Jeanne Laberrigue-Frolow

physicienne française fondatrice du Laboratoire de Physique Nucléaire et de Hautes Énergies

Jeanne Laberrigue-Frolow, née en à Paris et morte en dans la même ville, est une physicienne nucléaire française, spécialiste de physique des particules. Elle est connue pour avoir importé la chambre à bulles en France et avoir participé à la fondation du laboratoire de physique moléculaire des hautes énergies (LPMHE).

Jeanne Laberrigue-Frolow
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 99 ans)
Nationalité
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Activité
Père
Vladimir Frolow (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Laboratoire Physique Nucléaire et Hautes Énergies (d) (à partir de )
Institut unifié de recherches nucléaires ()
Collège de France (à partir de )
Institut de physique nucléaire d'Orsay
Centre national de la recherche scientifiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique
Membre de
Maître

Biographie

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Jeunesse

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Jeanne Laberrigue naît en [1] à Paris de Vladimir et Anne Frolow, deux militants du parti communiste français[2]. Son père est un ingénieur hydrologue russe reconnu, naturalisé français en 1928[2], qui a travaillé avec Frédéric Joliot-Curie[3].

Elle étude les mathématiques, la physique et la chimie à l'université de Paris (Sorbonne), puis effectue son doctorat en sciences physiques au collège de France[4],[5]. Elle rejoint l'association française des femmes diplômées des universités après avoir été diplômée de la Sorbonne[6].

Carrière

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Laberrigue-Frolow est engagée dans son laboratoire de thèse au collège de France en . En 1958, Fréderic Joliot-Curie, alors directeur du laboratoire, l'envoie pour huit mois au laboratoire des problèmes nucléaires de l'institut unifié de recherches nucléaires de Doubna avec sa fille Anne, à la suite d'un accord d'échange avec l'Académie des sciences de l'URSS conclu en 1956. Elle y travaille avec Bruno Pontecorvo et Venedikt Dzhelepov et y rencontre pour la première fois la physique des particules et la physique des hautes énergies[4],[7]. De ce séjour en Russie, elle ramène en France la méthode de détection de particules à l'aide de chambre à bulle[8], utilisée à la fois en médecine et en astronomie[9]. A son retour, elle rejoint l'institut de physique nucléaire d'Orsay (IPN) où elle est chargée de créer un groupe de recherche chargée de l'analyse des données de chambres à bulles[4].

Dans les années 1960, elle rejoint la collaboration Saclay-Orsay-Bari-Bologna dont la recherche porte sur les interactions de l'antiproton à l'accélérateur du CERN. Alors que Jean Teillac devient directeur du département des hautes énergies de l'IPN en 1968, Jeanne est engagée comme assistante, avant d'être remplacé par Marseille Goldberg[4]. Deux ans plus tard, le laboratoire de physique moléculaire des hautes énergies (LPMHE), dont elle participe à la création[10], voit le jour[4]. Sa recherche porte également sur les neutrinos[11]. Elle est nommée directrice de recherche émérite du centre national de la recherche scientifique (CNRS) durant sa carrière[12] et participe à l'inauguration du musée Curie[13]. Elle côtoie Hélène Langevin-Joliot[14]. Elle dirige la thèse de Christian de la Vaissière avec qui elle fonde le site laradioactivite.com, également aidés par Yves Sacquin[15].

Laberrigue continue à faire de la science jusqu'à la fin de sa vie. Dans les vingt dernières années de sa vie, après la fin de sa carrière, elle fait essentiellement de la vulgarisation scientifique. Elle écrit des articles sur la physique des particules et apparaît et réalise des films et des émissions pour la télévision, parmi lesquels Les Années particulaires (1984) avec Pierre Auger, Louis Leprince-Ringuet, Francis Perrin et Carlo Rubbia, Irène et Fred (1984), Une Entrée dans la matière (1990), Le Grand Collisionneur (1992) avec Georges Charpak, Les Vitrines de la radioactivité (1995), La Radioactivité (1984), Surprises de la matière (1997) avec Jean Druon, François Christophe, Helène Langevin-Joliot et Aurélien Barrau, Virgo (1999) et Le proton nous enterrera tous (2010)[1],[16]. Elle participe aux rencontres du CNRS audio-visuel comme représentante de la section physique, aux côtés de l'anthropologue et préhistorien Henry de Lumley, du chimiste Jean Jacques et du réalisateur Jean Rouch[17].

