Jeanne Lemaître
Jeanne Marie-Claire Lemaître, veuve Tixier, née le à Strasbourg et morte le à Bayonne, est une médecin française. Elle exerce comme médecin hospitalier et médecin libéral à Tours. Elle devient la première femme en France à cumuler les titres de médecin d'hôpital et de chef de clinique en 1913.
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Jeanne Lemaitre |
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Hôpital général de Tours (d) |
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Biographie
modifierFamille et formation
modifierJeanne Marie-Claire Lemaître naît le à Strasbourg[1]. Elle est la fille d'Eugène Lemaître, administrateur et élu radical-socialiste très impliqué dans la vie locale tourangelle, elle grandit dans un milieu de notables engagés socialement[2]. En 1904, elle épouse Octave Tixier, substitut du procureur de la République[2]. Un fils, Jacques, naît en 1905, peu avant la mort brutale d'Octave Tixier la même année[2],[3].
Devenue veuve à 20 ans, elle entame des études de médecine à Tours[2]. Étudiante brillante, elle obtient plusieurs premiers prix en anatomie et histologie[2]. En 1911, elle est la première femme nommée prosecteur à l'école de médecine de Tours[2]. Elle soutient sa thèse d'anatomie à la faculté de Paris en 1912[2],[3].
Carrière hospitalière et Grande Guerre
modifierEn , elle est nommée médecin-adjoint de l'hospice général de Tours par concours[2],[3]. Son succès est relayé par la presse nationale, le quotidien Gil Blas la désignant comme la première femme en France à cumuler les titres de médecin d'hôpital et de chef de clinique[2],[1].
Durant la Première Guerre mondiale, elle assure des responsabilités majeures pour compenser la mobilisation des médecins hommes[1] :
- Elle prend en charge le service de médecine hospitalière du professeur Baudoin à partir de 1915[2].
- Elle dirige le laboratoire central de clinique de l'école de médecine[2].
- Elle gère un service d'incurables de trente lits supplémentaires pour faciliter l'accueil des blessés militaires[2].
À la fin du conflit en 1919, elle est évincée de ses postes de direction au profit des médecins revenant du front, une situation caractéristique de la condition féminine à cette époque[2]. Elle perd la même année son fils de 14 ans[2].
Engagement social et médecine libérale
modifierJeanne Tixier se consacre alors à la santé publique et à la médecine sociale[2]:
- Elle dirige dès 1914 la première consultation municipale gratuite pour nourrissons à Tours, où elle promeut l'allaitement maternel et l'hygiène[2],[3],[1].
- Elle officie comme médecin inspectrice des écoles de la ville de 1913 à 1925[2],[3].
En 1925, une révocation jugée arbitraire de ses fonctions d'inspectrice l'amène à porter l'affaire devant le Conseil d'État[2],[1]. En 1929, la haute juridiction lui rend justice en condamnant la ville de Tours à lui verser une indemnité[2],[1].
Elle poursuit sa carrière à Bayeux en 1938, puis s'installe en 1941 en Algérie, à Souk Ahras, puis en Tunisie en 1951[2],[3].
Travaux
modifier- Artère sylvienne, branches corticales et réseau de la pie-mère, thèse de doctorat, Paris, 1912[2].
Bibliographie
modifier- Anne Azanza-Sanciaud, « Jeanne Tixier Lemaître, première femme médecin hospitalier à Tours », Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, t. 37, 2025, p. 89-105.
- Tome 2 : Sylvie Pouliquen, , t. 2, Chemillé-sur-Indrois, Editions Hugues de Chivré, 2020, 271 p. (ISBN 979-10-97407-31-5)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Sylvie Pouliquen, Dames de Touraine, Éditions Hugues de Chivré, (ISBN 979-10-97407-13-1 et 979-10-97407-31-5)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 Anne AZANZA-SANCIAUD, « JEANNE TIXIER LEMAÎTRE, PREMIÈRE FEMME MÉDECIN HOSPITALIER À TOURS », Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, vol. tome 37, , p. 89-105
- 1 2 3 4 5 6 7 Didier Simler, « PATRIMOINE - Jeanne Tixier-Lemaître, la première doctoresse tourangelle », sur PATRIMOINE (consulté le )