de population et les effets du changement climatique.
Après son post-doctorat au Département de Zoologie d'Oxford, il a concentré ses recherches sur l'étude de la dispersion, un trait démographique peu connu à l'époque, qui a conduit en 2012 à la publication d'un ouvrage dont il est le premier auteur[13],[14]. Il a cherché à comprendre les motivations derrière la dispersion et a identifié les traits morphologiques, physiologiques et comportementaux des individus qui se dispersent.
Il a développé des modèles statistiques pour estimer les paramètres des populations et a également promu l'utilisation de modèles matriciels pour étudier la dynamique des populations[15]. Ce travail a été l'objet d'un nombre très élevé de citations (5554 dans Google Scholar en [16]).
Jean Clobert a également travaillé sur le polymorphisme de couleur et les stratégies alternatives chez les femelles du lézard vivipare, contribuant à une meilleure compréhension des variations phénotypiques et des stratégies reproductives et apportant des éléments confortant l'effet green-beard[17].
Ses recherches ont par ailleurs particulièrement porté sur les effets du changement climatique[18] et de la fragmentation des habitats[19] sur la survie des espèces, en utilisant entre autres les lézards comme espèce modèle[20]. Ces espèces paient un lourd tribut au réchauffement climatique, et des travaux ont montré dès 2010 que sur une quarantaine de populations suivies dans les Cévennes pendant dix ans, quatre ont disparu à la suite d'épisodes de fortes chaleurs[21]. Sur la base de ses travaux, Jean Clobert a été cosignataire d'une lettre ouverte au président de la République d'alors, où 60 spécialistes de la biodiversité s'alarment de « la disproportion persistante » entre les « grandes menaces qui pèsent sur notre planète » et les réponses apportées jusque là[22].
Principales publications
modifierJean Clobert a été l'auteur 285 articles et ouvrages référencés dans le Web of Science et Google Scholar[23], avec parmi les plus cités :
- (en) Jean Clobert, Michel Baguette, Tim G. Benton, James M. Bullock, Dispersal Ecology and Evolution, OUP Oxford, , 863 p. (ISBN 978-0-19-164036-0, lire en ligne)
- (en) Nick M. Haddad, Lars A. Brudvig, Jean Clobert, Kendi F. Davies, Andrew Gonzalez, Robert D. Holt, Thomas E. Lovejoy, Joseph O. Sexton, Mike P. Austin, Cathy D. Collins, et al., « Habitat fragmentation and its lasting impact on Earth’s ecosystems », Science Advances, American Association for the Advancement of Science, vol. 1, no 2, , e1500052 (DOI 10.1126/sciadv.1500052, lire en ligne)
- (en) Jean-Dominique Lebreton, Kenneth P. Burnham, Jean Clobert, David R. Anderson, « Modeling Survival and Testing Biological Hypotheses Using Marked Animals: A Unified Approach with Case Studies », Ecological Monographs, vol. 62, no 1, , p. 67‑118 (ISSN 1557-7015, DOI 10.2307/2937171, lire en ligne)
- (en) Viktoriia Radchuk, Thomas Reed, Céline Teplitsky, Martijn van de Pol, Anne Charmantier, Christopher Hassall, Peter Adamík, Frank Adriaensen, Markus P. Ahola, Peter Arcese, et al., « Adaptive responses of animals to climate change are most likely insufficient », Nature Communications, Nature Publishing Group, vol. 10, no 1, , p. 3109 (ISSN 2041-1723, DOI 10.1038/s41467-019-10924-4, lire en ligne)
- (en) Barry Sinervo, Fausto Méndez-de-la-Cruz, Donald B. Miles, Benoit Heulin, Elizabeth Bastiaans, Maricela Villagrán-Santa Cruz, Rafael Lara-Resendiz, Norberto Martínez-Méndez, Martha Lucía Calderón-Espinosa, Rubi Nelsi Meza-Lázaro, et al., « Erosion of Lizard Diversity by Climate Change and Altered Thermal Niches », Science, American Association for the Advancement of Science, vol. 328, no 5980, , p. 894‑899 (DOI 10.1126/science.1184695, lire en ligne)
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ « Biographie de Jean Clobert Chercheur - Who's Who », sur www.whoswho.fr (consulté le )
