Joan Magriñà
Joan Magriñà San Román, né le à Vilanova i la Geltrú et mort le à Barcelone, est une figure majeure de la danse espagnole en tant que danseur, maitre de ballet, chorégraphe, et professeur de, notamment, Emma Maleras et María de Ávila (es).
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Période d'activité |
À partir de |
| A travaillé pour |
Institut del Teatre (- Grand théâtre du Liceu Ballet de Barcelone (d) |
|---|---|
| Distinctions |

Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierDeuxième des quatre enfants d'une famille bourgeoise, destiné à reprendre la boulangerie familiale et la compagnie d'assurance-maladie privée Fraternidad Nacional, Joan (ou parfois Juan) Magriñà (ou Magrinyà)[N 1] est aidant dans l'entreprise familiale qui s'installe à Barcelone lorsqu'il a 15 ans, mais se passionne pour le théâtre[1].
Il s'inscrit à l'âge de 19 ans à l’Instituto Catalán de Rítmica y Plástica créé par Joan Llongueras i Badia (es)[N 2] où il apprend la danse rythmique ; il assiste aux opéras et ballets du Grand théâtre du Liceu. Il y découvre les Ballets russes en 1925, ce qui l'incite à demander des cours particuliers au maitre de ballet russe du Liceu.
Il a commencé à se produire en public — notamment avec la compagnie La Violeta Gracienca en 1923, dans Le Bourgeois gentilhomme en 1926, dans Le Prince Igor et Aida qui sont remarquées par la critique[2],[1].
Il se lie d'amitié avec le théoricien catalan de la danse Alfons Puig i Claramunt (1902-1976) et le critique d'art Sebastià Gasch, qui le font évoluer sur le plan artistique. À partir de 1928, il s'initie au style de l'école de boléra (danse nationale baroque espagnole) notamment auprès de la famille Pericet[N 3], puis se forme au flamenco avec Juan Sùanchez Valencia El Estampio[N 4], à Madrid[2].
Carrière
modifierD'abord danseur de 1926 à 1931 dans les opéras joués au Grand théâtre du Liceu, il y devient étoile en 1838, puis maitre de ballet et professeur de 1939 à 1975[3], alors qu'il a déjà ouvert sa propre école en 1931[1].
En , il donne dans sa ville natale son premier spectacle entièrement consacré à la danse, en solo. Fin mai de la même année, il crée la célèbre Polka de l'équilibriste à Barcelone. Il donne une série de récitals pour des institutions culturelles et musicales à travers toute la Catalogne : à Gérone, Terrassa, Sabadell, Reus, Igualada et Olot[1]. Il donnera, au fil de sa vie, de nombreux spectacles avec ses propres chorégraphies (comme Poliritmes (1932), Cakewalk (1932) et L’arlequín (1935))[1] et d'autres adaptées de Léonide Massine et Michel Fokine. Il ouvre son académie rue Petritxol en 1936 et présente le spectacle de fin d'année à l'Orfeó Gracienc, un spectacle qui va servir ensuite de modèle à d'autres écoles. La presse met en lumière ses Sylphides, d'où nait la tradition du ballet classique catalan du XXe siècle. La même année, en 1936, il va se perfectionner à Paris et Londres aux cours d'Olga Preobrajenska, Lubov Tchernicheva, Nicolas Legat et prend contact avec René Blum et les Ballets russes de Monte-Carlo du Colonel de Basil, avec Fokine et le Markova-Dolin Ballet[2]. En 1937, il participe à une tournée européenne organisée par le gouvernement de la Generalitat et devient danseur principal l'année suivante.
Mais les années 1938 et 39 sont difficiles (les forces républicaines de catalogne sont défaites) : comme d'autres Joan Magriñà part en exil à Paris ; revenu en 1939, il reste quelque temps à l'Université de Deusto, devenue l'un des camps de concentration franquistes ; il y aide son frère Isidre, médecin. Rentré à Barcelone, il retravaille au Liceu et rouvre son académie de la rue Petritxol[1]. En 1944, il est nommé professeur de danse à l'Institut del Teatre ; il y enseignera jusqu'en 1974 et y sera nommé maitre honorifique à vie.
