Jean d'Arsonval
Jean d'Arsonval, mort le à Paris, est un ecclésiastique français. Précepteur et confesseur du dauphin Louis de Guyenne, il est en relation avec les humanistes. Il est évêque de Chalon-sur-Saône de 1413 à sa mort.
Biographie
modifierPrécepteur du dauphin
modifierJean d'Arsonval porte le nom de village d'origine, Arsonval[1],[2]. Il est d'origine modeste, serf et fils de serf. En effet, le village d'Arsonval ne se libère du servage qu'en 1418, grâce à la somme que Jean d'Arsonval lui lègue par testament. Elle permet aux habitants d'acheter leur liberté à Charles de Bourgogne, comte de Nevers et seigneur de Jaucourt, dont dépend Arsonval[3].
En 1403, Jean d'Arsonval est prêtre, maître ès-arts et étudiant à l'université de Paris, secrétaire du roi Charles VI et précepteur du dauphin Louis de Guyenne, alors âgé de neuf ans[3]. Jouissant de la confiance de la reine Isabeau de Bavière qui le protège, Jean d'Arsonval reçoit de nombreuses prébendes : il devient archidiacre de Troyes[4] et chanoine de Tours, Chartres, et de la Sainte-Chapelle à Paris[1],[4].
Homme cultivé, il fait partie des relations du théologien Nicolas de Clamanges, des humanistes Jean de Montreuil et Gontier Col[5],[4] et de Nicolas de Baye[4]. Jean Gerson lui adresse un petit livre sur l'éducation du dauphin[6],[7]. Le dauphin grandissant, Jean d'Arsonval devient son confesseur[8],[9]. Le , il fait partie des personnages de l'entourage de Louis de Guyenne qui sont arrêtés par les Cabochiens devant son palais et libérés quelques mois après[8].
Évêque
modifierLe , le pape d'Avignon Jean XXIII transfère l'évêque de Chalon-sur-Saône Philibert de Saulx sur le siège d'Amiens et nomme Jean d'Arsonval évêque de Chalon-sur-Saône[2]. Cette nomination sur un siège épiscopal bourguignon peut étonner puisque Jean d'Arsonval, qui appartient au parti armagnac, fait partie des adversaires du duc de Bourgogne Jean sans Peur. Peut-être celui-ci cherche-t-il ainsi à rallier le précepteur du dauphin, qui est aussi son gendre[8].
Jean d'Arsonval prend possession de son évêché le , mais reste surtout actif à Paris[8]. Le , il participe, avec les évêques de Nantes et de Saintes, à la condamnation par l'université de Paris des opinions de Jean Petit, qui justifiait l'assassinat de Louis d'Orléans par la théorie du tyrannicide[10].
Le , Jean d'Arsonval fait partie de l'assemblée d'évêques qui accorde au roi une décime, le droit de lever un impôt exceptionnel sur l'Église, afin de financer la guerre contre les Anglais. Quand Louis de Guyenne meurt le , Jean d'Arsonval cherche la protection de Jean de Berry, mais celui-meurt à son tour le [10].
Jean d'Arsonval fait rédiger son testament le [11],[10]. Il prévoit de nombreux legs à différentes églises, dont les chapitres auxquels il avait appartenu, l'église d'Arsonval et la cathédrale de Chalon[11],[12]. Il meurt quatre jours après à Paris, dans sa maison près de de l'église Saint-Jean-en-Grève[10]. Il est enterré dans la chartreuse de Paris, conformément à la volonté exprimée dans son testament[11],[12]. Sa plaque tombale en métal, aujourd'hui disparue comme l'ensemble de l'édifice, a été dessinée dans la collection Gaignières[13]. On y voit le mort en effigie, habillé de ses vêtements pontificaux, mitré et crossé, les mains jointes, avec une épitaphe latine gravée sur trois côtés[14]. Cette plaque tombale se trouvait dans la nef, au sol près du mur nord[15].
Armoiries
modifierRéférences
modifier- 1 2 Bazin 1918, p. 1.
- 1 2 Gras 1953, p. 40.
- 1 2 Gras 1953, p. 41.
- 1 2 3 4 Gras 1953, p. 42.
- ↑ Alfred Coville, Gautier et Pierre Col et l'humanisme en France au temps de Charles VI, Paris, Droz, (lire en ligne), p. 70.
- ↑ Antoine Thomas, Jean de Gerson et l'éducation des dauphins de France : Étude critique suivie de deux de ses opuscules et de documents sur Jean Majoris, précepteur de Louis XI, Paris, E. Droz, , 87 p. (lire en ligne).
- ↑ (it) Maria Picascia, « Messaggi al precettore del Delfino : Tractatus e instructiones di Jean Gerson », Mélanges de l'École française de Rome, vol. 99, no 1, , p. 235–260 (DOI 10.3406/mefr.1987.2908, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 Gras 1953, p. 43.
- ↑ Xavier de La Selle, « La confession et l'aumône : confesseurs et aumôniers des rois de France du XIIe au XVe siècle », Journal des savants, vol. 2, no 1, , p. 255–286 (DOI 10.3406/jds.1993.1571, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 Gras 1953, p. 44.
- 1 2 3 Bazin 1918, p. 2.
- 1 2 Gras 1953, p. 45.
- ↑ « Tombe de Jean d'Arsonval, évêque de Chalon-sur-Saône, aux Chartreux de Paris », sur Collecta. Archives numériques de la collection Gaignières (consulté le ).
- ↑ Émile Raunié, Épitaphier du vieux Paris : Recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, t. III : Chartreux-Saint-Étienne-du-Mont, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Histoire générale de Paris. Collection de documents publiée sous les auspices de l'édilité parisienne », , 671 p. (lire en ligne), p. 32.
- 1 2 « Paris, Chartreuse de Vauvert (église) », sur ArmmA. ARmorial Monumental du Moyen-Âge (consulté le ).
- ↑ Gras 1953, p. 46.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Louis Bazin, Histoire des évêques de Chalon-sur-Saône, t. II, Chalon-sur-Saône, Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, coll. « Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône » (no 15), , 290 p. (lire en ligne).
- Pierre Gras, « Un siège épiscopal au temps des papes d'Avignon et du Grand Schisme d'Occident. Les évêques de Chalon de 1302 à 1416. Leurs origines, leurs modes de nomination », Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, vol. 15, , p. 7-50 (lire en ligne).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la religion :