John Barraclough Fell

John Barraclough Fell (1815-1902) est un ingénieur anglais, inventeur du système Fell ou chemin de fer à rail central permettant à des trains de gravir des montagnes.

John Barraclough Fell
Biographie
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Biographie

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Dans les années 1860, l'ingénieur invente le système de rail central. Parce qu'il est antérieur à l'invention de la crémaillère, les anglo-saxons appellent ce type de chemin de fer le système Fell[1].

Cromfort and High Peak Railway

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La première mise en œuvre a eu lieu en 1863 sur le Cromford and High Peak Railway (en), sur un système à câble. Sa première réalisation est le un chemin de fer à rail central entre Cromford et High Peak dans le Derbyshire en Angleterre qui rencontre un grand succès[2],[3],[4],[5],[6].

Chemin de fer du Mont-Cenis

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Fort de cette prouesse technique, il s'associe en 1864 avec Thomas Brassey et l'industriel Alexander Brogden pour proposer à l’empereur Napoléon III la construction d'une ligne de chemin de fer entre la France et le royaume d'Italie, en attendant l'achèvement du tunnel ferroviaire du Fréjus : il s'agit du chemin de fer du Mont-Cenis. Grâce au système de rail central, la ligne gravit facilement les fortes pentes du col du Mont-Cenis, facilitant l'adhérence dans la montée, le guidage dans les courbes étroites et le freinage dans les pentes[7],[8].

Les entrepreneurs créent donc la société Brassey et Cie, composée de John Fell, Thomas Brassey, Alexander Brogden, Edward-Charles Blount et William Buddicom[9],[10],[11]. Napoléon III est intéressé par leur proposition et prend le soin de mentionner dans le contrat « que l’exploitation de cette ligne serait interrompue dès la mise en service du tunnel ». Preuve de leur confiance en ce projet, ils ne demandent aucune subvention, sûrs de pouvoir rentabiliser leur affaire à court-terme[12] ; les administrateurs espèrent obtenir en 7 ans un revenu brut de 27 millions de francs[13].

Ouverte en 1868, la ligne bat alors le record du chemin de fer le plus haut du monde, culminant à plus de 2 000 mètres d'altitude. Elle est également utilisée pour la All Red Route, un service de courrier entre l'Empire Britannique et ses colonies d'Inde[14]. Malheureusement, les travaux de percement avancent bien plus vite que prévu grâce à l'invention de la perforatrice à air comprimé par l’ingénieur Germain Sommeiller. En 1871, la ligne est fermée et rapidement démantelée. Le train aura parcouru plus de 556 000 kilomètres et transporté près de 100 000 voyageurs en seulement trois ans d'exploitation[15],[16].

Un journaliste dressera un portrait de lui dans le Courrier des Alpes : « J'ai rencontré l'autre soir M. Fell ; c'est un petit diable d'Anglais qui, en son baragouin, a presque fini par me convaincre. Et puis il a derrière lui le plus gros bonnet des entrepreneurs de chemin de fer du monde entier, Brassey en personne. Quand on voit apparaitre cette grosse figure au dernier plan d'une œuvre quelconque, on ne raisonne plus : les chimères les plus chimériques acquièrent de la réalité, et on se sent saisi d'une angoisse mystérieuse qui vous empêche de raisonner et de se fier à son raisonnement. »[17]

Références

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  1. Clive Lamming, « De Fell à Hanscotte : l’adhérence pour les locomotives à fortes rampes », sur trainconsultant.com, .
  2. Jean Bellet, Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 260 p. (lire en ligne), p. 113-124.
  3. Louis Figuier, Les nouvelles conquêtes de la science : Grands tunnels et railways métropolitains, Paris, , 647 p. (lire en ligne), p. 2-6.
  4. (en) « The Mont Cenis Railway », The Sydney Morning Herald, (lire en ligne)
  5. « Chemin de fer du Mont-Cenis. », Le Journal de la Savoie, no 154, , p. 3 (lire en ligne)
  6. Édouard Dalloz et M. Desbrière, « Nouvelles du département », Journal de la Savoie, no 123, , p. 2-3 (lire en ligne)
  7. Patrice Bouillin, Le chemin de fer en Maurienne : Du Rhône au Mont-Cenis et en Italie à travers les Alpes, Presse Editions Ferroviaires, 224 p..
  8. (fr + it) Georges Reverdy, Dans les traces d'Hercule : Les voies transalpines du Mont-Cenis et du Petit-Saint-Bernard, Paris, Presses de l’École nationale des ponts et chaussées, , 271 p. (ISBN 2-85978-376-8), p. 146
  9. Jean Bellet, Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 260 p. (lire en ligne), p. 113-124.
  10. Joseph Favre, Bramans : Autrefois Métropole, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 354 p. (lire en ligne), p. 305-308.
  11. A. Rigault, « Chronique locale », Le Salut public, no 147, , p. 1 (lire en ligne)
  12. Louis Figuier, Les nouvelles conquêtes de la science : Grands tunnels et railways métropolitains, Paris, , 647 p. (lire en ligne), p. 2-6.
  13. Jean Bellet, Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 260 p. (lire en ligne), p. 113-124.
  14. (en) Philip John Greer Ransom, The Mont Cenis Fell Railway, Truro, Twelveheads Press, , 92 p. (ISBN 978-0-906294-41-3).
  15. Jean Bellet, Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 260 p. (lire en ligne), p. 113-124.
  16. (fr + it) Georges Reverdy, Dans les traces d'Hercule : Les voies transalpines du Mont-Cenis et du Petit-Saint-Bernard, Paris, Presses de l’École nationale des ponts et chaussées, , 271 p. (ISBN 2-85978-376-8), p. 146
  17. A. Pouchet, « Le chemin de fer du Mont-Cenis. », Courrier des Alpes, no 28, , p. 2-3 (lire en ligne)

Voir aussi

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