En 1951, il fonde les Ballets de Barcelone avec un répertoire de danse classique et espagnole. Débutant au Teatre Calderón, la compagnie tourne en Catalogne, en Espagne, dans les villes côtières et à Paris[2]. Juan Magriñà y engage Emilio Altés Safont comme soliste l'année suivante. Sans le soutien financier nécessaire à sa pérennisation, la troupe sera intégrée à la troupe du Liceu en 1953. Il dirige l'ensemble de 1966 à 1977[1].
Dans les années 1960, une nouvelle génération de danseurs émerge, issue de l’Institut, de l’école privée de Joan Magryñá et du ballet du Liceu, qui danse des œuvres classiques, néoclassiques et espagnoles. Certains, principalement des femmes, deviennent à leur tour professeur (comme Montserrat Costa), d'autres directrices du Ballet national espagnol (Aurora Pons et María de Ávila)[2].
Dansant jusqu'à l'âge de 54 ans, chorégraphiant au Liceu jusqu'à ses 74 ans, il a collaboré avec des artistes importants comme Joan Miró et Xavier Montsalvatge. Créateur de plus de 150 chorégraphies d'opéra et 20 ballets, il a réuni les écoles (styles) de danse de Séville et de Catalogne, et établi des liens entre les traditions du XIXe siècle et de sa propre époque[3].
Hommages
modifier
Il a obtenu divers prix dès 1951 (dont le Prix national extraordinaire du théâtre) et reçu diverses médailles (du Mérite artistique, de la Ville de Barcelone, du Gran Teatre del Liceu, du Mérite culturel…).
Décoré de la Creu de Sant Jordi (Generalitat de Catalogne), il a été nommé membre honoraire du Cercle royal artistique et membre honoraire du Conservatoire supérieur de musique du Liceu[1].
Archives
modifierSa correspondance, une collection de photographies retraçant sa carrière artistique, des programmes et des articles de presse relatifs à son activité de danseur, sa bibliothèque personnelle et d'autres types de documents, classés, inventoriés et numérisés en 2021, constituent un fonds de la bibliothèque de sa ville natale[1].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Son prénom est plus souvent écrit Joan que Juan, et son nom est différemment orthographié selon les sources : Magriñà, Magriñá et Magrinyà.
- ↑ 1880-1953, compositeur, pédagogue, poète espagnol disciple d'Émile Jaques-Dalcroze
- ↑ Famille de danseurs et chorégraphes espagnols pratiquant et transmettant l'Escuela_bolera_de_baile (es) de tradition andalouse — cf. Philippe Le Moal, Dictionnaire de la Danse, Paris, Larousse, , 842 p. (ISBN 978-2-03-583335-8), p. 338-39.
- ↑ Dit aussi le maitre de Jerez, célèbre au tout début du XXe siècle pour sa danse di picaor, sa farruca et son garrotin ; travaillant dans les cafés-théâtres comme dans les théâtres, il a créé son académie à Madrid et travaillé avec les Ballets russes en tournée à Paris et à Londres — cf. (es) « Juan Sánchez Valencia 'El Estampío', la ortodoxia del baile », sur Diario de Jerez, (consulté le ).
Références
modifierBibliographie
modifier- Philippe Le Moal, Dictionnaire de la Danse, Paris, Larousse, , 842 p. (ISBN 978-2-03-583335-8).
- (es) Trinitat Gilbert, Joan Magrinyà, avui, El Cep i la Nansa edicions, coll. « Escrivanies », , 60 - (ISBN 978-84-85960-86-6).
- (ca) Xavier Garcia, Joan Magrinyà Dansa viva, Barcelone, Editorial Pòrtic, (ISBN 9788473062107).
- (es) « Joan Magriñà, recordant al Mestre de la Dansa. Commemoració del 25è aniversari de la mort del ballarí i coreògraf vilanoví (…) », La Vitrina, Vilanova i la Geltrú, Biblioteca Vùictor Balaguer, no 40, , p. 24 (lire en ligne, consulté le )
- (es) « Résumé d'inventaire du fonds d'archives » [PDF], sur Bibliothèque Victor Balaguer (consulté le ).
- (ca) Ester Vendrell i Sales, « Joan Magrinyà », Fiche biographique du Service des publications, sur Institut del teatre, (consulté le ).