José Ferrater Mora

philosophe espagnol
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José Ferrater y Mora (en castillan) ou Josep Ferrater i Mora (en catalan), né le 30 octobre 1912 à Barcelone et mort dans la même ville le 30 janvier 1991, est un philosophe, essayiste et écrivain espagnol.

Josep Ferrater i Mora
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
BarceloneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Priscilla Cohn (en) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Considéré comme le philosophe catalan le plus important du XXe siècle[1], il est auteur de plus de 35 livres, dont un Diccionario de filosofía (« Dictionnaire de philosophie ») en quatre volumes (1941) considéré comme un ouvrage de référence[2] et El ser y la muerte: bosquejo de filosofía integracionista (« L'Être et la Mort : ébauche de philosophie intégrationniste », 1962)[3]. Il a travaillé sur des sujets tels que l'ontologie, l'histoire de la philosophie, la métaphysique, l'anthropologie, la philosophie de l'histoire et de la culture, l'épistémologie, la logique, la philosophie des sciences et l'éthique. Il a également réalisé plusieurs films[4].

Ferrater Mora est connu pour avoir inclus les humains et les animaux non humains dans la même sphère morale, ou continuum, soutenant que la différence entre les deux était de degré et non de nature.

Biographie

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Ferrater Mora est né en 1912 à Barcelone, en Espagne. Il étudie à Santa Maria del Collell, puis à l'université de Barcelone, où il obtient une licence en 1932 et son doctorat en 1936[1].

Durant la guerre civile espagnole, il s'enrôle dans l' armée républicaine, travaillant à ses services de renseignement, avant de fuir le pays en 1939 en raison de la victoire franquiste. En exil, il passe trois mois à Paris, avant de s'installer à La Havane (Cuba) puis à Santiago (Chili), villes où il donne des conférences[1].

Après avoir reçu une bourse Guggenheim, il s'installe aux États-Unis, tout d'abord à New York[5]. En 1949, il est embauché par le Bryn Mawr College pour enseigner la philosophie et la littérature espagnole, où il travaille jusqu'à sa retraite en 1981[1]. Il a épousé Priscilla Cohn (une de ses anciennes doctorantes) en 1980[6].

Il meurt d'une crise cardiaque le 30 janvier 1991, alors qu'il est en visite à Barcelone[7].

Philosophie

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Ferrater Mora est le créateur d'une méthode philosophique qu'il a baptisée « intégrationnisme », à travers laquelle il chercha à intégrer des systèmes de pensée opposés. Il soutient que les concepts irréductibles, qui sont à l'origine de nombreuses disputes et divisions en philosophie, ne désignent pas des réalités existantes en soi mais sont des « concepts limites ». Selon lui, ces « pôles opposés » n'existent pas dans l'absolu mais uniquement qu'en tant que tendances, complémentaires, du réel, si bien qu'il est nécessaire de tenir compte de chacun d'entre eux[8].

Son œuvre philosophique se penche également sur des questions de nature ontologique. Il appelle sa posture ontologique « monisme sui generis », car elle unit le monisme et le pluralisme ; il s'agit d'un émergentisme dans lequel les éléments s'assemblent en vertu de leurs propriétés ou fonctions, ou propriétés-fonctions. Chaque structure, bien qu'elle dépende des éléments qui la composent, n'est pas réductible à ces derniers car elle acquiert de nouvelles propriétés-fonctions qui ne peuvent être expliquées par celles des éléments. La structure devient également un élément d'une nouvelle structure. L'auto-assemblage commence à partir du niveau physique, les structures acquérant des propriétés, des fonctions et un ordre plus complexes pour donner naissance à un nouveau niveau biologique, le continuum progressant jusqu'à atteindre le niveau social puis culturel. Ce continuum s'étend ainsi de la matière à la raison[9].

Il fut l'un des premiers philosophes à introduire l'éthique appliquée dans le monde hispanophone et un fervent défenseur des droits des animaux[10].

Héritage

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En janvier 1991, Ferrater Mora annonce publiquement sa décision de faire don de sa bibliothèque personnelle, composée de 7 255 livres, 156 titres de revues et de correspondance, avec 6 748 lettres, à l'université de Gérone[11]. La correspondance comprend des lettres échangées par Ferrater Mora avec ses amis, des hommes politiques et des intellectuels, dont des lettres écrites depuis son départ en exil dans les années 1940 et jusqu'à sa mort en 1991. Parmi les autres documents d'intérêt figurent des textes politiques et culturels envoyés par des personnalités de l'époque : Xavier Benguerel, Enrique Tierno Galván, Néstor Almendros et Josep Trueta, parmi beaucoup d'autres[12].

Fondée en 1989, la chaire Ferrater Mora de pensée contemporaine organise régulièrement des séminaires et des cours sur la philosophie contemporaine[11].

Le Centre d'Oxford pour l'éthique animale (en) porte son nom[3].