Elle adhère au parti communiste français[2].

Elle décède le à presque cent ans[4] à Paris[18].

Publications

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Articles

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  • Toshiko Yuasa et Jeanne Laberrigue-Frolow, « Remarques sur les valeurs numériques de la fonction de Fermi », Le Journal de physique et le radium, vol. 14,‎ , p. 95-99 (lire en ligne).
  • Jeanne Laberrigue-Frolow et Roger Nataf, « Sur la forme des spectres β interdits du premier ordre », Le Journal de physique et le radium, vol. 15,‎ .
  • Jeanne Laberrigue-Frolow et Nadine Marty, « Étude du premier niveau excité de 84
    36
    Kr
     », Le Journal de physique et le radium, vol. 15,‎
    .
  • Toshiko Yuasa, Jeanne Laberrigue-Frolow et Louis Feuvrais, « Étude de la désintègration du 204 81 Tl », Le Journal de physique et le radium, vol. 16,‎ , p. 39-47 (DOI 10.1051/jphysrad:0195500160103900).
  • Jeanne Laberrigue-Frolow, Pierre Radvanyi et Michel Langevin, « La capture d'électrons L et les rendements de fluorescence K. Discussion des derniers résultats expérimentaux », Le Journal de physique et le radium, no 17,‎ , p. 530-531 (DOI 10.1051/jphysrad:01956001707053000).
  • Toshiko Yuasa et Jeanne Laberrigue-Frolow, « Rapport sur analyses fait au Japon, des cendres radio-actives projetées lors de l'explosion de Bikini du  », Pathologie et Biologie, Annales de la recherche médicale, vol. 32, no 3,‎ , p. 1–12.
  • Jeanne Labberrigue-Frolow et Michel Lederer, « Étude des composantes du spectre β- de 86
    37
    Rb
     », Le Journal de physique et le radium, vol. 16,‎ , p. 346-347
  • « Étude des formes de spectres β et détermination de schémas de niveaux nucléaires dans le cas de 80
    35
    Br
    , 86
    37
    Rb
    et 105
    45
    Rh
     », Annales de Physique, vol. 13, no 1,‎ , p. 152–206 (DOI 10.1051/anphys/195611010152)
    .
  • Tosiko Yuasa, Jeanne Laberrigue-Frolow et Louis Feuvrais, « La transition O+ -> O+ dans 90Zr », Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences,‎ .
  • Jeanne Laberrigue-Frolow, M. P. Balandine et S. Z. Otvinovski, « Sur l’absorption des mésons 𝜋+ d’énergie voisine de 50 MeV par les noyaux de carbone », Journal de Physique et le Radium, vol. 21, no 1,‎ , p. 54-58 (DOI 10.1051/jphys-rad:0196000210105400, lire en ligne).
  • (en) J. Alitti, J. P. Baton, A. Berthelot, A. Daudin, B. Deler, O. Goussu, M. A. Jabiol, C. Lewin, M. Neveu-René, A. Rogozinski, F. Shively, J. Laberrigue-Frolow, O. Ouannès, M. Sené, L. Vigneron, N. Abbattista, S. Mongelli, A. Romano, P. Waloschek, V. Alles-Borelli, E. Benedetti, J. Litvak, G. Puppi & M. Whitehead, « Investigation of resonant π-π interaction in the J=1, T=1, state », Il Nuovo Cimento (1955-1965), vol. 25,‎ , p. 365–373.
  • « L'électricité et le magnétisme, de Franklin à Faraday », La Pensée, Fondation Gabriel Péri,‎ .
  • Jeanne Laberrigue et Michel Paty, « Les Physiciens des particules en quête de leur histoire », La Recherche, no 135,‎ , p. 908-910.
  • « L’œuvre scientifique de Frédéric Joliot-Curie », Le Bup, no 835,‎ , p. 979-984.
  • Jeanne Laberrigue-Frolow et Christian de la Vaissière, « Les débuts de la physique des particules élémentaires à l’Institut de physique nucléaire d’Orsay », La revue pour l’histoire du CNRS,‎ , p. 42-48 (DOI 10.4000/histoire-cnrs.9275).

