Josefa Úriz Pi

professeure espagnole

Josefa Úriz Pi, plus connue sous le nom de Pepita,est une institutrice, pédagogue et activiste politique espagnole née le à Badostáin, Valle de Egüés (Navarre) et morte le à Berlin-Est (République démocratique allemande). Avec sa sœur Elisa Úriz Pi (1893-1979), elle milite au Parti communiste d'Espagne. Elles s'exilent toutes les deux après la guerre civile espagnole, et participent à la résistance française à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Expulsées de France en 1951, elles s'installent à Berlin-Est.

Josefa Úriz Pi
Biographie
Naissance
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Nom de naissance
Josefa Úriz PiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
Elisa Úriz Pi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique

Biographie

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Josefa est la fille de Filomena Pi Céspedes et de Benito Úriz Erro, capitaine d'infanterie. Elle a une sœur, Elisa, et deux frères, Miguel et Francisco.

Après ses études secondaires en Navarre, Josefa se rend à Madrid où, entre 1909 et 1912, elle passe une licence de Sciences à l'École d'études supérieures d'enseignement. En 1914 elle occupe un poste à l'École d'instituteurs de Gérone, où elle est directrice temporairement en 1919 ; à cette époque elle a une bourse du Comité de développement des études à Bruxelles, où elle est en contact avec Ovide Decroly.

Le elle obtient le poste de professeur de pédagogie à l'École Normale d'enseignement féminine de Lleida, où dès le début elle s'oppose aux méthodes traditionnelles de la directrice, Lilian Heras. Les approches pédagogiques modernes de Josefa Úriz, comme de proposer à ses élèves la lecture de livres de Margarita Nelken, Ramon Turró y Darder ou Pedro Dorado Montero, font scandale auprès des forces réactionnaires de la capitale catalane. L'Association nationale des chefs de famille publie un écrit « réclamant son expulsion du corps professoral… parce qu'elle diffuse des doctrines contraires à la religion de l'État et à la morale chrétienne… et qu'elle attente à la pudeur des élèves en leur expliquant dans les termes les plus crus et avec des dessins au tableau ce que sont la syphilis, les fonctions de reproduction et le droit de la femme à user de son corps comme elle l'entend… ». Pepita Úriz est dénoncée par l'évêque de Lérida Josep Miralles y Sbert au recteur de l'université qui décide l'ouverture d'un dossier disciplinaire. Le processus est diffusé dans la presse locale, dans El Ideal (organe de la Jeunesse Républicaine de Lérida) et plus tard dans la presse nationale. Plusieurs intellectuels éminents (Santiago Ramón y Cajal, Miguel de Unamuno, Manuel Bartolomé Cossío, Antonio Machado, Ramón Menéndez Pidal ou Américo Castro) signent un manifeste en défense de Pepita Úriz, qui paralyse le processus, provoquant la démission du ministre de l'éducation[1].

Toutefois, l'arrivée au pouvoir de la dictature de Primo de Rivera rouvre le processus et finalement, en 1925 Pepita Úriz est sanctionnée d'un an de bannissement à 100 km de la ville, sans emploi ni salaire. Le , une fois accomplie la sanction, elle revient à son poste[2].

Activisme politique

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Après la Proclamation de la Seconde République Espagnole, les Écoles Normales de femmes et hommes sont réunies en une seule, et en Josefa est nommée directrice de l'École unifiée. Décidée à moderniser le centre, elle y introduit les méthodes pédagogiques de María Montessori, Célestin Freinet, Ovide Decroly et Jean Piaget[3]. Elle crée la première chaire d'étude du catalan, ouvre une résidence laïque pour que les jeunes ne soient pas obligés de se loger dans des couvents et modernise la bibliothèque de l'école, avec une salle de lecture et gestion de prêt de livres[4].

Engagée politiquement avec les milieux ouvriers de Lleida, Pepita collabore avec la CNT et avec le Bloc ouvrier et paysan, avec l'Association Ilerda ou l'Athénée Populaire Lleidatà. Elle est aussi l'une des fondatrices du Groupe Latido (1930-1936), partisan des idées de Célestin Freinet, et édite la revue École à partir de 1932. En 1932 elle est nommée secrétaire générale de la Fédération des travailleurs de l'enseignement, la FETE-UGT, à Lleida et participe à des missions pédagogiques dans le Val d'Aran. En elle est relevée de la charge de directrice de l'École Normale et remplacée par Felip Solé i Olivé, ce qui provoque une grève des étudiants de 48 heures dirigée par Dolores Piera et Josefa Reimund. Le elle est nommée vice-présidente de la FETE-UGT de Barcelone, et avec sa sœur participe à la création de l'Union des femmes antifascistes.

Peu avant le début de la guerre civile espagnole, Pepita militait au Parti Communiste de Catalogne, et avec sa sœur rejoint le PSUC. Lorsque la guerre éclate, elle est nommée à nouveau directrice de l'École Normale, mais peu après envoyée en commission de services à Barcelone, où en elle est nommée secrétaire générale du syndicat FETE-UGT. À partir du elle est présidente de la commission d'enseignement artistique au premier Conseil de l'École Nouvelle Unifiée (CENU), où elle représente son syndicat et est l'une des principales théoriciennes du socialisme dans l'enseignement. En elle préside le premier Congrès de FETE à Barcelone, et le de la même année est nommée directrice générale de l'Évacuation et des Réfugiés du gouvernement de la République, travaillant alors à la protection et à l'évacuation d'enfants affectés par la guerre[5].

En elle s'exile en France avec sa sœur, où toutes les deux travaillent en faveur des instituteurs internés dans des camps de concentration français. Plus tard, pendant l'occupation de la France par les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale, elles participent à la Résistance française dans le groupe de José Miret i Musté et de son frère Conrad jusqu'à ce qu'en 1942, le groupe soit démantelé par la Gestapo (Josep et Conrad sont morts aux mains des SS, le premier dans le camp d'extermination de Mauthausen et le second au cours des séances de torture préalables).

Les sœurs Úriz, qui ont réussi à fuir, rejoignent l'Union nationale espagnole dirigée par Jesús Monzón Repáraz. Mais au terme de la Seconde Guerre mondiale, les autorités espagnoles leur ouvrent un dossier au Tribunal de Responsabilités Politiques (dans le cadre de ce qu'on appelle « opération Bolero » qui, à partir de 1950, profite du jeu de la guerre froide pour pourchasser les espagnols républicains en exil). Les sœurs navarraises sont expulsées de France en . Déplacées de l'autre côté du Rideau de fer, elles s'établissent à Berlin-Est, où elles travaillent en faveur des exilés espagnols. Pepita Úriz meurt en 1958 ; Elisa, sa sœur, finit par rentrer en Espagne après le franquisme[pas clair], où elle meurt octogénaire.

Reconnaissances

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Depuis 2014 l'école publique de Sarriguren (Valle de Egüés) et une place de la localité portent son nom[6].

Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Josefa Úriz Pi » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. (es) « HISTORIA Y COMPROMISO DE LAS HERMANAS ÚRIZ » (consulté le )
  2. (ca) Quintí Casals Bergés, "Josefa Uriz" , Dones de Lleida: de la restauració a la Guerra Civil, Lleida, Alfazeta, , p. 97-103
  3. (es) « Hermanas Úriz Pi » (consulté le )
  4. (es) « Hermanas Úriz Pí », publico.es (consulté le )
  5. (ca) « Hermanas Uriz i Pi », Universitat de Lleida (consulté le )
  6. (es) « Josefina Uriz Pi » (consulté le )

Liens externes

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