Le Jersey club est un genre de breakbeat ayant émergé dans le New Jersey, dont les racines sont retracées dans le Baltimore club. Il se caractérise par une basse lourde issue du hip-hop dont les morceaux oscillent entre 150 - 170 BPM[2],[3]

Jersey club
Origines stylistiques Baltimore club, bounce, garage house, house, crunk
Origines culturelles Années 1990années 2000 ; États-Unis
Instruments typiques Séquenceur, boîte à rythmes, synthétiseur, station audionumérique
Popularité Très élevée à Washington, D.C., à Baltimore, dans le Maryland, à Philadelphie, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, à Newark, dans le New Jersey. Élevée dans les années 2000 et 2010 aux États-Unis[1]

Sous-genres

Jersey drill

Histoire

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Le style Jersey a émergé dans les années 1990, plus particulièrement dans la ville de Newark, dans le New Jersey (localement nommée « Brick City »[4]). Les pionniers du genre incluent DJ Tameil, DJ Tim Dolla, Mike V et DJ Black Mic du Brick Bandits Crew qui s'est largement inspiré de la scène Baltimore club des années 1980[5],[6].

Le style Jersey se construit autour du pattern du morceau « Dikkontrol » de Tapp. Le pattern est repris par DJ Tameil, puis par les Brick Bandits. Au début des années 2000, les Brick Bandits s’en servent pour faire des morceaux destinés aux enfants, réunis dans la compilation « Bandits Love The Kids ». À ce moment-là, ils appellent ce style « Brick City Club », en référence au surnom de Newark, « Brick City ». Les morceaux du genre tournent alors autour de 130 à 135BPM[3].

Au cours des années 2000, le genre se propage dans le New Jersey, dans les universités, sur les ondes radios, et dans les clubs. C’est à ce moment-là que le terme Jersey club se popularise. À la fin des années 2000, une nouvelle génération de producteurs apparait, qui fait évoluer le son Jersey, et produit des morceaux pensés pour les danses associées au genre. C’est la génération de Jayhood, Uniiqu3, DJ Sliiink et des soirées #THREAD[3].

Au début des années 2010, des producteurs européens masqués comme Cashmere Cat et Trippy Turtle vont reprendre le Jersey club et connaître un franc succès à l’international. Ceci va déclencher une polémique autour de l’appropriation culturelle, alimentée par des producteurs de Newark comme DJ Tameil[3].

Dans la seconde partie des années 2010, le Jersey club se popularise grâce aux réseaux sociaux, en particulier Vine et TikTok. Les producteurs de cette génération se servent de ses plateformes pour diffuser leur musique a une grande audience. En 2019, la chanteuse de Jersey club Cookie Kawaii se fait connaître sur TikTok grâce à son morceau Vibe « (If I Back It Up) ». À cette période, le Jersey club s’accélère pour arriver autour de 150 à 170BPM[3].

Désormais, le style et ses genres dérivés deviennent légions sur Internet, grâce en particulier à des sites web de partages musicaux comme SoundCloud, Vine et YouTube, popularisés aux États-Unis, en Australie, et en Europe[7],[8],[9].

Durant les années 2020, le Jersey club connaît un développement rappé, plus proche du hip-hop et empruntant souvent à la drill, appelé club rap ou Jersey drill, représenté par des artistes tels que le rappeur Bandmanrill ou le producteur Mcvertt. La Jersey drill connaît également un franc succès au sein de la scène rap de New York et des popstars comme Drake s'y essaient. La scène rap de Philadelphie connaît un développement similaire hérité de sa scène Philly club et des échanges culturels avec les artistes du New Jersey. En France, la Jersey drill est popularisée par des rappeurs tels que Kerchak ou Gambi[10],[11].

Caractéristiques

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Esthétique du genre

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Le Jersey club est construit à partir du pattern de kick du morceau Dikkontrol de Tapp. Il contient un kick en triolet, qui divise la dernière mesure d’une boucle en trois parties. Inspiré par la culture hip-hop, le genre utilise beaucoup de samples, qui peuvent être tirés de tubes de pop, de r&b, de rap, de musique électronique, d’émissions de télévision, de mèmes ou de vidéos trouvées sur le net[3].

