Jean Romieu

juriste français

Jean-Pierre-Louis Romieu, né le à Paris et mort le à Theix, est un juriste français, président de la Section du contentieux du Conseil d'État.

Jean Romieu
Fonctions
Président
Section du contentieux du Conseil d'État
-
Commissaire du gouvernement
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 95 ans)
TheixVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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A travaillé pour

Biographie

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Jeunesse et études

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Jean Pierre Louis Romieu naît le au no 10 de la cité Trévise, à Paris[1],[2]. Il est le fils d'un banquier[2].

En , il entre à l'École polytechnique[2],[3]. Il devient sous-lieutenant d'artillerie de marine[2],[3]. Deux ans plus tard, il démissionne afin d'entrer au ministère des Affaires étrangères[2] après avoir étudié à l'École libre des sciences politiques[4].

Licencié en droit, il passe le concours d'entrée au Conseil d'État[2].

Parcours professionnel

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Reçu, il y entre le avec le grade d'auditeur de deuxième classe[2]. Le , il est promu au grade d'auditeur de première classe[2]. Le , il devient maître des requêtes[2]. Peu après, il est nommé commissaire du gouvernement[2].

Le , il accède au grade de conseiller d'État[2]. Le , il est nommé président de sous-section de la section du contentieux[2],[3].

En , il devient président de la section du contentieux[2],[3], fonction qu'il exerce jusqu'en 1933. En , il refuse d'exercer la fonction de vice-président du Conseil d'État[2].

Les conclusions qu'il a prononcées lorsqu'il était commissaire du gouvernement ont exercé une forte influence sur la jurisprudence du Conseil d'État. Les points sur lesquels cette influence est la plus perceptible sont :

- La construction de la théorie et du régime juridique du service public avec un intérêt tour particulier pour faire émerger l'idée qu'il puisse y avoir des services publics à gestion privée ;

- L'autonomie du pouvoir réglementaire face au Législateur pour définir le régime juridique de ces services publics ;

- L'élargissement des possibilités d'agir contre l'administration dans le cadre du recours pour excès de pouvoir, en particulier en ouvrant le prétoire aux contribuables communaux, aux associations et aux syndicats professionnels ;

- L'affermissement de la place du Conseil d'Etat au sommet de l'ordre juridictionnel administratif.


Jean Romieu prend sa retraite le [5].


Le 12 novembre 1940, il est nommé membre du conseil national de la Légion d'honneur par le Maréchal Pétain.

Il meurt le à Theix dans le Morbihan[1], à l'âge de 95 ans.

Parcours professoral

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Romieu enseigne le droit administratif à l'École nationale des ponts et chaussées, à partir de . Dès 1911[6], il enseigne à l'École libre des sciences politiques[7]. Il y dispense un des deux principaux cours de droit administratif, l'autre étant donné par Jacques Tardieu. Son cours est, selon Pierre Rain, « consacré surtout aux travaux publics et aux grands services concédés »[4]. Lorsque l'école est transformée en Institut d'études politiques de Paris, son cours est renommé « Droit public » et est le cours fondamental et obligatoire de l'établissement[8].

Notes et références

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  1. 1 2 Léonore.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Costa 1995, p. 88, col. 1.
  3. 1 2 3 4 Cahen-Salvador 1952, p. 324.
  4. 1 2 Pierre Rain, L'École Libre Des Sciences Politiques, Fondation nationale des sciences politiques, (ISBN 978-2-7246-0033-9, lire en ligne)
  5. ↑ « Jean Romieu », sur le site du Conseil d'État français (version du sur archive.org).
  6. ↑ « MORT du président Romieu », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ Bosvieux-Onyekwelu 2018, encadré 3.
  8. ↑ Charles Bosvieux-Onyekwelu, « L’État au travail : Jean Romieu (1858-1953), le Conseil d’État et la construction d’une théorie du service public à partir d’une pensée par cas », L'Annee sociologique, vol. 69, no 1,‎ , p. 255–281 (ISSN 0066-2399, DOI 10.3917/anso.191.0255, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • [Belloubet-Frier et Frier 1997] N. Belloubet-Frier et P.-L. Frier, « La deuxième mort de Jean Romieu », dans Coll. (préf. de G. Vedel), Études en l'honneur de Georges Dupuis : droit public [« Mél. G. Dupuis »], Paris, LGDJ, coll. « Les Mélanges », , 1re éd., 1 vol., XIV-338, 24 cm (ISBN 2-275-01543-4, EAN 9782275015439, OCLC 466884929, BNF 36695629, SUDOC 00418050X, présentation en ligne), p. 1-18 (OCLC 490295903 et 014084538).
  • [Bosvieux-Onyekwelu 2018] Ch. Bosvieux-Onyekwelu, « Le service public au Conseil d'État : comment un grand corps se professionnalise en captant une idée (-) », Sociologie du travail, vol. 60, no 4,‎ , p. 1re part., art. no 1 (DOI 10.4000/sdt.8069, résumé, lire en ligne).
  • [Bosvieux-Onyekwelu 2019] Ch. Bosvieux-Onyekwelu, « L'État au travail : Jean Romieu (-), le Conseil d'État et la construction d'une théorie du service public à partir d'une pensée par cas », L'Année sociologique, vol. 69, no 1 : « Éléments pour une histoire de L'Année sociologique : de à nos jours »,‎ , p. 2de part., art. unique, p. 255-281 (DOI 10.3917/anso.191.0255, résumé, lire en ligne).
  • [Cahen-Salvador 1952] G. Cahen-Salvador, « Un grand commissaire du gouvernement : Jean Romieu », dans Coll. (préf. de R. Cassin), Le Conseil d'État : livre jubilaire publié pour commémorer son cent-cinquantième anniversaire (4 nivôse an VIII – ), Paris, Sirey, hors coll., , 1re éd., 1 vol., 693-[2], in-4o (28 cm) (OCLC 422008705, BNF 33906052, SUDOC 025752804), p. 323-336.
  • [Costa 1995] D. Costa, « Jean Romieu, un artisan de la construction du droit administratif moderne », La Revue administrative, vol. 48e an., no 283,‎ , p. 5e part., art. no 2, p. 88-97 (JSTOR 40599577).

Frédéric Rolin, Conclusions prononcées par Jean Romieu (1888-1907) précédées par un Essai sur la théorie générale du droit administratif de Jean Romieu, Paris, La Mémoire du Droit, , 504 p. (ISBN 978-2-84539-034-8, EAN 9782845390348, BNF 45856252, présentation en ligne)

Liens externes

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