Johan Galtung

sociologue norvégien

Johan Galtung, né à Oslo le et mort le à Bærum[1], est un sociologue et mathématicien norvégien connu comme le fondateur de l'irénologie, science de la paix.

Johan Galtung
En .
Biographie
Naissance
Décès
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BærumVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Johan Vincent Galtung
Nationalités
Formation
Activités
Père
August Galtung (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Helga Holmboe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Ingrid Eide (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Andreas Galtung (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Distinctions
Liste détaillée

Il développe une définition positive de la paix (paix positive) qui inclut la recherche d’une justice sociale et la lutte contre toute « violence structurelle » qui résulte de la pratique du pouvoir étatique[2].

Il est le fondateur et le directeur de « Transcend », un réseau pour la transformation des conflits par des moyens pacifiques.

Biographie

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  • Études en mathématique et sociologie.
  • Incarcéré pour refus d'effectuer le service militaire en Norvège.
  • Fondation de l'institut de recherche de paix, Oslo en 1959.
  • Création d'un journal de la recherche de paix, le Journal of Peace Research, en 1964[2].

Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le .

Citation de Johan Galtung

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« Il n'y a pas de mauvais hommes, que de mauvaises idées. L'idée qu'il y a de mauvais hommes est mauvaise. »

Idées principales

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Triangle de la violence

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Dans son article de 1969 intitulé « Violence, Peace and Peace Research »,[3] Galtung présente sa théorie du triangle du conflit, un cadre utilisé dans l’étude de la paix et des conflits, afin de définir les trois éléments fondamentaux de la violence qui constituent ce « triangle ». La théorie repose sur le principe selon lequel la paix doit être définie à partir d’objectifs sociaux largement acceptés et que tout état de paix se caractérise par l’absence de violence. Lorsqu’un conflit présente des caractéristiques relevant des trois formes de violence, il en résulte un état de violence plus consolidé et plus statique au sein d’un système social, lequel peut être un conflit ou un État-nation. À l’inverse, l’absence de ces trois types de violence correspond à la paix.

Violence structurelle

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Le concept de violence structurelle de Galtung désigne les formes indirectes de violence issues des structures sociales, économiques et politiques, qui se manifestent principalement sous la forme d’oppression et d’exploitation.[4](p16) Ces formes indirectes de violence entraînent des injustices dans la répartition du pouvoir politique et des avantages économiques.[4](p16)

Plutôt que de renvoyer à une image physique, la violence structurelle correspond à une atteinte évitable aux besoins fondamentaux de l’être humain. Elle s’accroît dans les situations où les personnes à faible revenu sont également défavorisées en matière d’éducation, de santé et de pouvoir. Cela résulte d’une consolidation générale de facteurs au sein de la structure sociale, entraînant une forte corrélation entre la classe sociale et l’absence de pouvoir. La violence structurelle se reconnaît à sa relative stabilité, puisqu’elle est intégrée à la structure sociale. Elle peut ainsi être difficile à identifier, malgré des conséquences souvent considérables. Ce concept a été appliqué à de nombreux cas, dont certains des plus notables sont présentés ci-dessous.

Akhil Gupta a soutenu en 2012[5] que la violence structurelle constituait un facteur déterminant dans la nature et la répartition des souffrances extrêmes en Inde. Selon lui, elle était alimentée par la corruption supposée de l’État indien et par des normes de gouvernance excessivement bureaucratiques, utilisées pour exclure les classes moyennes et populaires du système politique au moyen d’un système de pauvreté politisée.

Dans un article publié en 1989[6], paru dans la Review of African Political Economy, Jacklyn Cock a appliqué la théorie de la violence structurelle de Galtung en analysant le rôle de la société militarisée sous le régime d’apartheid en Afrique du Sud dans le développement de valeurs patriarcales constituant une forme de violence structurelle envers les femmes. Cock a estimé que l’orientation implicite des femmes par les dirigeants de la société canalisait leurs efforts vers une intégration directe et indirecte au régime patriarcal, afin de préserver le statu quo.

