Jean Galbert de Campistron
Jean Galbert de Campistron, né le à Toulouse où il est mort le , est un dramaturge et librettiste français.
| Fauteuil 6 de l'Académie française | |
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Académie française (- Académie des Jeux floraux Famille de Campistron (d) |
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Biographie
modifierD’une bonne famille toulousaine, Galbert est éduqué chez les jésuites. Destiné par son père à une charge de dignitaire municipal, il se sent d’autres ambitions. Après avoir tenté d’enlever une jeune Toulousaine, à 17 ans, il est renié par son père et doit s’exiler à Paris[1].
Accueilli au sein d’un couple d’acteurs, chez les Raisin, le mari, Jean-Baptiste, également dramaturge partage son expérience et ses relations avec lui, notamment Jean Racine qui lui donne des conseils, tandis que sa femme l’inspire à composer deux tragédies, Virginie, puis Arminius, dont elle sera l’interprète[1].
En 1686, Racine le recommande à Jean-Baptiste Lully pour le livret de la pastorale héroïque Acis et Galatée, joué à Anet, œuvre à succès restée vingt ans au répertoire. En 1684, pour consoler une actrice, il écrit la comédie l'Amante amant en cinq actes et en prose en 15 jours. Ses productions théâtrales lui valent d’être admis à l'Académie française, en 1701[1].
Le duc de Vendôme ayant décidé de le prendre à son service comme secrétaire général des Galères et de l’attacher à son état-major, il le suit partout, jusqu’au plus fort des combats, en Flandre, en Italie et en Espagne, envoyant des demandes de renfort ou des bulletins de victoire rédigées, le soir, au bivouac, jusqu’à la disgrâce de Vendôme, consécutive à la défaite d'Audenarde, en 1708[1].
Nommé marquis de Penango en Montferrat et chevalier de l’ordre de Saint-Jacques, il retourne au pays natal, fait sa paix avec l’Église et se marie avec une Maniban de Cazaubon. Mainteneur de l'Académie des Jeux floraux[a], en 1694, membre de la confrérie des Pénitents noirs, directeur de l'hôpital Saint-Joseph de la Grave, il vit dans son l’hôtel particulier de la rue Peyras et passe la belle saison dans son domaine de Montpapou, où il se livre des expérimentations d’agronomie[1]. Son bonheur était devenu proverbial à Toulouse, où l’on répétait : « Urous como Campistrou[b] ! »
Auteur à succès de son vivant et après sa mort, certaines de ces pièces sont restées au répertoire de la Comédie-Française, jusqu’en 1765, et ses œuvres ont connu une trentaine d’éditions et de rééditions, à Paris et à Amsterdam, jusqu’en 1822. En 1731, Voltaire, le comparant à Corneille, déplore des « vers sans être absolument mauvais […] faibles et sans beauté[2]:226 », mais évoque néanmoins « un art qu'il cultivait d'ailleurs avec succès[2]:227 », même s’il « voit partout la même langueur de style[2]:228 ». Victor Hugo en a fait le symbole de l'imitateur sans génie dans ce vers célèbre : « Sur le Racine mort, le Campistron pullule[3] »[4].
L’histoire locale de sa mort évoque un bon repas à Balma, dans la résidence d’été de l’archevêque de Toulouse, un retour en carrosse, sous la chaleur, jusqu’à la place Saint-Étienne, les porteurs de chaise doublant le tarif en voyant la corpulence du client, la colère de Campistron, les coups de canne, l’apoplexie, la saignée opérée par un barbier…, mais sa mort est, en réalité, plus prosaïque : souffrant depuis longtemps d’une maladie pulmonaire qui finit par l’emporter, il est mort chez lui et a été inhumé dans l’église des Cordeliers[1].
Œuvres
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- Virginie, tragédie, Comédie-Française, .
- Arminius, tragédie, Comédie-Française, .
- Alcibiade, tragédie, Comédie-Française, .
- Andronic, tragédie, Comédie-Française, . — La pièce reprend l'histoire de Don Carlos sous des noms d'emprunt.
- Acis et Galatée, opéra-ballet, musique de Lully (Château d'Anet, ; Académie royale de musique, ). Pastorale héroïque en musique, représentée pour la première fois au château d'Anet devant Mgr le Dauphin par l'Académie royale de musique.
- Phraate, tragédie, Comédie-Française, .
- Phocion, tragédie, Comédie-Française, .
- L'Amante amant, comédie Comédie-Française, .
- Achille et Polixène, tragédie en musique Académie royale de musique, .
- Adrien, tragédie chrétienne tirée de l'Histoire de l'Église, Comédie-Française, .
- Tiridate, tragédie, Comédie-Française, [5].
- Aétius, tragédie, Comédie-Française, .
- Alcide, tragédie en musique (musique de Marin Marais) Académie royale de musique, ). Alcide fait, par deux fois, l’objet d’une reprise : sous le titre La Mort d'Hercule (1705), puis sous le titre La Mort d'Alcide (1716)[6]
- Le Jaloux désabusé, comédie Comédie-Française, .
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Les Toulousains de Toulouse et amis du vieux Toulouse, « Le Printemps de Campistron », L'Auta, Toulouse, 4e série, no 55, , p. 530 (ISSN 2540-4547, lire en ligne sur Gallica).
- 1 2 3 « Lettre de M. de Voltaire à Messieurs les Auteurs du Nouvelliste du Parnasse », Le Nouvelliste du Parnasse, Paris, t. 2, , p. 226 (ISSN 2539-8512, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Victor Hugo, chap. VII « Réponse à un acte d'accusation », dans Les Contemplations, t. 1, s.n., , 216 p., 2 vol. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica), p. 24.
- ↑ Martine de Rougemont, « Floridor », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, , 1583 p., illustr. ; in-8º (ISBN 978-2-04731-295-7, OCLC 275938761), p. 248.
- ↑ Jean Dubu, « Racine, Campistron et les Livres des Rois », Littératures classiques, vol. 52, no 1 « Campistron et consorts : tragédie et opéra en France (1680-1733) », , p. 207-214 (lire en ligne).
- ↑ Bénédicte Louvat-Molozay, « Opéra et fable tragique : l’adaptation du sujet d’Hercule sur l’Œta dans Alcide de Campistron », Littératures classiques, vol. 52, no 1 « Campistron et consorts : tragédie et opéra en France (1680-1733) », , p. 243-252 (lire en ligne).
Bibliographie
modifier- Carine Barbafieri, « D'une prétendue mollesse : galanterie et modernité de Campistron », Littératures classiques, vol. 52, no 1 « Campistron et consorts : tragédie et opéra en France (1680-1733) », , p. 165-178 (lire en ligne).
- Pierre Gérard et Marc Genestet (catalogue d'exposition), Jean Galbert de Campistron et son œuvre : 1656-1723, Toulouse, Archives de la Haute-Garonne, , iv-25 p., 28 cm (OCLC 77212861).
- Georges Soubeille, Campistron. D'amour, de théâtre et de guerre : Mémoires d'un gentilhomme gascon, Toulouse, Éditions universitaires du Sud, coll. « Études littéraires », , 205 p., illustr. ; 24 cm (ISBN 978-2-7227-0144-1, OCLC 910888811, lire en ligne), p. 205.
- Arnaud Rubin, Jean-Galbert de Campistron : ou le renouvellement de la tragédie à la fin du XVIIe siècle, Neuchâtel, Université de Neuchâtel, , 56 p. (OCLC 717002247).
Liens externes
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