Ouvrages

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  • « La fission du point de vue pratique et la fusion », dans L’Ère atomique. Encyclopédie des sciences modernes, Énergie nucléaire. Piles. Bombes. Accélérateurs, R. Kister, , 124 p..
  • (en) Bilenky et al., « Bruno Pontecorvo and Paris », dans B. Pontecorvo Selected Scientic Works.
  • Dimitri Ivanovitch Blokhintsev (trad. Jeanne Laberrigue), Principes essentiels de la mécanique quantique, Paris, Dunod, , p. 192.
  • Jeanne Laberrigue-Frolow, La Physique des particules élémentaires : de sa naissance à sa maturité : 1930-1960, Paris, Elsevier Masson,

Références

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  1. 1 2 « Jeanne Laberrigue, la plus ancienne physicienne du laboratoire », sur lpnhe.in2p3.fr, (consulté le ).
  2. 1 2 3 « FROLOW Vladimir », sur maitron.fr, (consulté le ).
  3. ↑ Michel Pinault, Frédéric Joliot-Curie (lire en ligne), chap. 13 (« Travailler sous l’Occupation : chercheurs, universitaires et industriels »), p. 303-350.
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) « “The most incredible thing that Bruno Pontecorvo taught his students is self-belief” », sur dlnp.jinr.ru, (consulté le ).
  5. ↑ « Étude des formes de spectres β et détermination de schémas de niveaux nucléaires dans le cas de 80
    35
    Br
    , 86
    37
    Rb
    et 105
    45
    Rh
     », Annales de physique, vol. 13, no 1,‎ , p. 152–206 (DOI 10.1051/anphys/195611010152)
    .
  6. ↑ « Annuaire. Nouveaux membres du 30 mai 15 octobre 1971 », Femmes diplômées, no 80,‎ 4e trimestre de 1971, p. 215-216 (lire en ligne)
  7. ↑ « Mon séjour à Dubna » [PDF], sur indico.in2p3.fr, (consulté le ).
  8. ↑ Delphine Blanchard et Philippe Pajot, « Une science instrumentale, presque industrielle », sur larecherche.fr, (consulté le ).
  9. ↑ Jocelyne Laplagne et Guy Laplagne, L'Effet Matilda : les découvertes oubliées des femmes Katherine Johnson, Rosalind Franklin, Marie Tharp, Marthe Gautier, Sophie Germain et tant d'autres, Books on Demand, , 178 p., p. 84.
  10. ↑ « Disparition de Jeanne Laberrigue-Frolow », Lettre de l'institut, no 250,‎ , p. 3.
  11. ↑ (en) Proceedings of the international conference Neutrino'82, Balatonfured, 14-19 juin 1982, p. 306.
  12. ↑ « Les auteurs », sur laradioactivite.com, .
  13. ↑ « 1960-1969 », sur curiotheque.musee.curie.fr (consulté le ).
  14. ↑ Laurance N'Kaoua, « Hélène Langevin, héritière des Curie », Les Échos, (consulté le ).
  15. ↑ « Comité éditorial 2026 », sur laradioactivite.com, (consulté le ).
  16. ↑ « Séance de films scientifiques », Bulletin de la société française de physique, no 60F,‎ , p. 17 (lire en ligne [PDF]).
  17. ↑ Centre national de la recherche scientifique (France), Rapport d'activité, , p. 69.
  18. ↑ « Madame Jeanne FROLOW » (consulté le ).