Mats Utas a affirmé[7] que même les jeunes Libériens qui n’avaient pas été directement touchés par la violence de la guerre civile de 1989 à 1996 avaient subi une violence structurelle en raison de leur association à différents blocs, ce qui avait entraîné pauvreté, chômage et marginalisation.

Violence culturelle

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Galtung définit la violence culturelle comme les idées, la conscience, le langage, l’art ou la science pouvant servir à légitimer ou à permettre la violence directe ou structurelle.[4](pp16–17) L’existence de normes sociales dominantes ou largement répandues fait paraître la violence directe et structurelle naturelle, ou du moins acceptable. Elle permet également d’expliquer comment certaines croyances peuvent devenir si profondément enracinées dans une culture qu’elles sont perçues comme absolues et inévitables, puis reproduites de manière non critique au fil des générations. Galtung a développé davantage le concept de violence culturelle dans un article publié en 1990[8] dans le Journal of Peace Research. Ce concept a été appliqué à un nombre limité de cas, la plupart postérieurs à l’article complémentaire de Galtung publié en 1990[8], dont certains des exemples les plus notables sont présentés ci-dessous.

Johan Galtung a écrit sur le sionisme et la violence. Il a abordé diverses formes de violence, notamment la violence structurelle et culturelle, dans l’ensemble de ses travaux. Galtung s’est montré critique à l’égard du sionisme, particulièrement dans le contexte du conflit israélo-palestinien, et l’a associé à des thèmes plus larges de violence structurelle. Il a replacé le sionisme dans le cadre général de ses théories sur la violence structurelle et culturelle, suggérant que la création et les actions de l’État d’Israël avaient contribué à la persistance du conflit et des souffrances dans la région.

Dans son ouvrage de 2003, Addictions and Healing in Aboriginal Country,[9] Gregory Phillips soutient que la résistance à la médecine occidentale, alimentée par les atrocités commises précédemment contre les communautés aborigènes, a entraîné une forte opposition à la médecine moderne et aux traitements des dépendances, et peut également favoriser le recours aux drogues et aux substances illicites comme point de départ de l’addiction. Une méfiance généralisée envers les professionnels de santé et les représentants du gouvernement se serait ainsi développée au sein des communautés aborigènes.

Dans Enduring Violence: Ladina Women's Lives in Guatemala[10], ouvrage publié en 2011 par Cecilia Menjívar, il est soutenu que les conditions culturelles préexistantes de la medianía, ou agriculture fondée sur un partage à parts égales, exposaient les femmes à une violence culturelle de grande ampleur en raison de loyers élevés, de faibles rendements et d’investissements importants. Ces conditions étaient encore aggravées par le conflit au Guatemala. En raison de la culture patriarcale du pays, les revenus étaient remis au conjoint de la travailleuse, renforçant ainsi un important écart de pauvreté inscrit dans la diversité démographique du pays.

Le chercheur autrichien sur la paix Franz Jedlicka a tenté de mesurer le niveau de violence culturelle au moyen d’une « échelle de la culture de la violence » en 2023[11].

Violence directe

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La violence directe se caractérise par la présence d’un acteur qui commet la violence et peut donc être identifié comme son auteur. Elle présente une moindre stabilité, puisqu’elle dépend des préférences individuelles, et elle est par conséquent plus facile à reconnaître. La violence directe est la forme la plus visible : elle se manifeste physiquement ou verbalement, et la victime ainsi que l’auteur peuvent être clairement identifiés. Elle est fortement interdépendante avec les violences structurelle et culturelle : ces dernières provoquent la violence directe, laquelle renforce à son tour les deux premières. Ce concept a été appliqué à de nombreux cas, dont certains sont présentés ci-dessous.

Un rapport publié en 2011[12] par l’International Center for Research on Women (ICRW) a montré l’ampleur du mariage d’enfants en Asie du Sud. L’ICRW a qualifié le mariage avant l’âge de 18 ans de violation fondamentale des droits humains, entraînant des grossesses précoces, des taux sensiblement plus élevés de mortalité et de morbidité maternelles, ainsi qu’une mortalité infantile plus élevée. Le rapport présentait notamment des éléments montrant que les filles mariées étaient exposées à un risque accru de violence au sein du foyer.

