Jean de Koven
Jean de Koven, née le à Boston et morte assassinée à La Celle-Saint-Cloud, est une professeure de danse américaine, retrouvée assassinée durant l'hiver 1937, cinq mois après sa mort.
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Broadway () |
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Biographie
modifierJean de Koven était arrivée de New York sur le paquebot Normandie en compagnie de sa tante Ida Sackheim, au Havre en à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris. Arrivée à Paris, le , elle est abordée, quelques jours plus tard, dans le hall de l’Hôtel des Ambassadeurs, par un jeune homme parlant anglais avec un fort accent allemand, connu seulement sous le nom de « Bobby », résidant dans un autre hôtel parisien[1]. Le , après avoir pris son appareil photo, elle dit à sa tante qu'elle serait de retour à 20 heures, à temps se rendre à l’opéra, et disparait[2]. On ne la reverra jamais vivante[3].
Une lettre exigeant 500 dollars en échange du retour sain et sauf de sa nièce parvenue à Ida Sackheim entrainera l'ouverture d’une enquête policière[1], qui ne parviendra pas à localiser l’intermédiaire, bien qu'il ait fréquemment publié des annonces dans l’édition parisienne d’un journal américain. Malgré la découverte de plusieurs chèques de voyage de Jean De Koven, manifestement falsifiés, la police française refuse de croire à l’hypothèse d'un enlèvement[3]. En septembre, Ida Sackheim offre une récompense en échange d’informations permettant de retrouver les ravisseurs présumés de sa nièce.
Après plusieurs mois ponctués de demandes de rançons et de mystérieux appels téléphoniques, Eugène Weidmann, interpellé dans le cadre d'une autre enquête pour meurtre, confronté au dossier bleu contenant les chèques de voyage de Jean De Koven, craque et avoue l'avoir étranglée[3]. Le cadavre de Jean est retrouvé enterré à son domicile. Le matin de son exécution, le , son avocat, Me Vincent de Moro-Giafferri, d’accord avec le procureur de la République[4], demande, en son nom et en celui de ses confrères, à Weidmann s'il a attenté à la pudeur de sa victime. Le condamné affirme n’avoir à aucun moment, ni par gestes, ni par paroles, ni même avec un sourire, manqué de respect à la jeune fille[5].
Les funérailles de Jean de Koven, auxquelles assistaient près de 150 proches et personnalités du monde du théâtre, ont eu lieu, le , au West End Funeral Chapel de New York. Le rabbin Isaac Mortimer Bloom, du Temple Oheb Sholom, qui officiait, a dit, l'ayant vue grandir, que « Jean avait déjà, dès son enfance, quelque chose de raffiné, d’unique et de supérieur[6]. » Elle repose au cimetière juif du Mont Carmel de Queens.
Note et références
modifier- 1 2 (en) « Paris police seek dancer : Aunt of American Girl Received Note Demanding $500 », New York Times, vol. 86, no 29048, , p. 7 (ISSN 1553-8095, lire en ligne).
- ↑ (en) P. J. Philip, « U.S. Dancer Slain : Paris Gang Leader Admits 5 Murders », New York Times, vol. 87, no 29116, , p. 1 (ISSN 1553-8095, lire en ligne).
- 1 2 3 (en) « France : M. Landru’s Successor », Time, vol. XXX, no 25, (ISSN 2169-1665, lire en ligne).
- ↑ James Hannecart, « Weidmann a expié… », L’Intransigeant, Paris, vol. 59, no 51843, , p. 1 (ISSN 2419-0411, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ James Hannecart, « L’Exécution d’Eugène Weidmann », Le Temps, Paris, vol. 79, no 28402, , p. 4 (ISSN 2419-0411, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ (en) « Slain Dancer Buried : Former Associates Pay Final Tribute to Miss De Koven », New York Times, vol. 87, no 29197, , p. 36 (ISSN 1553-8095).
Bibliographie
modifier- Michel Ferracci-Porri, Beaux Ténèbres : la pulsion du mal d'Eugène Weidmann, Nantes, Normant, , 411lire en ligne=//books.google.com/books?id=qhxSNwAACAAJ (ISBN 978-2-91568-534-3, OCLC 227017436).