Jean Corolère, également nommé Corollaire ou Corolline, est né à Kerquisinoire[1],[a], dans le diocèse de Quimper, dans le Finistère, en France. Après avoir été tambour dans la compagnie des bombardiers et canonniers des troupes de la Marine, il devient, au début des années 1750, bourreau et exécuteur des hautes œuvres en Nouvelle-France. Il décède à une date inconnue[2].

Jean Corolère
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Biographie
Naissance
Diocèse de Quimper, France
Décès
Après 1752
Activité
militaire, tambour de la Compagnie des bombardiers et canonniers des troupes de la Marine, puis maître des hautes œuvres

Biographie

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Né en France, Jean Corolère est le fils de Christophe Corolère et de Marie Dorollaire (?)[3]. À l’âge de dix-neuf ans, il arrive en Nouvelle-France, où il est probablement recruté par les troupes de la marine. Il devient tambour dans la Compagnie des bombardiers et canonniers[b] de la garnison de Québec[4].

Duel et emprisonnement

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Malgré le fait que le duel soit illégal en Nouvelle-France, le 26 janvier 1751, Jean Corolère se bat en duel contre Coffre, un soldat de sa compagnie. Charlène Binet donne les informations suivantes au sujet du duel opposant les deux hommes[5].

CAS NOUVELLE-FRANCE (DUEL)
Informations tirées de Histoire appliquée du duel en Nouvelle-France au XVIIIe siècle, de Charlène Binet
Noms des militairesRang militairePrésence insulteLieuTémoinsArmesStatutMort ou vivantVerdict
Corollaire/
Coffre
Tambour/
soldat
Oui
Cabaret, Qc
Oui
Épées empruntées
Arrêté/
en fuite
Vivants, réconciliés
Emprisonné/
inconnu


Pendant le duel, Coffre est blessé à un doigt de la main droite, ce qui met fin à l’affrontement. Les deux hommes, satisfaits et réconciliés, « leur honneur ayant apparemment été satisfait »[6], vont prendre un verre ensemble chez le cabaretier Laforme[7]. Malgré leur réconciliation, les témoins ébruitent l’affaire et l’arrestation des deux duellistes est ordonnée. Coffre en profite pour s’enfuir, mais Jean Corolère est arrêté. En attente de son procès, il est écroué dans la prison du palais de l’Intendant à Québec. Cette prison est mixte : hommes et femmes sont enfermés dans des cellules voisines, mais séparées[8].

Enquête et sentence

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L’enquête sur Jean Corolère commence le 30 janvier 1751 sous les ordres du lieutenant général de la Prévôté de Québec[3], François Daine. Comme un édit royal interdit les duels, Corolère est condamné, le 2 juin, à un an de prison[9],[10].

Deux requêtes faites par Jean Corolère

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Dans la prison du Roi où est détenu Corolère, se trouve une servante de vingt ans, Françoise Laurent, en attente de sa pendaison depuis sa condamnation du 26 octobre 1750, et ce, pour avoir volé une perruque et l’argent du portefeuille de ses maîtres[9],[c]. Fille du tambour-major de Montréal, Guillaume-Antoine Laurent[2], elle se lie d’amitié avec son voisin de cellule, Jean Corollaire[8],[9]. À ce moment-là, le poste de bourreau de la colonie est vacant, à la suite du décès de son dernier exécuteur, le 28 décembre 1750[2].

En Nouvelle-France, une personne condamnée à mort peut avoir la vie sauve grâce aux « lettres d’abolition, de rémission et de pardon », obtenant ainsi un pardon des hautes autorités judiciaires. L’autre moyen est le suivant : pour un homme, s’il accepte le travail de bourreau, et pour une femme, si elle épouse un bourreau[2],[8].

Le 17 août 1751, Corolère demande au Conseil supérieur de commuer sa peine en le faisant maître des hautes œuvres[9],[11] :

« Sur la Demande faite en ce Conseil par Jean Corolline détenu prisonnier ès prisons royales de cette ville… par lequel il supplie la Cour de vouloir l’accepter pour Exécuteur des Hautes Œuvres en cette Colonie, ce faisant lui accorder les gages attachés à la place d’exécuteur… Le Conseil après avoir délibéré, vu l’ancienneté et ce qu’il y a d’avantageux en sa requête, a accordé au dit Jean Corolline la place de maître des hautes œuvres de ce pays, en conséquence la décharge de ladite prison le Conseiller qui l’y a retenu a le pouvoir conformément au dit arrêt du onze juin dernier. »