Dans un article publié en 2009,[13] Matthew Chandler soutient que certaines techniques qualifiées de « non violentes » utilisées par le Hezbollah comprennent néanmoins des formes de violence directe, notamment la menace de violences envers les alliés de Fouad Siniora après l’ordre donné en 2008 de démanteler le réseau de télécommunications du Hezbollah, ce qui conduisit à la suspension de cet ordre. Il est également avancé que le Hezbollah a utilisé son réseau de services sociaux, en remplacement de ceux de l’État, comme moyen de pression pour obtenir du soutien, tout en récompensant ses combattants par des soins de santé garantis et une assistance à leurs familles. Chandler attribue ces pratiques à l’opposition interne du groupe à l’idée de nuire aux civils libanais, considérés comme faisant partie des « leurs », ou d’aggraver le conflit par une guerre civile.

En 2005, Steven Wright a soutenu[14] que les opérations de maintien de la paix pouvaient être considérées comme une forme de violence en raison du recours croissant à des techniques telles que les traitements précédant les interrogatoires et l’usage d’armes non létales, comme les gaz lacrymogènes pour disperser les foules ou les balles en plastique. Il qualifie ces pratiques de « torture légère » et souligne qu’elles sont de plus en plus courantes dans les manuels de maintien de la paix de plusieurs États et organisations supranationales.

Applications du triangle

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Le triangle de la violence de Galtung a souvent été utilisé pour analyser des conflits interétatiques, territoriaux et ethniques. Par exemple, Taleh Ziyadov a appliqué le modèle au conflit du Haut-Karabagh, en étudiant la manière dont la violence directe était liée à des différends structurels portant sur le territoire et le statut politique, ainsi qu’à des récits culturels légitimant l’hostilité entre Arméniens et Azerbaïdjanais[15]. Après la mort de Galtung en 2024, la revue Scienza e Pace de l’université de Pise a consacré un numéro spécial à sa vie, à son œuvre et à son héritage intellectuel[16]. Dans une contribution à ce numéro, Tiziano Peccia a utilisé le triangle dans un contexte moins conventionnel, en l’appliquant à un conflit interne au clan Ascione de la Camorra, une organisation criminelle locale et non étatique[17]. Peccia interprète les agressions physiques et les menaces comme des formes de violence directe, la hiérarchie patriarcale du clan et le traitement inégal des femmes comme de la violence structurelle, et les croyances relatives à l’honneur, à la fidélité, à la maternité et à l’obéissance féminine comme une violence culturelle contribuant à légitimer cette inégalité[17]. L’étude étend ainsi le modèle au-delà des guerres et des conflits entre États ou groupes ethniques, en soutenant qu’il peut également servir à analyser les rapports de pouvoir genrés, les luttes internes et les différentes formes de violence au sein du crime organisé et d’autres organisations non étatiques[17].

Facteurs de renforcement

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Galtung consacre une partie de son article aux mécanismes de la violence directe et structurelle, en élaborant notamment plusieurs catégories de facteurs pouvant être considérés comme des formes ou des méthodes de maintien et de renforcement de ces mécanismes. Il distingue six facteurs principaux :

Ordre de classement linéaire
Les systèmes dans lesquels il existe un classement ouvert et complet des acteurs ne laissent aucun doute sur l’acteur occupant le rang le plus élevé. Ils constituent ainsi un mécanisme de violence structurelle, puisqu’ils renforcent une dynamique de pouvoir préexistante.
Schéma d’interaction acyclique
Dans ces systèmes, tous les acteurs sont reliés par une voie d’interaction unidirectionnelle considérée comme « correcte », et les résultats dépendent structurellement de l’utilisation du système conformément à sa conception. Cela rend les structures stables, car le changement ne peut être obtenu qu’au moyen de ce système consolidé de conquête et de conservation du pouvoir.
Corrélation entre rang et centralité
Au sein du système social, les acteurs occupant un rang plus élevé sont également plus centraux dans le système lui-même, ce qui renforce leur importance pour le statu quo ainsi que leur intérêt à le préserver.
Congruence du système
Les systèmes sociaux sont composés d’éléments similaires, ce qui permet aux acteurs les mieux classés et les plus capables de mobiliser un système de transformer un avantage comparatif dans un domaine en avantage absolu dans l’ensemble des systèmes souhaités.
Concordance des rangs
Les acteurs bien classés selon un indicateur, comme le revenu, le sont également selon d’autres indicateurs, tels que l’éducation et la santé. Cette congruence concerne aussi les acteurs situés en bas de ces classements et contribue à limiter la mobilité sociale au sein du système.
Couplage entre les niveaux supérieurs
La collaboration entre les acteurs occupant les rangs les plus élevés conduit à définir le système de manière à favoriser les acteurs les plus puissants, généralement par l’intermédiaire d’un représentant occupant un rang légèrement inférieur, ce qui limite les accusations de concentration du système au bénéfice des plus puissants.

