Jeunes Lettons (letton : jaunlatvieši) est un terme employé le plus souvent pour les intellectuels impliqués dans le Premier éveil national letton, un mouvement nationaliste des années 1850-1880[1].

Jeunes Lettons
Logo de l'organisation
Krišjānis Valdemārs, meneur du mouvement.
Situation
Création XIXe siècle
Type Nationalisme
Organisation
Personnes clés Krišjānis Valdemārs
Jānis Frīdrihs Baumanis
Juris Alunāns
Krišjānis Barons

Dans les faits, les Jeunes Lettons cherchaient à résoudre le principal problème commun à toute la nation : se libérer de la domination germano-balte. Pour ce faire, ils devaient accomplir trois tâches essentielles : créer leur propre culture, s’affranchir de l’influence de la noblesse et du clergé, devenir économiquement indépendants et obtenir l’égalité juridique.

Les débuts

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Alunāns Juris

"Jaunlatvieši" prend pour modèle le mouvement Jeune-Allemagne (allemand : Junges Deutschland) mené par Heinrich Heine. Au début cette épithète est surtout utilisée par leurs opposants Germano-Baltes. Le terme "Jeune Lettonie" (allemand : "ein junges Lettland") est utilisé pour la première fois par Gustav Wilhelm Sigmund Brasche, le pasteur de Nīca (en) (Courlande), dans un article de Juris Alunāns Dziesmiņas latviešu valodai pārtulkotas ("Petites chansons traduites en letton")[2] parue dans le journal Das Inland en 1856. Se demandant qui pourrait bien apprécier une telle littérature en letton [3], Brasche prévenait que ceux qui osaient rêver d'une "Jeune Lettonie" rencontreraient le destin tragique du navigateur dans le poème de Heinrich Heine Die Lorelei[4] dont la traduction apparaissait dans l'anthologie d'Alunāns. Les Jeunes Lettons étaient aussi parfois appelés "Lettophiles" ou tautībnieki[5].

Activités

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En 1862, Juris Alunāns, Krišjānis Barons et Krišjānis Valdemārs installés à Saint-Pétersbourg fondent le journal Pēterburgas Avīzes. Il abordait les problèmes culturels, économiques et politiques, critiquait la structure de la société balte. Le journal se montrait particulièrement virulent envers les Lettons qui reniaient leurs origines lettones. Il accordait une grande importance aux relations agraires dans les pays baltes et cherchait des moyens de les améliorer. Le journal fournissait des informations détaillées sur la réforme agraire russe des années 1860. Il rendait compte des progrès réalisés dans les domaines de la technologie et des sciences naturelles. La publication comportait une section consacrée aux affaires judiciaires et aux lois, aux actualités du marché, à la presse lettone et aux comptes rendus de livres. Des articles à caractère philosophique, ainsi que des articles sur les écoles et la linguistique y paraissaient également. D'abord d'orientation socio-politique, après les pressions des autorités en 1863, Pēterburgas Avīzes se transforme en publication éducative à vocation agricole perdant une bonne partie des lecteurs.

Le 22 novembre 1868, les Lettons de Riga Jānis Frīdrihs Baumanis, Bernhards Dīriķis et Rihards Tomsons fondent la Société lettone de Riga (Rīgas Latviešu biedrība). Les principaux objectifs de la société étaient initialement d'aider les nécessiteux et de diffuser des connaissances utiles, l'intégrité et l'éveil spirituel parmi les Lettons de Riga. La Société lettone de Riga a grandement contribué au développement de l'éducation et de la culture lettones, notamment par l'organisation du Festival national letton des chants et de danses en 1873 et par la suite. Le premier théâtre letton a vu le jour au sein de la société dès 1868.

