Jean de Baroncelli
Jean de Baroncelli, 10e marquis de Javon, né le à Paris et mort le à Montpellier[1], est un écrivain et critique de cinéma français.
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Marie Henri Jean de Baroncelli de Javon |
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Biographie
modifierJeunesse et études
modifierJean de Baroncelli est issu d'une famille aristocratique établie depuis plusieurs siècles à Avignon. Il est le fils du journaliste et cinéaste Jacques de Baroncelli[2] et le neveu de Folco de Baroncelli. Il naît le dans le 16e arrondissement de Paris[3]. Il fait des études de droit et de lettres, et est diplômé de l'École libre des sciences politiques[4].
Vie privée
modifierEn 1944, il hérite d'une tante, Valentine de Surville, une grande propriété de 225 hectares au nord de Montpellier, appelée « La Paillade ». Elle comprend un domaine viticole de 75 hectares, géré par un régisseur. Il y passe toutes ses vacances pendant 30 ans avec son épouse[5]. Il fut exproprié et on construisit, sur ce domaine, la ZUP de La Paillade dans les années 1960. Il a conservé avec son épouse la jouissance d'un mas.
Son épouse est l'actrice Sophie Desmarets. Le mariage a lieu le [6]. Le couple a une fille, Caroline, née en 1952.
Parcours professionnel
modifierSes débuts professionnels commencent durant la seconde Guerre mondiale, après la défaite de et sa démobilisation. Il est d’abord écrivain. Il publie à 26 ans chez Grasset, à la fin de l'année 1940, un récit de guerre (Vingt-six hommes). Il y évoque le peloton de motocyclistes qu'il commanda avant l'armistice en tant que lieutenant, la bataille de Dunkerque et son bref passage en Angleterre. Son récit est remarqué par des critiques[7]. Il est pressenti pour le prix Goncourt mais n'est pas retenu par le jury[8]. Il est aussi en lice pour le prix Renaudot à la fin de l'année 1941[9]. Comme d'autres ouvrages similaires, son livre a à la fois la faveur du public et des autorités allemandes, qui assurent un tirage important à l'éditeur[10]. Jean de Baroncelli donne son premier interview au critique littéraire Henri Poulain de l'hebdomadaire Je suis partout, qui le publie dans son périodique en [11]. Jean de Baroncelli publie ensuite, la même année, deux textes dans ce journal d'extrême droite, antisémite et collaborationniste[12],[13] : d'abord un texte pour l'anniversaire des combats de Dunkerque, publié en « une »[14], puis une nouvelle inédite, Les Solitaires[15].
Il publie quelques autres romans après la fin de la guerre mais il ne va pas au bout de certains de ses projets littéraires (publier une trilogie intitulée Né en 1914 ; seul le premier tome est paru)[16].
Il écrit aussi une pièce de théâtre[17] et des nouvelles[18].
Il est aussi critique cinématographique après la guerre. D'abord à l'hebdomadaire Une Semaine dans le monde, sous le pseudonyme de Jean Florence. C'était un hebdomadaire publié un temps par le quotidien Le Monde à la fin des années 1940[19],[20]. De 1952 ou 1953 à 1983, il écrit ensuite dans le journal Le Monde de nombreuses critiques de cinéma, ainsi que des entretiens et des enquêtes. Bertrand Poirot-Delpech, dans son article nécrologique du Monde, rappelle qu'il était surnommé dans le monde du cinéma « Jeannot » (surnom donné par son épouse) et « Baron » au Monde. Il présente le critique comme un « honnête homme éclairé (...) ennemi des théories », qui ne voulait être « d'aucun clan, d'aucun a priori en isme »[21]. Thomas Sotinel le présente comme un critique au ton pondéré et au style déjà désuet pour l'époque, un « homme de droite » qui prit position contre la censure[22].
Il a été membre du jury lors de plusieurs festivals (par ex. Berlin 1957, Cannes 1958 et 1963, Venise 1961). Il a même fait un temps partie du conseil d'administration du Festival de Cannes. Il a également participé à plusieurs émissions du Masque et la Plume.
Il est, avec Jeander (critique du journal Libération) et des exploitants de cinéma parisiens, à l'origine de la création de l'Association française des cinémas d'art et d'essai en 1955[23]. Il a été aussi à la fin des années 1970 le rédacteur en chef des publications d'Unifrance (notamment la revue Unifrance - Film), l'organisme chargé de la promotion du cinéma français à l'étranger[24],[25].
Style et opinions
modifierSa notice biographique sur le site de la Bibliothèque du film, de la Cinémathèque française, dit que :
« Jean de Baroncelli a contribué à l'institutionnalisation de la critique de cinéma. Il a donné à cet exercice une assise journalistique inédite en développant la place de la rubrique « Cinéma » au sein du Monde au moyen de comptes rendus réguliers, de longs entretiens et d'enquêtes. La pondération qui caractérise ses articles fut aussi le moyen d'asseoir la « respectabilité » du métier de critique : pondération du style au moyen d'exposés concis et de phrases courtes, pondération des idées ne convoquant aucun arsenal théorique, pondération du goût, susceptible d'emballement mais peu amateur de radicalité, pondération du ton, loin de la virulence des Jeunes Turcs de la Nouvelle Vague qui, à la même époque, se livraient à la critique de cinéma de manière totalement opposée[26]. »
Romans publiés
modifier- Vingt-six hommes. Récit de guerre, Paris, Grasset, 1941.