Depuis l’article initial et la thèse de Galtung, les chercheurs ont appliqué le triangle du conflit à un large éventail de conflits, de luttes et d’occupations, y compris de manière rétrospective.

Critiques du modèle

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Le triangle du conflit de Galtung et son article sur la recherche pour la paix sont largement cités comme des contributions théoriques fondatrices[18] dans le domaine des études sur la paix et les conflits. Ils ont néanmoins fait l’objet de critiques. Galtung utilise des définitions très larges de la violence, du conflit et de la paix, et applique ces termes à des phénomènes directs et indirects, négatifs et positifs, ainsi qu’à des situations où les auteurs ou les victimes ne peuvent être clairement distingués. Cela limite l’application directe du modèle.

Galtung adopte une approche positiviste[19], dans la mesure où il suppose que chaque principe rationnel de la théorie peut être vérifié, ce qui conduit à écarter les processus sociaux dépassant les relations et les actions observables. Cette approche impose un paradigme de propositions nettement définies et immédiatement vérifiables comme représentant la totalité du système, ce qui est souvent considéré comme réductionniste. Galtung adopte également dans son article une orientation explicitement normative, caractérisée par une préférence pour les jugements de valeur, qui peuvent refléter un biais ou une opinion, ainsi qu’une tendance à privilégier les institutions et les conceptions occidentales de la paix. Cela pourrait limiter l’applicabilité plus générale du modèle.

Consolidation de la paix

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Galtung propose de résoudre les conflits au moyen du maintien de la paix, du rétablissement de la paix et de la consolidation de la paix.[4](p17) Le maintien et le rétablissement de la paix visent principalement à éliminer la violence et à instaurer une paix immédiate.[4](p17) Selon Galtung, le traitement des causes profondes de la violence exige une consolidation de la paix allant au-delà de la cessation de la violence directe, afin de mettre également fin aux violences structurelle et culturelle.[4](p17)

Les structures de consolidation de la paix doivent s’attaquer aux causes profondes du conflit et soutenir les capacités locales de gestion de la paix et de résolution des conflits[20]. Galtung a occupé plusieurs fonctions importantes au sein de conseils internationaux de recherche et a été conseiller auprès de plusieurs organisations internationales. Depuis 2004, il est membre du conseil consultatif du Comité pour une ONU démocratique.

Galtung est fortement associé aux concepts suivants :

  • Violence structurelle – généralement définie comme l’ensemble des mécanismes systématiques par lesquels un régime empêche des individus de réaliser pleinement leur potentiel. Le racisme et le sexisme institutionnalisés en sont des exemples.
  • Paix négative et paix positive – Galtung a popularisé l’idée selon laquelle la paix ne se limite pas à l’absence de conflit violent manifeste, appelée paix négative, mais peut également inclure un ensemble de relations menant à une situation dans laquelle des nations, ou tout autre groupe en conflit, entretiennent des relations de coopération et de soutien, appelée paix positive. Bien qu’il ne les ait pas cités, ces termes avaient déjà été définis et examinés dans une série de conférences données à partir de 1899 par Jane Addams, qui les remplaça dans son ouvrage de 1907 par l’expression « nouveaux idéaux de paix » tout en continuant de les opposer à la paix négative, ainsi qu’en 1963 dans la Lettre de la prison de Birmingham de Martin Luther King Jr..

