Jean Kobs
Jean Kobs, né le à Hayange (France) et mort le à Godinne (Belgique), est un prêtre catholique du diocèse de Namur, poète lorrain d’expression française.
| Nom de naissance | Jean Kobs |
|---|---|
| Naissance |
Hayingen, Reichsland Elsaß-Lothringen, |
| Décès |
(à 69 ans) Godinne, |
| Activité principale |
Prêtre, poète |
| Distinctions |
Prix Amélie Mesureur de Wally (1953). |
| Langue d’écriture | français |
|---|---|
| Genres |
Œuvres principales
- Le Kobzar de l'Exil (1973-1974)
Biographie
modifierJean Kobs naît à Hayange le 12 avril 1912 dans le district de Lorraine qui faisait partie de l'Empire allemand à la suite de la première annexion allemande.
Lors de la Première Guerre mondiale, il séjourne à Houffalize en Belgique avec sa mère, son père ayant été arrêté par les Allemands. Il reste en Belgique jusqu’en 1919, sa famille retournant ensuite en Lorraine. Il fait ses humanités gréco-latines. S'orientant vers une carrière religieuse, il entre en 1923, il entre au petit séminaire de Bastogne. Il y étudie la philosophie jusqu'en 1932 avant de poursuivre des études théologiques au grand séminaire de Namur de 1932 à 1936. Á cette date, il est ordonné prêtre[1].
En 1937, il est nommé vicaire à Barvaux-sur-Ourthe dans les Ardennes. Kobs sera ensuite curé à Dinez-Houffalize (1942-1958), puis à Dave de 1958 à 1977, où le presbytère garde son souvenir.
Parallèlement à sa mission liturgique, il développe une œuvre poétique importante. Sa poésie d'inspiration classique mêle lyrisme, spiritualité et réflexion sur le sens de l'existence. Le Kobzar de l'Exil, cycle de 1059 sonnets, évoque symboliquement les saisons de la vie[1].
Ses recueils de poésie ont été primés par l'Académie française et par l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique[1].

Écrits
modifierSon œuvre poétique compte plus de 1600 poèmes.
- Le Parfum du Silence, Liège, Vaillant-Carmanne, 1949.
- Les Roses de la Nuit, avec une préface d'Yves-Gérard Le Dantec, Paris, Points et Contrepoints, 1953, prix Amélie Mesureur de Wally de l'Académie française, prix Amélie-Murat.
- Le Kobzar de l'Exil, tome 1, Paris, Points et Contrepoints, 1973.
- Le Kobzar de l'Exil, tome 2, Paris, Points et Contrepoints, 1974.
- La Mémoire du Silence, Namur, Bellalui/La Corniche, 1983 [édition posthume].
- L'Offrande du Kobzar, anthologie de 300 poèmes extraits des précédents recueils réalisée par Marie-Thérèse Boulanger, Namur, Bellalui/La Corniche, 1985.
- Au Château de la Solitude, re-créations poétiques de textes de Rainer Maria Rilke, édition établie et présentée par Marie-Thérèse Boulanger et Ferdinand Stoll, Namur, Bellalui/La Corniche, 1993.
- Œuvres complètes, tome 1, édition établie et présentée par Laurent Fels, Luxembourg, Éditions Poiêtês, coll. "Poésie", 2009.
- Jean Kobs : Dernier Vœu, choix établi par Marie-Thérèse Boulanger pour une édition posthume ; introduction, notes et postface par Laurent Fels, Montreuil-sous-Bois, Éditions Joseph Ouaknine, 2011.
Le Kobzar de l'Exil
modifierC'est Le Kobzar de l'Exil, somme de philosophie universelle et spirituelle, qui s'impose en priorité par les 1059 sonnets - selon le Nombre d'Or de Virgile - qui le constituent et dont les thèmes majeurs et essentiels forment le canevas d'une vaste fresque qui épouse le rythme des saisons, des âges de la vie et du monde.
Jean Kobs, le kobzar, l'aède dont la voix vient « de plus loin que l'Ukraine », joue comme ses aïeux de la kobza, évoquant sa quête incessante de l'Absolu qu'il partage avec tous ceux qui, comme lui, se savent en exil.
Le Livre premier s'ouvre sur le « Printemps ou les Limbes », temps de la naissance du monde et du poète, avec ses attachements, ses révoltes, ses définitives souffrances. Puis, c'est le Livre deuxième, « L'Eté », la première jeunesse, le premier épanouissement, la maturité, l'enfer de la vie.
Dans le Livre troisième, le kobzar s'avance vers le « Purgatoire », l'« Automne », le temps de la mélancolie, des évocations du passé, celui de la méditation et de la sagesse, de la pacification, de la conscience de l'inanité des choses terrestres, de la dimension de la souffrance pour arriver enfin à la sérénité. Et quand l'« âge dernier », celui de la vieillesse, l'« Hiver », arrive, le poète n'aspire plus qu'à la paix et au repos, préparant son Fiat avec une foi et une espérance dans l'au-delà qui n'ont cessé de grandir.
Dans cette œuvre où s'inscrit en filigrane l'image de celui vers qui tendent consciemment ou non tous les êtres, le prêtre-poète cherche inlassablement à atteindre l'essentiel : il « découvre » sa philosophie de la vie qui s'apparente à celle des poètes orientaux à laquelle s'ajoute, éclairante et personnelle, une note profondément chrétienne.
Hommages
modifier- Créée par arrêté royal du , la Fondation Jean Kobs[2] a pour objectif de faire vivre la mémoire du poète et de diffuser son œuvre, notamment par l'instauration de prix, l'organisation de récitals de poèmes, de colloques et de conférences.
- En 2014, la Fondation Jean Kobs a lancé la série des Cahiers Jean Kobs aux Éditions Poiêtês[3] qui publient également la réédition des Œuvres complètes du poète. Il s'agit d'une collection universitaire avec comité de lecture qui publie des ouvrages collectifs et des monographies consacrées au poète.
Notes et références
modifierAnnexes
modifierBibliographie
modifier- Marie-Thérèse Boulanger, "Jean Kobs, Prêtre-Poète", in Le Pays-Haut, 1984, no 3-4, p. 136-147.
- Renée Van Coppenole, Un Prêtre-Poète : Jean Kobs, Ottignies, J. Dieu-Brichard, 1986.
- Ferdinand Stoll, Le Prince du sonnet : Jean Kobs, curé de campagne (1912-1981), Luxembourg, Publications du Centre universitaire de Luxembourg, coll. "Études romanes", 1991, no 4.
- Ferdinand Stoll, "Une contribution à la réception de Rilke en Belgique : les essais d'interprétation en vers français réguliers de l'abbé Jean Kobs : documents inédits", in Revue de littérature générale et comparée, Luxembourg, 1991, p. 77-92.
- Michel Ducobu, Jean Kobs, in Dossiers L, no 10, Arlon, Service du Livre Luxembourgeois, 1992 [première édition en 1986].
- Michel Pirson, Choix de poèmes religieux de Jean Kobs, Namur, Les Éditions namuroises, 2006.
- Laurent Fels, Jean Kobs, in Les Cahiers de Poésie, Montreuil-sous-Bois, Éditions Joseph Ouaknine, 2007, no 12, p. 349-351.
- Ferdinand Stoll, "Jean Kobs, poète des Ardennes et du Namurois", in Les Cahiers de Poésie, Montreuil-sous-Bois, Éditions Joseph Ouaknine, 2007, no 12, p. 353-380.
- Laurent Fels, Jean Kobs (1912-1981) : la poésie comme mode de vie et de pensée, Bruxelles, Francfort..., Peter Lang, 2012.
- Laurent Fels (éd.), Dans la Chambre secrète du silence, actes du colloque de Clervaux (), Luxembourg, Poiêtês, coll. "Cahiers Jean Kobs", 2015, n°1.