Œuvre (sélection)

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Philosophie et essai

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  • Diccionario de Filosofía, México, Atlante, 1941 — Son œuvre la plus connue. La sixième édition, la dernière révisée par l'auteur, datant de 1979, se compose de 4 volumes totalisant environ 4 000 pages.
  • España y Europa, Santiago de Chile, Cruz del Sur, 1942.
  • Les formes de la vida catalana (version originale, en catalan) / Las formas de la vida catalana (traduction en castillan), Santiago de Chile, Agrupació Patriòtica Catalana, 1944.
  • Unamuno. Bosquejo de una filosofía, Buenos Aires, Losada, 1944.
  • Variaciones sobre el espíritu, Buenos Aires, Sudamericana, 1945.
  • La ironía, la muerte y la admiración, Santiago de Chile, Cruz del Sur, 1946.
  • El llibre del sentit, Santiago de Chile, Imp. Mediterránea, 1948.
  • El hombre en la encrucijada, Buenos Aires, Sudamericana, 1952.
  • Cuatro visiones de la Historia Universal: San Agustín, Vico, Voltaire, Hegel, 1955 (ISBN 84-206-1889-6).
  • Reflexions sobre Catalunya, 1955
  • La filosofía en el mundo de hoy, Madrid, Revista de Occidente, 1959.
  • Una mica de tot, Palma de Majorque, Moll, 1961.
  • El ser y la muerte: bosquejo de filosofía integracionista, Madrid, Aguilar, 1962.
  • La filosofía en el món d'avui, Barcelone, 1965
  • Indagaciones sobre el lenguaje, Madrid, Alianza Editorial,1970.
  • Els mots i els homes, 1970.
  • El hombre y su medio y otros ensayos, Madrid, Siglo XXI, 1971.
  • Las crisis humanas, Salvat, 1972.
  • De la materia a la razón, Madrid, Alianza, 1979.
  • Modos de hacer filosofía, Barcelone, Crítica, 1985.
  • Ventana al mundo, 1986, Anthropos Editorial.
  • Joc de cartes. Epistolari 1948-1984, 1988 (ISBN 84-297-2846-5).
  • Mariposas y supercuerdas. Diccionario para nuestro tiempo, Barcelone, Península, 1994. — Publication posthume sous la direction de Priscilla Cohn.
  • Razón y verdad y otros ensayos, Editorial Renacimiento, 2007 (ISBN 9788496133778)

Œuvre narrative

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  • Voltaire en Nueva York, 1985.
  • Hecho en Corona, Madrid, Alianza, 1986.
  • El juego de la verdad. Finalista del premio Nadal 1987. Barcelone, Destino, 1988.
  • Regreso del infierno, Barcelone, Destino, 1989.
  • La señorita Goldie, Barcelone, Seix Barral, 1991.
  • Mujeres al borde de la leyenda, Madrid, Círculo de lectores, 1991.

Récompenses

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Notes et références

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(en)/(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « José Ferrater Mora » (voir la liste des auteurs) et de la page de Wikipédia en espagnol intitulée « José Ferrater Mora » (voir la liste des auteurs).

  1. 1 2 3 4 (en) Dictionary of Modern American Philosophers, London, A & C Black, , 766–768 p. (ISBN 978-1-84371-037-0, lire en ligne), « Ferrater Mora, José María ».
  2. ↑ (es) « José Ferrater Mora », sur www.fpa.es (consulté le ).
  3. 1 2 (en-US) « José Ferrater Mora », Oxford Centre for Animal Ethics (consulté le ).
  4. ↑ « The Movie Maker: A Brief History and Analysis of Ferrater Mora's Films », Ferrater Mora (consulté le ).
  5. ↑ (en) Jose Ferrater Mora, Three Spanish Philosophers: Unamuno, Ortega, Ferrater Mora, Albany, New York, SUNY Press, , 257–258 p. (ISBN 978-0-7914-5714-6, lire en ligne).
  6. ↑ Bonnie L. Cook, « Priscilla T. Neuman Cohn Ferrater Mora, 85, heiress who became philosophy professor, animal-rights activist », The Philadelphia Inquirer,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ (en-US) « Jose F. Mora, 78, Dies; Professor of Philosophy », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ (en) Needleman, « Being and Death: An Outline of Integrationist Philosophy (review) », Journal of the History of Philosophy, vol. 5, no 3,‎ , p. 309–311 (ISSN 1538-4586, DOI 10.1353/hph.2008.1359, S2CID 143916072, lire en ligne).
  9. ↑ (ca) Román Maestre, « Oscar Horta, La filosofia moral de Josep Ferrater Mora Documenta Universitària, Girona, 2008 », Journal of catalan intellectual history: Revista d'història de la filosofia catalana, nos 7–8,‎ , p. 163–166 (ISSN 2014-1564, lire en ligne).
  10. ↑ (es) Óscar Horta, La filosofía moral de J. Ferrater Mora, Girona, Documenta Universitaria, .
  11. 1 2 (ca) « Josep Ferrater Mora », Universitat de Girona (consulté le ).
  12. ↑ (ca) « Epistolari del Llegat Ferrater Mora », Universitat de Girona (consulté le ).
  13. 1 2 « Awards, Honors, Distinctions and Decorations », Ferrater Mora (consulté le ).
  14. 1 2 3 (es) Carlos Nieto Blanco, « José Ferrater Mora » Accès libre, sur Diccionario biográfico español, Real Academia de la Historia (consulté le ).

Annexes

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