Critique des États-Unis

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En 1973, Galtung a critiqué le « fascisme structurel » des États-Unis et d’autres pays occidentaux faisant la guerre pour obtenir des matières premières et des marchés. Il déclara : « Un tel système économique est appelé capitalisme, et lorsqu’il est étendu de cette manière à d’autres pays, il est appelé impérialisme ». En 1972, il fit l’éloge du Cuba de Fidel Castro pour s’être « libéré de l’emprise de fer de l’impérialisme ». Galtung a qualifié les États-Unis de « pays meurtrier » coupable de « terrorisme d’État néofasciste » et les a comparés à l’Allemagne nazie en raison du bombardement du Kosovo lors des frappes de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999[21],[22].

Dans un article publié en 2004, Galtung a prédit que l’empire américain « déclinerait et s’effondrerait » avant 2020. Il a développé cette hypothèse dans son ouvrage de 2009 intitulé The Fall of the US Empire - and Then What? Successors, Regionalization or Globalization? US Fascism or US Blossoming?[23],[24].

Après l’élection de Donald Trump en 2016, Galtung a avancé la date de son scénario de déclin de la puissance mondiale américaine, estimant que la politique d’expulsion de Trump et ses critiques envers l’OTAN accéléreraient ce processus[25],[26].

Positions sur les régimes communistes

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Au cours de sa carrière, les déclarations et positions de Galtung ont suscité des critiques, notamment en raison de ses attaques contre les pays occidentaux pendant et après la guerre froide, ainsi que de ce que ses détracteurs considéraient comme une attitude favorable envers l’Union soviétique, Cuba et la Chine communiste. Un article de 2007 de Bruce Bawer, publié dans le magazine City Journal[21], ainsi qu’un article ultérieur publié en février 2009 par Barbara Kay dans le National Post[22], ont critiqué l’opinion de Galtung sur la Chine sous le règne de Mao Zedong. Selon Galtung, la Chine était « répressive dans un certain sens libéral », mais il soutenait que « toute la théorie de ce qu’est une “société ouverte” doit être réécrite, probablement aussi la théorie de la “démocratie” — et il faudra longtemps avant que l’Occident accepte de considérer la Chine comme un maître dans ces domaines »[21]. Qualifiant Galtung d’« ennemi de toujours de la liberté », Bawer affirma qu’il avait découragé la résistance hongroise lors de l’invasion soviétique de 1956 et critiqua sa description, en 1974, d’Alexandre Soljenitsyne et d’Andreï Sakharov comme des « personnalités persécutées appartenant à l’élite »[21].

Positions sur la Yougoslavie

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Les positions de Galtung sur la Yougoslavie entre 1991 et 2014 figurent dans le blog Yugoslavia – What Should Have Been Done?, réalisé en collaboration avec Jan Oberg et Håkan Wiberg[27].

Positions sur les Juifs et Israël

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Galtung a recommandé la lecture des Protocoles des Sages de Sion, un faux texte antisémite prétendant décrire un projet juif de domination mondiale[28]. Pour défendre ses affirmations selon lesquelles des Juifs contrôlaient des entreprises médiatiques américaines, Galtung a cité un article publié par National Vanguard, une organisation néonazie[28]. Les propos de Galtung ont été critiqués par Terje Emberland, historien au Centre d’études sur l’Holocauste et les minorités religieuses d’Oslo, ainsi que par Øystein Sørensen, historien à l’université d’Oslo connu pour ses recherches sur les théories du complot[28]. Interrogé par NRK sur ses déclarations controversées, Galtung a réaffirmé sa recommandation de lire les Protocoles des Sages de Sion[28]. Il a rejeté l’accusation d’antisémitisme[28].

