Jean Lasserre (journaliste)

Jean Gabriel Pierre Lasserre (1906-1970) est un journaliste français, grand reporter à l'étranger puis, durant la Seconde Guerre mondiale, collaborationniste.

Jean Lasserre
Jean Lasserre le jour de son mariage avec Raymonde Latour (1933).
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Biographie

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Jean Gabriel Pierre Lasserre est né à Chartres le 17 novembre 1906 de Gabrielle Houssin et de Pierre Lasserre[1], critique littéraire, et proche à cette époque de l'Action française.

Jean Lasserre commence une carrière de journaliste dans la revue L'Âme gauloise fin 1927 comme critique[2]. En février 1928, il signe une vibrante nécrologie pour Little Tich dans Paris-Matinal[3]. En avril suivant, il entame une série de chroniques culturelles dans Le Figaro, puis, à la fin de cette année, livre à L'Ami du peuple et à Gringoire, des chroniques sur le monde de la nuit et sur les spectacles intitulées « La gamme des jours ». Après la mort de son père, fin 1930, pour ce même journal, il entame son premier reportage à l'étranger, aux États-Unis[4] et publie dans la foulée son premier ouvrage, Au bar de la mort, un récit se déroulant dans ce pays, édité par la Nouvelle Revue critique dirigée par Pierre Bathille et Louis Le Sidaner. Durant l'année 1931, pigeant pour Voilà, il poursuit ses reportages et ses publications, allant en Australie, et terminant une vaste enquête à propos de Marlene Dietrich. Durant l'année 1932 il publie trois romans coup sur coup. En 1933, il entre à Paris-Soir et commence des reportages à l'étranger, une activité à propos de laquelle il se justifie[5].

Le 24 octobre, il épouse à la mairie du 6e arrondissement l'actrice et journaliste Raymonde Latour (1911-1975)[6],[7].

En 1934, il entre à Comœdia et à Pour vous, un luxueux hebdomadaire dédié au cinéma, piloté par L'Intransigeant. En 1935, il livre des portraits de personnalités au Petit Parisien. En 1938, il passe une partie de l'année à Buenos Aires[8], puis entre à Marianne. Il publie plusieurs fictions courtes dans Les Œuvres libres.

En juin 1939, il est annoncé que Tino Rossi et Mireille Balin tourneront dans Fiesta, un film d'après un scénario inédit de Lasserre ; la coproduction franco-italienne est stoppée du fait de la déclaration de guerre en septembre[9],[10].

Après juin 1940, la plupart des journaux sont interdits ou se sabordent. Lasserre écrit dans Aujourd'hui fondé par Henri Jeanson en septembre. Les articles de Lasserre attaquent frontalement les élites, le marché noir, et bientôt, adhèrent totalement à la politique de collaboration, un revirement brocardé le 25 août 1941 par Je suis partout[11]. En février 1942, Jean Lasserre devient secrétaire général des Jeunesses syndicalistes de France, puis commence à écrire dans La Gerbe et plus rarement dans La Chronique de Paris[12].

Le 12 juillet 1941, à Paris, il divorce de Raymonde Latour.

En septembre 1944, son nom apparaît dans la liste du Comité national des écrivains, au moment où sévit l'épuration[13].

Devenu relativement discret après 1945, il est rattrapé par Pierre Fresnay qui porte sur la scène du Théâtre de la Michodière sa première pièce de théâtre, Voici le jour, créée le 22 avril 1954[14].

Remarié le 16 avril 1950 avec Françoise Gaix, Jean Lasserre meurt dans le 15e arrondissement de Paris le 10 avril 1970.

Écrits publiés

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  • Au bar de la mort, roman, coll. « La vie d'aujourd'hui », Paris, La Nouvelle Revue critique, 1930.
  • Auprès de ma noire..., roman, Paris, Les éditions de France, 1930.
  • La Vie brûlante de Marlène Dietrich, Paris, Nouvelle Librairie française, 1931.
  • Les cargos des antipodes, roman feuilleton dans Gringoire, 1931.
  • Amour 100 %, roman, Paris, Nouvelle Librairie française, 1932.
  • La Route d'enfer, roman, Paris, La Nouvelle Revue critique, 1932.
  • La Pègre des tropiques, Paris, Émile-Paul Frères, 1934.
  • Scandale obligatoire, roman en feuilletons dans Pour vous, 1934-1935.
  • Nuits d'Hollywood, roman en feuilletons dans Candide, 1935.
  • Paris-Misère, ill. Poulbot, Grenoble, B. Arthaud, 1935.
  • Maisons pour les passants, choses vues, Paris, Les œuvres libres n° 211, Fayard, février 1939.
  • Sans espoir, Paris, Les œuvres libres n° 222, Fayard, janvier 1940.
  • Ambroise Paré : chirurgien des rois, ill. Gaston de Sainte-Croix, coll. « La fleur de France » n° 1, Paris, Denoël, 1942.
  • Junot le sabreur, ill. Dominique, coll. « La fleur de France » n° 9, Paris, Denoël, 1942.
  • Voici le jour : pièce en 3 actes, Paris, Paris, France-Illustration - Le Monde illustré, 1954.

Notes et références

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  1. ↑ Archives d'Eure-et-Loir, Chartres, naissances, 1906, acte n° 434, vue 111/131 — avec mention de mariages, de divorce et de décès.
  2. ↑ La Rumeur, Paris, 23 janvier 1928, p. 8 — sur Retronews.
  3. ↑ L'Ère nouvelle, Paris, 12 février 1928, p. 3 — sur Retronews.
  4. ↑ Gringoire, Paris, 2 janvier 1931, p. 2 — sur Retronews.
  5. ↑ « Servitude et grandeur du reportage », in: Comœdia, Paris, 7 décembre 1933, p. 1 — sur Retronews.
  6. ↑ L'Intransigeant, Paris, 26 octobre 1933, p. 3 — sur Retronews.
  7. ↑ Archives de Paris, 6e arrondissement, mariages, année 1933, acte n° 827, vue 15/21.
  8. ↑ Le Journal, Paris, 24 mars 1938, p. 5 — sur Retronews.
  9. ↑ Tino Rossi - Biographie générale, partie 2.
  10. ↑ « Tino Rossi sera Matador dans son prochain film », in: Le Jour, Paris, 18 juin 1939, p. 6 — sur Retronews.
  11. ↑ « Les néo-purs », in: Je suis partout, p. 2 — sur Retronews.
  12. ↑ La France nouvelle, Buenos Aires, 31 mars 1944, p. 2 — sur Retronews.
  13. ↑ Les Lettres françaises, Paris, 16 septembre 1944, p. 5 — sur Retronews.
  14. ↑ Rivarol, Paris, 29 avril 1954, p. 2 — sur Retronews.

Liens externes

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