Jeu de stratégie combinatoire abstrait
On appelle jeu de stratégie combinatoire abstrait ou jeu combinatoire à information parfaite[1], selon la définition donnée par la théorie des jeux combinatoires, un jeu, généralement un jeu de société :
- opposant exactement deux joueurs ("joueur" compris au sens large, ce peut être une équipe ou un ordinateur « intelligent ») ;
- dans lequel les deux joueurs jouent à tour de rôle : les coups ne peuvent pas être simultanés ;
- dont tous les éléments sont connus (jeu à information complète) : il ne peut y avoir à aucun moment des éléments connus par un seul des deux joueurs ou par aucun des deux ;
- où le hasard n'intervient pas pendant le déroulement du jeu ;
- qui se termine après un nombre fini de tours, avec soit un gagnant et un perdant, soit une partie nulle, identifiés par les règles.

Lorsque plus de deux joueurs ou équipes participent, un aspect diplomatique ou relationnel empêche le classement du jeu comme purement combinatoire.
Le vocable « abstrait » est ici à prendre comme synonyme de « théorique ». Un jeu de stratégie combinatoire abstrait peut comporter un thème ou un décor lorsque l'auteur ou l'éditeur l'a souhaité. C'est par exemple le cas du jeu d'échecs.
Exemples
modifierRépondant à la définition :
- des jeux classiques européens comme le jeu d'échecs, les dames, le tablut ;
- des jeux classiques asiatiques comme le jeu de go, le xiangqi, le shōgi, le Bagh Chal, le congkak ;
- des jeux classiques africains comme le Fanorona, l'Awélé ou le En Gehé ;
- mais aussi des jeux modernes comme Othello, Abalone, Hex, Gounki, Pente, Puissance 4, Quarto, Twixt, Diaballik, Apagos, Teeko, Gygès, MAD, Siam, Trench, Kumo Hogosha, Tawôl, "Suot à", le Juniper Green ainsi que les jeux du projet GIPF créés par Kris Burm.
Ne répondant pas à cette définition :
- Backgammon : comme dans tous les jeux où il y a un tirage de dés. La présence de hasard ne permet pas de le considérer comme combinatoire puisqu'il est impossible de prévoir avec exactitude les possibilités des prochains tours de jeu, faute de connaître les tirages de dés. Il s'agit d'un jeu de stratégie abstrait mais pas d'un jeu de stratégie combinatoire abstrait.
- Stratego : tous les éléments ne sont pas connus, puisque les unités sont cachées à l'adversaire : c'est donc un jeu de stratégie abstraite à information non parfaite.
- Bridge : comme la plupart des jeux de cartes. Même dans sa forme duplicate où le hasard est pratiquement éliminé, il reste des éléments cachés et de l'aléatoire.
- Pierre-Papier-Ciseaux : Les joueurs dévoilent leur choix entre pierre, papier et ciseaux simultanément, ils ne jouent pas à tour de rôle. Remarquez que ce jeu ne doit pas être considéré comme un jeu de hasard car les joueurs choisissent leurs coups (il n'est pas déterminé par un élément extérieur comme un dé par exemple), c'est la simultanéité et non le hasard qui exclut le jeu de la catégorie jeu combinatoire.
- Stupide vautour : tous les joueurs disposent des mêmes cartes au départ, mais elles sont ensuite cachées et jouées simultanément. On est donc en présence de deux éléments –la mémoire et le jeu simultané– qui interdisent le classement dans la catégorie.
- Full Métal Planète : les marées sont tirées au hasard. Le jeu se joue généralement à plus de deux. Si on jouait à deux avec des marées déterminées par avance, le jeu pourrait être classé comme jeu de stratégie combinatoire abstraite, peu importe qu'un thème habille le jeu.
Notes et références
modifier- ↑ Michel Boutin, Le livre des jeux de pions, Paris, Bornemann, collection « L'Univers du Jeu », 1999, 167 p., (ISBN 978-2-85182-597-1).