Le journal israélien Haaretz a accusé Galtung d’antisémitisme en mai 2012 pour avoir : 1) suggéré l’existence possible d’un lien entre les attentats de Norvège de 2011 et le service de renseignement israélien Mossad ; 2) affirmé que « six entreprises juives » contrôlaient 96 % des médias mondiaux ; 3) relevé ce qu’il considérait comme des similitudes ironiques entre la banque Goldman Sachs et le faux antisémite conspirationniste des Protocoles des Sages de Sion ; et 4) avancé, sans le justifier, que l’antisémitisme dans l’Allemagne de Weimar après la Première Guerre mondiale constituait une conséquence prévisible de la présence de Juifs allemands à des postes influents[29]. À la suite de ces déclarations, TRANSCEND International, une organisation cofondée par Galtung, publia en mai 2012 un communiqué visant à clarifier ses positions[30]. Le 8 août 2012, la World Peace Academy de Bâle, en Suisse, annonça la suspension de Galtung de l’organisation, invoquant ce qu’elle considérait comme ses « déclarations imprudentes et offensantes sur des questions particulièrement sensibles pour les Juifs »[31]. Galtung déclara que ces accusations relevaient de la « diffamation » et de la « calomnie »[32],[33].

Distinctions

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Publications

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En anglais

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  • (en) Peace by peaceful means. Peace and conflict, Development and Civilisation, Londres, Sage, , 275 p.
  • A Structural Theory of Imperialism, Journal of Peace Research, 1971, p. 81-117

En français

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  • Transformation des conflits par des moyens pacifiques : (La méthode du dépassement), Genève, United Nations, , 37 p.
  • Alternatives à la course aux armements nucléaires : Dix propositions pour une politique de paix dans les années 80, Alternatives non-violentes,
    Allocution prononcée à Paris lors de la réception à l'UNESCO des Marcheurs pour la Paix (Pérouse - Assise), 6 août 1981 ; paru dans Bulletin of Peace Proposals, vol. 12, n° 4, 1981 ; traduit dans Alternatives non-violentes, n° 50, décembre 1983, pp. 56-60.

En allemand

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  • Neue Wege zum Frieden - Konflikte aus 45 Jahren: Diagnose, Prognose, Therapie, Minden, Bund für soziale Verteidigung, 2003
  • Die Zukunft der Menschenrechte, Munich, Campus, 1999
  • Die andere Globalisierung, Münster, agenda Verlag, 1998
  • Friede mit friedlichen Mitteln, Opladen, Leske und Budrich, 1998
  • Menschenrechte - anders gesehen, Francfort/Main, Suhrkamp, 2e édition, 1997
  • Von China lernen? Opladen, Westdeutscher Verlag, 1978 (avec Fumiko Nishimura)
  • Strukturelle Gewalt, Reinbek, Rororo, 1975

