Jean Étienne Feytou
Jean Étienne Feytou, né à Saint-Martin-lès-Langres et mort le à Champigny-lès-Langres, est un musicologue et encyclopédiste français.
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Jean Etienne Faitout |
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Biographie
modifierFils ainé du papetier originaire du Périgord Jean Feytou et de Catherine Delveau, il effectue ses études secondaires au collège de Langres, avant de poursuivre ses études à la faculté de droit de Dijon. Esprit polymathe, il se distingue par une curiosité pluridisciplinaire, avec une prédilection marquée pour les mathématiques et la musique. Il intègre ensuite la carrière juridique en devenant avocat au Parlement de Dijon. Il exerce également la fonction de juge[1].
Lorsque l’école de Brienne dirigée par les Minimes doit recruter des professeurs laïcs pour faire face à son expansion, il est engagé comme professeur de mathématiques, en 1776. Il y restera jusqu’à 1780. Parallèlement à sa profession, il s’illustre dans le domaine scientifique en étant admis comme membre de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon[1].
En juin 1783, à la suite de l'invention des aérostats par les frères Montgolfier il construit, avec ses deux frères François, papetier et Nicolas, receveur au grenier à sel de Langres, son propre ballon à la papeterie du Valdonne, près de Langres. Lors de leur premier essai, réalisé le 19 janvier 1784, leur ballon parcourt environ 2 kilomètres avant de tomber[1].
Encouragés, les frères Feytou soumettent un mémoire proposant des solutions de pilotage au concours de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, offrant un prix de 1 200 livres pour la direction des aérostats. L’Académie a décidé, dans sa séance du 7 décembre 1784, de ne décerner aucun prix, mais les frères Feytou ont fait trois autres tentatives d'envol à Langres cette année-là, dont une seule a abouti à un atterrissage près de Bannes[1].
En 1785, ayant reçu, pour une rémunération de 200 livres par an, le poste de bibliothécaire de la bibliothèque de Langres, fondée grâce å un don de 7 400 livres du chanoine Legros en 1773, il préside à la complétion du projet en ouvrant, à l'Hôtel de Ville, au-dessus de la salle des Pas Perdus, le , cet établissement, 12 ans après le début du projet[2].
Pendant son mandat, il écrit à Marie-Angélique Diderot, au physicien et astronome Étienne-Claude de Marivetz (d), au dramaturge Nicolas Fallet, au jurisconsulte et conseiller d’État Nicolas-Joseph Philpin de Piépape et à l’homme de lettres Pahin de La Blancherie pour solliciter un exemplaire de leurs ouvrages, afin d’enrichir le fond de la bibliothèque, dont le catalogue comportait 3 060 volumes, avant sa destruction, en 1892, par un incendie[1].

S’intéressant également à la musique, il annonce, dans le Journal Encyclopédique de février 1788, un cours particulier d'harmonie, donné à Paris, rue des Saints-Pères, nº 59, à partir du , au prix de souscription de 36 livres[3]. Cherchant à fonder, censément d’après Pythagore, les règles de la musique sur les mathématiques, il propose d'ajouter une huitième note à la gamme, appelée ta, formée en prenant un huitième de ton sur chaque note[4]. Ceci incite Nicolas-Étienne Framery, peut-être sur la recommandation de son ami Denis Diderot à l’adjoindre à Suard, au projet de l'Encyclopédie Méthodique[5]. Les volumes étant publiés non par ordre alphabétique des matières, mais au fur et à mesure de leur rédaction par ses collaborateurs, le premier, « Musique », parait en 1791.
Framery rapporte néanmoins, dans le Discours préliminaire du tome « Musique » de l’Encyclopédie méthodique, qu’il codirige avec Ginguené, que :
« des raisons d’intérêt obligèrent M. l’abbé Feytou à se retirer dans sa province. Ce fut à peu près dans le temps où je restai chargé de la rédaction générale. Il me fallut beaucoup de temps et de peines pour retrouver ce collaborateur et l’engager à reprendre son travail. Enchainé par les devoirs d’un nouvel état, et dans un assez grand éloignement de Paris, qui rendait notre communication plus difficile, son travail n’a pas pu toujours suivre celui des imprimeurs »
Les « raisons d’intérêt » invoqués par Framery étaient qu’après avoir perdu, le , son épouse, Charlotte Rocagel, épousée le , dont il avait eu sept enfants, Feytou s’était mis à étudier la théologie[6].
Le , il reçoit le diaconat, le , il démissionne de son poste de bibliothécaire à Langres et, le , il est ordonné prêtre à l'abbaye de Longuay. Le lendemain même, il est envoyé comme vicaire de la paroisse de Courcelles-Val-d'Esnoms, ce qui explique les difficultés de Framery à continuer à travailler avec lui[1].
Son ministère à Courcelles ne court que du au , bien qu’il y rédige également un « Projet d'établissement d'une œuvre de bienfaisance proposée à la Municipalité de Langres ». Refusant le serment à la constitution civile du clergé, il choisit de s'exiler en Angleterre[6], dont il connaissait parfaitement la langue[1].
Installé à Londres[6], Feytou ouvre un cours public d'harmonie et publie deux brochures sur le sujet, en anglais. Il rédige une grammaire anglaise et collabore également à la rédaction de journaux français[4]. Quelque temps après son retour en France, il est nommé curé de Praslay, où il ne reste que peu de temps[7]. Le , il est muté à Champigny-lès-Langres, où il meurt, huit mois plus tard, seul prêtre collaborateur des Encyclopédies du XVIIIe siècle, à mourir curé d'une petite paroisse rurale[6].
Remplacé dans la partie théorique de l’Encyclopédie méthodique par Jérôme-Joseph de Momigny, celui-ci s’empresse de réfuter les théories musicales de son prédécesseur[1]. Il est enterré au cimetière de Champigny[8].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Lucien Gallion-Boisselier, « Au siècle des Lumières, un homme hors du commun : Jean Étienne Feytou », Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, Langres, Musée Saint-Didier, t. 18, no 273, , p. 170-8 (ISSN 1148-859X, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Emmanuelle Chapron, « Les bibliothèques publiques de la généralité de Châlons : Châlons, Vitry, Reims et Langres », Hypothèses, (ISSN 1298-6216, lire en ligne).
- ↑ « Musique », Journal Encyclopédique, Paris, t. 2, , p. 153-9 (ISSN 1370-4249, lire en ligne)
- 1 2 Pierre Larousse, « FEYTOU (Jean-Etienne : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique », dans Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, t. 8 F-G, Paris, Administration du grand Dictionnaire universel, 1866-1890, 17 vol. ; in-fº.
- ↑ « Discours préliminaire, par M. Framery : Musique », dans Nicolas-Étienne Framery, Jérôme-Joseph de Momigny, Pierre-Louis Ginguené, Encyclopédie méthodique, t. 1, [A-Gymnopédie], Paris, Panckoucke, , xii-760-74 p., 2 t. ; in-4º (OCLC 5035036, lire en ligne sur Gallica), vj.
- 1 2 3 4 Louis Marcel, Le Frère de Diderot : DidierPierre Diderot, Paris, H. & E. Champion, , xiii, 213 p., illustr., facsim. in-8º (OCLC 23394191, lire en ligne), p. 83.
- ↑ « Feytou (Jean Étienne) », dans Michel Prévost, Jules Balteau, Marius Barroux, Dictionnaire de biographie française, t. 13. Espinas-Flers, Paris, Letouzey et Ané, , 15 vol. ; in-4º (ISBN 978-2-70630-158-2, OCLC 784408, lire en ligne), p. 1269.
- ↑ Bulletin municipal de la commune de Champigny-lès-Langres, nº 19.
Publications
modifier- (en) Prospectus of a course of lectures on musical Harmony, 12 p., in-8º.
- (en) Course of lectures on Harmony.
- Encyclopédie méthodique : Musique, t. 1, [A-Gymnopédie], Paris, Panckoucke, , xii-760-74 p., 2 t. ; in-4º (OCLC 5035036, lire en ligne sur Gallica).