Joseph Antoine Boisset

personnalité politique française

Joseph Antoine Boisset, né le à Montélimar (généralité de Grenoble, actuel département de la Drôme), mort le à Montboucher-sur-Jabron (département de la Drôme)[1], est un homme politique de la Révolution française.

Joseph Antoine Boisset
Fonctions
Député de la Drôme

(3 ans, 1 mois et 18 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montélimar
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Montboucher-sur-Jabron, France
Nationalité Française
Parti politique Montagne
Profession Avocat

Biographie

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Joseph Antoine Boisset naît le à Montélimar. Il est le fils de Joseph Boisset, conseiller du roi et receveur des tailles, et de son épouse, Rose Valérian. Son frère cadet est le général Joseph-Valérian de Boisset.

Sous l’Ancien Régime, Joseph Antoine Boisset exerçait la profession d’avocat à Montélimar (Drôme). En 1790, il devient administrateur de ce district.

Mandat à la Convention

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La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris, prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Joseph Antoine Boisset est élu député du département de la Drôme, le sixième sur neuf, à la Convention nationale[2].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[3] :

Il m'est inutile de chercher dans cette affaire à opposer les préceptes de la raison à ce que nous appelons les principes de la politique. [...] Il me suffit du souvenir des massacres du jardin des Tuileries, de Nancy, du Champ-de-Mars, de Nîmes, de Montauban, de Jalès ; il me suffit des motifs de l'incursion des puissances étrangères sur notre territoire [...].

Républicains français, mes commettants m'ont chargé du soin de statuer sur le sort de celui que vous avez accusé. C'est d'après les motifs que je vous ai exposés ci-dessus, que je prononce.

Le sang des citoyens a coulé, je l'ai vu. Louis XVI est l'auteur de cet exécrable forfait, la preuve m'en est acquise, il a mérité la mort, j'y conclus.

Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[4]. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[5].

Le , aux côtés de Moyse Bayle (député des Bouches-du-Rhône), Joseph Antoine Boisset est envoyé en mission dans les départements des Bouches-du-Rhône et de la Drôme afin d'y accélérer la levée en masse[6]. Le , il est envoyé dans les départements de l'Ardèche et de la Drôme afin d'y accélérer la levée en masse[7].

En mission à Marseille, dans l’Hérault et le Gard, en Saône-et-Loire, dans l’Ain. Il fut un représentant en mission plutôt modéré. Certaines sociétés populaires de Montpellier et d’Agde lui sont hostiles, il écrit au Comité de sûreté générale le  : « Les intrigants d’Agde, de Cette (Sète) et de Montpellier doivent me dénoncer, je vous préviens… Les déclarations des malheureux habitants des campagnes, qui ont été pillés et taxés par la horde des scélérats qui veut régner, font mouvoir les passions ».

Terroriste modéré, il fut accusé par les Jacobins de Nîmes d’avoir commis des exactions, entre autres, d’avoir malmené le maire qu’il avait destitué, un partisan zélé de Jean-Paul Marat. La Convention lui intime l’ordre de rentrer à Paris.

Après le 9 thermidor an II (), il est envoyé en mission à Lyon où il apporta son soutien dans la chasse aux terroristes, puis dans l’Ain où il fit libérer les nobles, les prêtres réfractaires et les parents d’émigrés emprisonnés par les « terroristes ».

Image d'une lettre autographe de Boisset au Comité de sûreté générale.
Boisset décrit les évènements survenus la veille dans la "Prison de Roanne" (Palais de Justice de Lyon)

En avril 1795, on le retrouve en mission dans l’Ain, l’Isère et le Rhône, dans ces départements il pourchasse les terroristes : « Il ne faut pas qu’un seul des scélérats qui ont opprimé leurs concitoyens, qu’un seul suppôt de la tyrannie conserve les moyens de nuire ». En tout cas Joseph Antoine Boisset sut intelligemment s’adapter à la réaction thermidorienne.

À son retour à Paris, le vent politique ayant tourné de la droite vers la gauche, il se mit à attaquer les royalistes.

Sous le Directoire, il est élu au Conseil des Anciens par le département de la Drôme. Réélu en 1798 par le département de l'Ardèche, il se retira de la vie politique sous le Consulat et le Premier Empire.

De retour dans son pays natal, il vécut de sa modeste situation d’inspecteur des poids et mesures et finit sa vie comme conseiller de préfecture du département de l'Ardèche. Il meurt le à Montboucher, près de Montélimar[8].

Voir aussi

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Bibliographie

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Références

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  1. Archives départementales de la Drôme, « État civil, registre des décès de 1813 à 1822, vue 132 / 182, 5 Mi 89/R8 » Accès libre, sur https://archives.ladrome.fr (consulté le )
  2. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 6 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Acte de décès de Joseph Antoine Boisset, Registre d'état-civil de la commune de Montboucher-sur-Jabron (1813-1822), cote 5 Mi 89/R8, Archives départementales de la Drôme, 182 p. (lire en ligne), p. 132

Articles connexes

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Liens externes

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