Sa demande est acceptée et il est libéré, sans avoir à purger les quelque dix mois de peine qui lui restent. Dès le lendemain, il présente une deuxième requête. Il supplie la Cour[12] :

« de vouloir lui accorder en mariage la nommée Françoise Laurent fille détenue aux prisons royales de cette ville…Le Conseil accepte et décharge Françoise Laurent des condamnations contre elle dans le cas seulement où elle contractera mariage avec le dit Jean Corolline exécuteur de la haute justice. »

Le 19 août, après avoir obtenu de l’Évêque la dispense des trois bans, Jean Corolère épouse Françoise Laurent à la chapelle du palais de l’Intendant[9]. À la suite de ce mariage, Jean Corolère exerce ses fonctions d’exécuteur pendant une durée inconnue. Après la pendaison d’un faux-monnayeur le 29 avril 1752, Jean Corolère et son épouse disparaissent des archives[3].

Mention de Jean Corolère dans des œuvres contemporaines

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  • Marrying the Hangman, poème de Margaret Atwood.
  • The Hangman's Bride, Naomi McCormack, court métrage drame historique.
  • The Hanging of Françoise Laurent, Kate Cayley, pièce de théâtre.
  • The Hangman in the Mirror, Kate Cayley, roman

Liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ En breton, Ker- est un appellatif toponymique breton utilisé le plus souvent comme premier élément d'un toponyme. Il désigne un lieu habité, un domaine, un hameau.
  2. ↑ Formée au Canada à la fin de l’année 1750.
  3. ↑ Une autre source dit qu’elle aurait volé de vêtements appartenant à ses employeurs, les Pommereau[3].

Références

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  1. ↑ Société royale du Canada 1883, p. 51.
  2. 1 2 3 4 Lachance 2003.
  3. 1 2 3 4 Lacroix 2002.
  4. ↑ Binet 2025, p. 74.
  5. ↑ Binet 2025, p. 52.
  6. ↑ Binet 2025, p. 79.
  7. ↑ Binet 2025, p. 55.
  8. 1 2 3 Marsan 2014.
  9. 1 2 3 4 5 Chabot-Scrosati 2025.
  10. ↑ Binet 2025, p. 93.
  11. ↑ « Demande faite en ce Conseil par Jean Corolline détenu prisonnier ès prisons royales de cette ville… de lui accorder la place de maître des hautes œuvres », sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Advitam (consulté le ) Notice : TP1,S28,P17306, 18 août 1751 ; Pièce provenant du Registre no 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759)
  12. ↑ « Arrêt du Conseil déchargeant Françoise Laurent, de la sentence rendue le 12 mars 1751, à condition qu’elle épouse Jean Corollaire, maître des hautes œuvres (bourreau) », sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Advitam (consulté le ) Notice : TP1,S28,P17306, 18 août 1751 ; pièce provenant du Registre no 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ), 1751. Demande faite en ce Conseil par Jean Corolline détenu prisonnier ès prisons royales de cette ville… de lui accorder la place de maître des hautes œuvres [en ligne]. Fonds Conseil souverain, Notice : TP1,S28,P17306. 18 août 1751. Registre n° 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759). Disponible à l’adresse : https://advitam.banq.qc.ca/notice/412231.
  • BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ), 1751. Arrêt du Conseil déchargeant Françoise Laurent, de la sentence rendue le 12 mars 1751, à condition qu’elle épouse Jean Corollaire, maître des hautes œuvres (bourreau) [en ligne]. Fonds Conseil souverain, Notice : TP1,S28,P17306. 18 août 1751. Registre n° 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759). Disponible à l’adresse : https://advitam.banq.qc.ca/notice/412231.
  • Charlène Binet, Histoire appliquée du duel en Nouvelle-France au XVIIIe siècle, Chicoutimi, Université du Québec à Chicoutimi, , 137 p., Mémoire de maîtrise en histoire (lire en ligne)
  • Lydia Chabot-Scrosati, « Portraits de sept bourreaux en Nouvelle-France », sur Le Journal de Québec,
  • Thomas Lacroix, « Jean Corolère », sur dubuc-landry.ca,
  • André Lachance, Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, (lire en ligne), « Jean Corolère »
  • Jean-Sébastien Marsan, « Abécédaire insolite de la Nouvelle-France amoureuse et lubrique », Revue Argument, vol. 16, no 2,‎ , p. 178-186
  • Société royale du Canada, Mémoires et comptes-rendus de la Société royale du Canada, vol. série 3, volume IV, Ottawa, Société royale du Canada, (lire en ligne)