À la suggestion de Krišjānis Valdemārs, l'intelligentsia lettone de Moscou fonda le 20 octobre 1870 les Soirées de lecture lettones de Moscou. Les soirées, dirigées par Fricis Brīvzemnieks, rassemblèrent l'intelligentsia lettone de Moscou (Krišjānis Kalniņš, Krišjānis Barons, Krišjānis Valdemārs, etc.) et presque tous les étudiants lettons. Au fil du temps, plusieurs désaccords sont apparus entre le leader des « soirées » Fričs Brīvzemnieks et les étudiants. Avec quinze personnes partageant les mêmes idées, Jānis Čakste organisa un banquet le 19 (31) octobre 1883 et fonda l'Association des étudiants lettons de Moscou, qui devint l'association Fraternitas Moscoviensis (1902), puis l'association Orients (1914), dont le nom fut ensuite lettonisé en Austrums.

En 1880, la Société lettone de Jelgava fut fondée sous la direction de Mater Juris, et en 1887, Jānis Čakste, déjà connu pour son enthousiasme lors des soirées lettones de Moscou, en fut élu président. Sous sa direction, la Société lettone de Jelgava devint la plus importante organisation publique lettone de toute la gouvernement de Courlande.

Références

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  1. (en) Vita Zelče, « The New Latvians », ResearchGate, (lire en ligne)
  2. (en) Scientific Papers, University of Latvia. Dr. philol., asoc.prof. Ieva Kalniņa, Dr.philol., prof. Māra Grudule, « Juris Alunāns „Dziesmiņas” (1856) and „Tā neredzīga Indriķa dziesmas” (1806) », sur lu.lv, (consulté le ).
  3. Le livre de Juris Alunāns était la première traduction majeure de poésie étrangère classique en Letton
  4. « Die Lorelei ».
  5. Yves Plasseraud, « Riga : la cohabitatition de sociétés rivales (Chapitre : Riga et l’éveil national letton) », sur revues.org (consulté le ), p. 143-159.

Voir aussi

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Liens externes

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  • (fr) François Bacharach, « La Lettonie et le monde russe, Un creuset culturel spécifique dans l’espace européen », Le Courrier des pays de l'Est, 2006/6 (no 1058), (consulté le ), p. 108
  • (fr) Claude Hagège, Le souffle de la langue, Odile Jacob (ISBN 978-2738107947), p. 197
  • (fr) « 7 Juin 1920 : "Dievs, svētī Latviju!" devient l’hymne national letton » (consulté le )
  • (en) Arnolds Spekke, History of Latvia: An Outline. Stockholm: M. Goppers/Zelta Ābele,
  • (en) Alfred Bilmanis, A History of Latvia, Princeton University Press,
  • (lv) Arveds Švābe, Latvijas vēsture 1800-1914, Uppsala: Daugava,
  • (lv) Arveds Švābe, Latvju enciklopēdija, Stockholm: Trīs Zvaigznes, 1952-1953
  • (lv) Uldis Ģērmanis, Latviešu tautas piedzīvojumi, Ann Arbor: Ceļinieks,
  • (lv) Agnis Balodis, Latvijas un latviešu tautas vēsture, Rīga: Kabata,
  • (lv) Teodors Zeiferts, Latviešu rakstniecības vēsture, Rīga, (lire en ligne)
  • (lv) Ernests Blanks, Latvju tautas ceļš uz neatkarīgu valsti, Västerås: Ziemeļbāzma,
  • (lv) Ilga Apine, 19. gadsimta otrajā pusē (lire en ligne)
  • (lv) Maksim Kirčanov, Zemnieki, latvieši, pilsoņi: identičnost, nacionalizm i modernizacija v Latvii, , 204 p. (ISBN 978-5-98222-461-3, lire en ligne)
  • (en) Jānis A. Krēsliņš, Recent Publications on Baltic History (lire en ligne)
  • Arturs Priedītis, Latvijas kultūras vēsture, Daugavpils: A.K.A., (ISBN 9984-582-11-6)
  • (lv) Viktors Hausmanis, Latviešu rakstniecība biogrāfijās, Rīga: LZA,
  • (lv) Jānis Rozenbergs, Fricis Brīvzemnieks-latviešu folkloristikas pamatlicējs (lire en ligne)
  • (lv) Jaunlatvieši un latviešu valodas attīstība ("Les Jeunes Lettons et le développement de la langue lettone") (lire en ligne)

Liens internes

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