Galerie

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Références

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  1. ↑ (nb) NRK, « Fredsforsker Johan Galtung er død », sur NRK, (consulté le )
  2. 1 2 « Paix positives et durables », sur espace-mondial-atlas.sciencespo.fr, (consulté le )
  3. ↑ Johan Galtung, « Violence, Peace and Peace Research », Journal of Peace Research, vol. 6, no 3,‎ , p. 167–191 (DOI 10.1177/002234336900600301, S2CID 143440399)
  4. 1 2 3 4 5 6 Wenting Meng, Developmental Peace: Theorizing China's Approach to International Peacebuilding, Columbia University Press, coll. « Ibidem », (ISBN 9783838219073)
  5. ↑ Akhil Gupta, Red Tape: Bureaucracy, Structural Violence and Poverty in India, Duke University Press,
  6. ↑ Jacklyn Cock, « Keeping the Fires Burning: Militarization and the Politics of Gender in South Africa », Review of African Political Economy, vol. 16, nos 45–46,‎ , p. 50–64 (DOI 10.1080/03056248908703825, hdl 10539/8529 Accès libre)
  7. ↑ Mats Utas, « Sweet Battlefields: Youth and the Liberian Civil War », Uppsala University Dissertations in Cultural Anthropology,‎
  8. 1 2 Johan Galtung, « Cultural Violence », Journal of Peace Research, vol. 27, no 3,‎ , p. 291–305 (DOI 10.1177/0022343390027003005, S2CID 220989188)
  9. ↑ Gregory Philips, Addictions and Healing in Aboriginal Country,
  10. ↑ Cecilia Menjívar, Enduring Violence,
  11. ↑ Franz Jedlicka, « The Culture of Violence Scale 2023 », sur Researchgate, (DOI 10.13140/RG.2.2.22929.81760, consulté le )
  12. ↑ Anju Malhotra, « Solutions to End Child Marriage » [archive du ], sur ICRW (consulté le )
  13. ↑ Matthew Chandler, « When armed combatants employ nonviolent action: A case study of Hezbollah », ProQuest Dissertations Publishing,‎
  14. ↑ Steven Wright, « Violent Peacekeeping: The Rise and Rise of Repressive Techniques and Technologies », Politics and Ethics Review, vol. 1,‎ , p. 60–69 (DOI 10.1177/1743453X0500100106, S2CID 219960032, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  15. ↑ Taleh Ziyadov, « The Galtung Triangle and Nagorno-Karabakh Conflict », Caucasian Review of International Affairs, vol. 1, no 1,‎ , p. 31–41 (lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ « Vol. 15, No. 2 (2024): Johan Galtung: vita, opere, eredità », sur Scienza e Pace, University of Pisa (consulté le )
  17. 1 2 3 Tiziano Peccia, « Gender, violence, and power: applying the Galtung Triangle to organized crime », Scienza e Pace, vol. 15, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. ↑ John D. Brewer, Peace processes: a Sociological Approach, Polity Press,
  19. ↑ Peter Lawler, A Question of Values: Johan Galtung's Peace Research, Lynne Rienner,
  20. ↑ PEACEBUILDING & THE UNITED NATIONS « https://web.archive.org/web/20180514143152/https://www.un.org/en/peacebuilding/pbso/pbun.shtml »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), Peacebuilding Support Office, United Nations
  21. 1 2 3 4 (en) Bruce Bawer, « The Peace Racket », sur city-journal.org via Internet Archive, (consulté le ).
  22. 1 2 (en) Barbara Kay, « Barbarians within the gate », National Post,‎ (lire en ligne).
  23. ↑ [vidéo] « Prof. J. Galtung: 'US empire will fall by 2020' », sur YouTube Russia Today.
  24. ↑ On the Coming Decline and Fall of the US Empire « https://web.archive.org/web/20170725163913/http://www.oldsite.transnational.org/SAJT/forum/meet/2004/Galtung_USempireFall.html »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), by Johan Galtung, Transnational Foundation and Peace and Research (TFF), 28 January 2004.
  25. ↑ Harriet Agerholm, « Donald Trump will cause US power to collapse, says man who correctly predicted fall of USSR », The Independent,‎ (lire en ligne)
  26. ↑ Joe Allen, « Nobel Nominee Who Correctly Predicted Fall of U.S.S.R. Predicts Same Fate for U.S. Under Trump », Paste,‎ (lire en ligne)
  27. ↑ (en) Johan Galtung, « Yugoslavia, What Should Have Been Done », sur Yugoslavia, What Should Have Been Done, The Transnational Foundation for Peace and Future Research (TFF), Jan Oberg (Editor, owner), (consulté le ).
  28. 1 2 3 4 5 (nb) Martin H. W. Zondag, « – En trist sorti for Galtung » [archive du ], sur NRK, (consulté le )
  29. ↑ Ofer Aderet, « Pioneer of global peace studies hints at link between Norway massacre and Mossad », Haaretz,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  30. ↑ (en) « TRANSCEND International's Statement Concerning the Label of anti-Semitism Against Johan Galtung » [archive du ], sur transcend.org, TRANSCEND International (consulté le ).
  31. ↑ Weinthal, Benjamin, « Swiss group suspends 'anti-Semitic' Norway scholar », The Jerusalem Post,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  32. ↑ (de) « STELLUNGNAHME/035 : Professor Galtung zu den Vorwürfen des Antisemitismus (Johan Galtung) », sur schattenblick.de via Internet Archive, (consulté le ).
  33. ↑ « Grenzach-Wyhlen : Zwei Vorträge mit Johan Galtung »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur Südkurier, (consulté le ).

Bibliographie

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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