Le Jersey club utilise aussi des gimmicks sonores, comme le bruit d’un grincement de chaise surnommé le « bedsqueak », tiré du morceau « Some Cut » de TrillVille. D’autres gimmicks comme le son d’un coup de fouet, sont régulièrement utilisés dans le genre[3]

Le Jersey club est aussi une danse. Des équipes de danseurs se forment dans les années 2000 à Newark. À la fin des années 2000, les vidéos sur Youtube permettent de rendre plus visible cet aspect du genre. Certains morceaux de Jersey club contiennent des indications pour les danseurs, et demandent d’executer certains pas de danse précis[3].

Au cours des années 2010 à Newark, des organismes locaux comme #LinkUpTuesdays organisent des battles de danse pour les jeunes. Certains producteurs de la scène Jersey club, comme LilC4 ou McVertt sont avant tout des danseurs de Jersey club. La danse va pousser les producteurs a accélérer le tempo du Jersey club[3].

Les pas de danses du Jersey club sont visibles dans les clips d’artistes comme Jayhood ou Cookie Kawaii. Ils se sont popularisés via la diffusion de vidéos de battles et de danses en ligne, en particulier sur TikTok[3].

Lien avec la culture internet

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Au début des années 2000, le Jersey club s’est propagé via des blogs comme le Hollerboard, et sur des services de communication comme AOL. MySpace a aussi été l’une des plateformes essentielles à la popularisation du genre. Dans les années 2000 et 2010, Soundcloud est le site majeur de partage de morceaux de Jersey club. Dans les années 2010, les réseaux sociaux Vine puis TikTok ont été les vecteurs de la démocratisation du genre[3].

Jersey Drill

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Au début des années 2020, le rappeur Bandmanrill popularise le mélange entre le drill et le Jersey club avec le morceau « Heartbroken » produit par McVertt. Avant lui, le rappeur Khilla Kirk Cobain avait sorti des morceaux mélangeant rap et Jersey club. Le mélange entre rap et Jersey club va se populariser aux États-Unis via les titres de Drake et « Just Wanna Rock » de Lil Uzi Vert[3].

Jersey Club dans le monde

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En France, le Jersey club est d’abord représenté par le producteur et DJ Sam Tiba, qui produit les Jersey Club Mixtapes. Orelsan avec le morceau « C’est du propre » est l’un des premiers rappeurs à utiliser le Jersey club. Le genre gagne en popularité dans les années 2020 quand des rappeurs mainstream comme Kerchak, Gambi ou Favé se mettent à la Jersey drill. Le Jersey club est aussi utilisé dans le rap alternatif chez Implacable, Wallace Cleaver ou Sto[3].

Notes et références

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  1. (en) Al Shipley, « The Best Of Both Worlds », Baltimore City Paper, (consulté le ).
  2. (en) « Over the past 15 years, Jersey club has become a widespread cultural phenomenon in its home state. But recently, the sound's booming kick drums have gone global. Mike Steyels tells its story. », sur RA: Resident Advisor (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 David Bola, « Jersey Club Transfer », Audimat, vol. 24, no 24,
  4. (en) « FiftyOne:FiftyOne: Whats Up With Brick City Club? », Fiftyonefiftyone.com, (consulté le ).
  5. (en) « DJ Uniique and The Rise of Jersey Club », sur Thump (consulté le ).
  6. (en) « What Is Jersey Club Music? | Run The Trap », sur Trap Music Blog - Run The Trap: The Best Hip Hop, EDM & Club, (consulté le ).
  7. (en) « Metronome: R3LL », sur Insomniac (consulté le )
  8. (en) « DJ 4B Talks Wu-Tang, Jersey Nightlife and not categorising his music », sur Stony Roads - The quintessential stop for everything Dance Music (consulté le )
  9. (en) « Jersey Club in New Zealand? VICE and BOSE are investigating why with their Seeds and Stems series », sur Hhhhappy.com. (consulté le ).
  10. (en-US) Alphonse Pierre, « Delirious Tempos, Viral Dances, and Hometown Pride—Welcome to the Next Generation of Club Rap » Accès libre, sur Pitchfork, (consulté le )
  11. « Cagoule et musique de club : la jersey drill en 6 morceaux » Accès libre, sur Trax Magazine, (consulté le )