- 1 2 « Ariégeois de l'année : Jean Clobert place Moulis sur la carte mondiale de la recherche en écologie », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ Jean Clobert, Etude de la dynamique d’une population d’étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris L.), Louvain, Belgique, UCL - Université Catholique de Louvain, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 « Academy of Europe: Clobert Jean », sur www.ae-info.org (consulté le )
- 1 2 « Présentation - CNRS SETE Moulis », sur sete-moulis-cnrs.fr (consulté le )
- ↑ « La station de Moulis honore son initiateur Jean Clobert », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ « L’Américaine Camille Parmesan, « réfugiée scientifique » en France, loin du climatoscepticisme de Donald Trump », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Climat : en Ariège, l'élite de l'écologie mondiale simule les dérèglements à venir », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ « Procès-verbal », Bulletins de l'Académie Royale de Belgique, vol. 6, no 1, , p. 104 (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Michel Loreau et Jean Clobert ont reçu le Grand Prix de la Société Française d’Écologie et d’Évolution | CNRS Écologie & Environnement », sur www.inee.cnrs.fr, (consulté le )
- ↑ « Jean Clobert », sur theses.fr (consulté le )
- ↑ « Prix « Le Monde » de la recherche 2016 : les animaux à sang froid ont un coup de chaud », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Sara L. Goodacre, « Dispersal: where, why and how? », Frontiers of Biogeography, vol. 5, no 4, (DOI 10.21425/F5FBG20664, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Internet Archive, Dispersal ecology and evolution, Oxford : Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-960889-8 et 978-0-19-960890-4, lire en ligne)
- ↑ (en) Jean-Dominique Lebreton, Kenneth P. Burnham, Jean Clobert et David R. Anderson, « Modeling Survival and Testing Biological Hypotheses Using Marked Animals: A Unified Approach with Case Studies », Ecological Monographs, vol. 62, no 1, , p. 67–118 (ISSN 1557-7015, DOI 10.2307/2937171, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Google Scholar », sur scholar.google.fr (consulté le )
- ↑ (en) Barry Sinervo, Alexis Chaine, Jean Clobert et Ryan Calsbeek, « Self-recognition, color signals, and cycles of greenbeard mutualism and altruism », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 103, no 19, , p. 7372–7377 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, DOI 10.1073/pnas.0510260103, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Viktoriia Radchuk, Thomas Reed, Céline Teplitsky, Martijn van de Pol et al., « Adaptive responses of animals to climate change are most likely insufficient », Nature Communications, vol. 10, no 1, , p. 3109 (ISSN 2041-1723, DOI 10.1038/s41467-019-10924-4, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Nick M. Haddad, Lars A. Brudvig, Jean Clobert, Kendi F. Davies et al., « Habitat fragmentation and its lasting impact on Earth’s ecosystems », Science Advances, vol. 1, no 2, , e1500052 (PMID 26601154, PMCID 4643828, DOI 10.1126/sciadv.1500052, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Aurore Coulaud, « Réchauffement climatique : «Le lézard se reproduit plus tôt mais sa survie adulte est plus faible» », sur Libération (consulté le )
- ↑ (en) Barry Sinervo, Fausto Méndez-de-la-Cruz, Donald B. Miles, Benoit Heulin et al., « Erosion of Lizard Diversity by Climate Change and Altered Thermal Niches », Science, vol. 328, no 5980, , p. 894–899 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, DOI 10.1126/science.1184695, lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Yves Miserey, « Les lézards, victimes du réchauffement climatique », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Google Scholar - Jean Clobert », sur scholar.google.fr (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à la recherche :
- « Expertise collective « L’Ours brun dans les Pyrénées » - Expertise », (consulté le )