Josef Müller-Brockmann

graphiste et créateur de caractères suisse

Josef Müller-Brockmann, né le à Rapperswil et mort le à Zurich, est un graphiste et créateur de caractères suisse.

Josef Müller-Brockmann
Josef Müller-Brockmann en 1987
Naissance
Décès
Nationalité
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Formation
Maître
Lieu de travail
Conjoint
Shizuko Muller-Yoshikawa (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Biographie

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Origines

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Josef Müller naît le à Rapperswil. Ses parents sont Christian Müller, maître bâtisseur, et Ida Müller née Schmucki[1].

Formation

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Josef Müller-Brockmann (MB) est né en 1914 à Rapperswil[2]. Après l'école obligatoire, il débute un apprentissage de graphiste, qu'il abandonne après deux ans[3],[1]. Montrant un talent pour le dessin, il se forme de manière autodidacte. Dès 1932, il étudie le graphisme, le design et l'architecture, en fréquentant comme auditeur libre des cours à la Kunstgewerbeschule (École des arts et métiers) de Zurich (chez les enseignants Alfred Willimann et Ernst Keller)[3], à l'université et à l'EPF de Zurich (notamment chez Carl Gustav Jung)[1].

Carrière de graphiste

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En 1934, âgé de 20 ans, il s'installe à Zurich comme designer et illustrateur indépendant et ouvre son propre studio en 1936, offrant des services de décoration de vitrines et d'illustrations murales. En 1937, il devient membre du Werkbund suisse (L'Œuvre)[1]. Un mandat lui est attribué pour l'Exposition nationale suisse de 1939[3]: il réalise les pavillons d'honneur des universités suisses ainsi que les secteurs Histoire de l'art en Suisse et Physique et médecine[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, il effectue son service en tant que lieutenant dans l'armée suisse. Pendant les années de guerre, en 1943, il épouse la violoniste Verena Brockmann, et adopte le nom Müller-Brockmann[4].

Après la Seconde Guerre mondiale, MB poursuit son travail de designer et se concentre sur son travail d'illustrateur et de designer d'exposition. Il fait la rencontre de Ladislav Sutnar à Prague en 1948 et s'intéresse au travail de Karel Teige, du Bauhaus, et de la typographie de Moholy-Nagy[3]. En 1950, il réalise sa première affiche pour la Tonhalle de Zurich et commence à développer une approche constructiviste du graphisme, abandonnant progressivement l'illustration[1]. À partir de 1952, il se consacre uniquement au graphisme et acquiert la notoriété en tant que graphiste avec son affiche, Protégez l'enfant, pour l'Automobile club de Suisse et ses nombreuses affiches pour la Tonhalle de Zurich.

Dans les années 1950, MB établit un studio de publicité avec le photographe Ernst A. Heiniger (de). Lorsque Heiniger déménage à Los Angeles, afin de travailler pour Walt Disney, MB reprend la direction du studio. Parmi ses collaborateurs comptent le photographe Serge Libiszewski[5] (1952-1955), et la graphiste Nelly Rudin (1955 à 1957)[6].

En 1956, MB est invité, avec Armin Hofmann ainsi que l'architecte et écrivain Max Frisch, à participer à la Conférence internationale de design d'Aspen, au Colorado[7]. Dans sa conférence, MB présente les réussites du modernisme dans le design et l'architecture suisses[3]. L'année suivante, son travail est montré dans l'exposition «Swiss Graphic Designers» qui voyage à travers les Etats-Unis[7].

Enseignement à la Kunstgewerbeschule (1957-1960)

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En 1957, MB succède à Ernst Keller comme professeur de graphisme à la Kunstgewerbeschule de Zurich. Son enseignement est orienté vers un graphisme rationnel et pragmatique. MB organise avec ses élèves des excursions en Italie et en Allemagne. Il invite des musiciens, dont John Cage et Ravi Shankar[4]. Il met en place d'ambitieux plans de réforme, appelant entre autres à supprimer certaines branches et à limiter la durée de fonction des enseignants. Ces propositions sont rejetées, et MB quitte l'enseignement après quatre années[3].

“Les problèmes d'un artiste graphique”, 1961, couverture originale.

Au terme de cette expérience, MB publie en 1961 son premier livre, Gestaltungsprobleme des Grafikers / The Graphic Artist and his Design Problems / Les problèmes d'un artiste graphique. Édité par Arthur Niggli, ce livre connaîtra des rééditions en 1983 et 2003[8]. Selon Robin Kinross, cet ouvrage "devint le principal vecteur de la diffusion internationale de la typographie suisse et de ses approches"[9].

Neue Grafik (1957-1965)

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En 1958, MB crée le magazine trilingue Neue Grafik / New Graphic Design / Graphisme actuel, avec trois autres graphistes travaillant à Zurich : Richard Paul Lohse, Hans Neuburg et Carlo Vivarelli. La publication du magazine s'arrête après huit ans, pour des raisons économiques. Au cours de cette période, 18 numéros auront vu le jour.

En 1963, MB est professeur invité dans la section de communication visuelle de l'École d'Ulm, dont le directeur est alors Otl Aicher[3].

Josef Müller-Brockmann en visite au Rochester Institute of Technology, en 1987.

En 1967, MB devient consultant pour IBM et fonde l'agence de publicité Müller-Brockmann & Co.

Son travail est récompensé par de nombreux prix : en 1988, il est nommé Honorary Royal Designer for Industry par la Royal Society of Arts de Londres ; en 1993, son projet pour les chemins de fer fédéraux suisses (élaboré dès 1978) est récompensé par le Prix du design suisse (Design Preis Schweiz).

Vie privée

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En 1943, Josef Müller épouse la violoniste Verena Brockmann, et adopte le nom Müller-Brockmann[4]. Leur fils Andreas naît en 1944. En 1964, Verena décède des suites d'un accident.

En 1967, MB épouse l'artiste Shizuko Yoshikawa (née en 1934 à Ōmuta)[10],[11]. MB avait fait sa connaissance en participant à la World Design Conference de Tokyo en 1960, où elle était traductrice[3]. Il l'avait rencontré également comme étudiante à Ulm en 1962. En 1963 Shizuko Yoshikawa déménage à Zurich et intègre le bureau de MB. À partir de 1976, ils vivent dans une maison à Unterengstringen près de Zurich.

Son fils Andreas décède en 1992 ou 1993[3].

Josef Müller-Brockmann meurt le à Zurich, âgé de 82 ans.

Son œuvre

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Akzidenz grotesk : cette police est l'une des plus utilisées par Müller-Brockmann.

Müller-Brockmann est, notamment, avec Armin Hofmann, considéré comme l'une des figures marquantes du style international ou style suisse. Son travail influencé par le Bauhaus et le constructivisme[12] met le plus souvent l'accent sur les éléments typographiques et géométriques. Il utilise surtout des polices sans-serif comme Akzidenz Grotesk, Univers ou Helvetica[13] et met en œuvre un système de grilles pour structurer ses créations[14]. Müller-Brockmann fait rarement appel à la photographie, le plus souvent en noir et blanc, pour illustrer ses affiches et utilise plutôt des figures géométriques simples (cercles, rectangles, lignes…).

Le travail de Müller-Brockmann est essentiellement abstrait. Ainsi, considérant que la musique est un art abstrait, Müller-Brockmann réussit dans son affiche Beethoven, de 1955, à suggérer la « musicalité du design[4] ».

Réalisation marquantes

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  • Affiche Protégez l'enfant, pour l'Automobile Club de Suisse (1953)
  • Affiche Beethoven, pour la Tonhalle de Zurich (1955)
  • Affiche Der Film, pour le Kunstgewerbemuseum de Zurich (1960)
  • Signalétique pour les chemins de fer fédéraux suisses (1993)

Polices typographiques

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  • Olivetti Candia, une fonte à chasse fixe, commandée en 1968 par Olivetti pour ses machines a écrire à technologie "boule de golf"[15],[16]. Cette police a inspiré plusieurs réinterprétations digitales, dont Lettera (2008), par le typographe Kobi Benezri[15], et Josef, par l'atelier Carvalho Bernau[17].

Bibliographie

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Livres publiés par Josef Müller-Brockmann

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Les problèmes d'un graphiste (1961)

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  • "The Graphic Artist and his Design Problems," Teufen 1961.
  • (en + de + fr) Josef Müller-Brockmann (trad. D. Q. Stephenson et Paul Gratwohl), The graphic designer and his design problems : creative problems of the graphic designer ; design and training in graphic design = Gestaltungsprobleme des Grafikers = Les problèmes d'un graphiste, Niederteufen, Arthur Niggli, , 160 p. (ISBN 978-0-8038-2724-0 et 978-3-7212-0027-0, OCLC 74627474).

Histoire de la communication visuelle (1971)

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  • "Geschichte der visuellen Kommunikation," Niederteufen 1971.
  • (en) Josef Müller-Brockmann, A History of Visual Communication, Hastings House Daytrips Publishers, , 334 p. (ISBN 0-8038-3059-9).

Histoire de l'affiche (1971)

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  • Josef Muller-Brockmann, Shizuko Yoshikawa, "Geschichte des Plakates," Zurich 1971.
  • (de + en + fr) (de + fr + en) Josef et Shizuko Müller-Brockmann, Geschichte des Plakates = Histoire de l'affiche = History of the poster, Phaidon, , 244 p. (ISBN 978-0-7148-4403-9).

Grid Systems (Niggli, 1981)

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  • (de) (en) Josef Müller-Brockmann, Grid Systems in Graphic Design : a visual communication manual for graphic designers, typographers and three dimensional designers Rastersysteme für die visuelle Gestaltung : ein Handbuch für Grafiker, Typografen und Ausstellungsgestalter »], Sulgen/Zürich, Arthur Niggli, , 176 p. (ISBN 978-3-7212-0145-1, OCLC 456134739).
  • (fr + it) Josef Müller-Brockmann (trad. de l'allemand), Systèmes de grille pour le design graphique : Un manuel pour graphistes, typographes et concepteurs d’expositions Rastersysteme für die visuelle Gestaltung : ein Handbuch für Grafiker, Typografen und Ausstellungsgestalter »], Genève/Paris, Entremonde, , 176 p. (ISBN 978-2-940426-35-5).
  • "Graphic Design in IBM, Typography, Photography, Illustration," Paris 1988.
  • Josef Muller-Brockmann, Karl Wobmann, "Fotoplakate - Von den Anfangen bis zur Gegenwart," Aarau 1989.
  • "Mein Leben: Spielerischer Ernst und ernsthaftes Spiel", Baden, 1994. Edité à l'occasion de l'exposition "Josef Müller-Brockmann, Visuelle Kommunikation und Konstruktive Gestaltung, ein Pionier der Plakatkunst".

Sur l'œuvre de Josef Müller-Brockmann

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Alexander Weber, « Müller-Brockmann, Josef » [archive du ], sur Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), (consulté le )
  2. « Josef Müller-Brockmann », sur larousse.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) « Josef Müller-Brockmann », sur Shizuko Yoshikawa und Josef Müller-Brockmann Stiftung (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) Lars Müller et Josef Müller-Brockmann, Josef Müller-Brockmann : Pioneer of Swiss Graphic Design, Lars Müller Publishers, , 262 p. (ISBN 978-3-906700-89-2, OCLC 803136508), p. 32
  5. Georg Sütterlin, « Libiszewski, Serge » [archive du ], sur Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), (consulté le )
  6. (de) Dorothea Strauss, « Atmen und Leuchten », Neue Zürcher Zeitung, , p. 13 (lire en ligne Accès payant)
  7. 1 2 (en-US) Steven Heller, « The Swiss Grid », sur Design Observer, (consulté le )
  8. (en) « Gestaltungsprobleme des Grafikers », sur www.niggli.ch (consulté le )
  9. Robin Kinross (trad. de l'anglais), La typographie moderne : un essai d'histoire critique, Paris, B42, , 279 p. (ISBN 978-2-917855-27-0, OCLC 795499284, lire en ligne), p. 146
  10. raccourci, « shizuko yoshikawa », sur www.shizukoyoshikawa.ch (consulté le )
  11. (de) Jiri Vurma, « Shizuko Yoshikawa », sur SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz, (consulté le )
  12. Linda King, Circa Art Magazine, 2004.
  13. I have come to value Akzidenz grotesk more than its successors Helvetica and Univers. It is more expressive and its formal foundations are more universal.” (, p. 3.)
  14. The formal organization of the surface by means of the grid […] and the meaningful use of color are among the tools a designer must master in order to complete his or her task in a rational economic manner..
  15. 1 2 « Kobi Benerzi - LL Lettera - About this Font », sur lineto.com (consulté le )
  16. (en) María Ramos Silva, Type design for typewriters : Olivetti, , 90 p. (lire en ligne)
  17. (en) Atelier Carvalho Bernau, « Subalpine - Josef Müller-Brockmann fitting the typewriter's grid », Footnotes, , p. 10-13 (ISSN 2504-0413)

Voir aussi

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