- Né en 1914. Gilbert, Grasset, 1945.
- Le Disgracié, Paris, La Jeune Parque, 1946 (Lire en ligne le début).
- Les Chevaliers de la Lune, Paris, La Table ronde, 1950.
- L'Hispano blanche, Paris, Orban, 1988.
Décorations
modifierBibliographie
modifier- Michel Ciment et Jacques Zimmer (dir.), La critique de cinéma en France : histoire, anthologie, dictionnaire, Paris, Ramsay, 1997
Références
modifier- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee Insee.
- ↑ Rémy Pithon, « Jacques de Baroncelli, Ecrits sur le cinéma, suivi de : Mémoires. Textes réunis et présentés par Bernard Bastide. Préface de Jean de Baroncelli. Postface de François de La Bretèque », 1895, revue d'histoire du cinéma, vol. 22, no 1, , p. 100–103 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Acte de naissance no 341, année 1914 (avec mentions marginales de mariage et de décès) », Archives de Paris 16e, p. 11/19.
- ↑ Société générale de presse (France), Biographies de la Presse (lire en ligne).
- ↑ Matthieu Séguéla, Album de famille des Montpelliérains, éditions Horvath, 1994, p. 75-78.
- ↑ « Profil Sophie Desmarets », Who's who in France, (lire en ligne).
- ↑ Marcel Arland, « Nouveaux romanciers », Comoedia, (lire en ligne) ;
Le Cri du peuple, 10 avril 1941 :
La République de l'Est, 20 avril 1941 ;
Journal des débats, 4 mai 1941. - ↑ Françoise Passera, « Premiers témoignages publiés de la guerre 1939-1940. Des histoires vraies cousues de film blanc ? », Bernard Fonck et Amable Sablon du Corail (dir.), 1940. L'empreinte de la défaite. Témoignages et archives, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 149.
- ↑ Le Petit Havre, 22 décembre 1941 (2 voix contre 5 au lauréat, Paul Mousset).
- ↑ Françoise Passera, « Premiers témoignages publiés de la guerre 1939-1940. Des histoires vraies cousues de film blanc ? », Bernard Fonck et Amable Sablon du Corail (dir.), 1940. L'empreinte de la défaite. Témoignages et archives, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 150.
- ↑ Henri Poulain, « Jean de Baroncelli témoin de Vingt-six hommes », Je suis partout, (lire en ligne).
- ↑ « DOCUMENTS Lignes noires », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Pierre-Marie Dioudonnat, Les 700 rédacteurs de « Je suis partout » : dictionnaire des écrivains et journalistes qui ont collaboré au "grand hebdomadaire de la vie mondiale", devenu le principal organe du fascisme français (1930-1944), éd. Sedopols, 1993, p. 17.
- ↑ « Ce que furent les journées de Dunkerque. Choses vues par Jean de Baroncelli », Je suis partout, (lire en ligne).
- ↑ « Les solitaires », Je suis partout, , p. 3 (lire en ligne).
- ↑ « Une génération plus lourde », Carrefour, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Jacques Bernard, « La rude journée », La France nouvelle, (lire en ligne).
- ↑ « Une nouvelle inédite de Jean de Baroncelli. La Visiteuse », Carrefour, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Marc Théolleyre, « Jean de Baroncelli et " les Chevaliers de la lune " », Le Monde, 28 novembre 1950.
- ↑ « Mort de Jacques de Baroncelli », Le Monde, 16 janvier 1951.
- ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Jean de Baroncelli », Le Monde, (lire en ligne
). - ↑ « Thomas Sotinel, « Les 80 ans du Monde. Entre « Le Monde » et le cinéma français, une histoire de critiques » », Le Monde, (lire en ligne
). - ↑ « L'A.F.C.A.E, 50 ANS D’AMOUR DU CINEMA » (consulté le ).
- ↑ Robert Cravenne, Le tour du monde du cinéma français : histoire du cinéma français à l'étranger, Paris, Dixit, coll. « Le guide du producteur », , 400 p. (ISBN 978-2-906-58754-0, OCLC 464378162, BNF 35788952), p. 284.
- ↑ Michel Ciment (dir.), Jacques Zimmer (dir.), Claude Gauteur et Dominique Rabourdin, La critique de cinéma en France : histoire, anthologie, dictionnaire, Paris, Ramsay, coll. « cinéma », , 423 p. (ISBN 978-2-841-14263-7, OCLC 416456949), p. 284.
- ↑ « Fiche auteur »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) sur le site de la Bibliothèque du film, consultée le .
- ↑ « Légion d'honneur », Le Monde, 4 janvier 1989.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :