Joseph Boniface de La Môle

noble français, favori du prince François d'Alençon sous le règne de Charles IX.

Joseph Boniface, seigneur de La Môle, né vers 1547-1548[1] en Provence et mort décapité le à Paris, est un gentilhomme français des règnes d'Henri II, François II et Charles IX.

Joseph Boniface de la Môle
Scène dans la chambre à coucher de Marguerite de Valois pendant la nuit de la Saint-Barthélemy.
Biographie
Naissance
1547/1548
MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès

Favori du duc François d'Alençon, frère du roi, il est principalement connu pour sa participation à la conjuration des Malcontents (février-), qui aboutit à sa condamnation à mort, aux côtés d'un autre membre de la suite ducale, Annibal de Coconas.

Il est connu notamment à travers le roman de Stendhal Le Rouge et le Noir, dans lequel un des personnages, Mathilde de la Mole, appartient à la même famille.

Biographie

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Origines familiales et formation

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Issu d'une famille provençale, il est le fils de Jacques Boniface, seigneur de La Môle et de Colobrières, originaire de Marseille, et de Marguerite de Pontevès. Ces trois localités sont situées dans l'actuel département du Var.

Carrière

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Il entre au service du prince François, quatrième fils d'Henri II et duc d'Alençon.

Né en 1555, François d'Alençon ne joue pas de rôle politique notable avant le début des années 1570. En revanche, son frère Henri, duc d'Anjou, né en 1551, est promu lieutenant général du royaume à la mort du maréchal Anne de Montmorency en 1567.

Depuis 1562, le royaume est en proie aux guerres de Religion. En , a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy. Dans ces circonstances tragiques, alors que le gouvernement est désormais dominé par le duc Henri de Guise, François d'Alençon (âgé de 17 ans en 1572) se rapproche en 1573 du parti des « Malcontents », c'est-à-dire ceux qui s'opposent la politique menée par le roi et la reine mère Catherine de Médicis depuis le massacre. Leur chef de file est le duc François de Montmorency (fils d'Anne).

Un événement important pour François d'Alençon est le départ d'Henri d'Anjou pour la Pologne, dont il a été élu roi en .

La conjuration des Malcontents (février-avril 1574)

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La conjuration des Malcontents est un complot dont l'objectif immédiat est de faire partir de la cour à la fois François d'Alençon et Henri, roi de Navarre (1553-1610), premier prince du sang et époux de Marguerite de Valois, sœur du roi (1553-1615). Au-delà de cette évasion, il s'agit de faire de François d'Alençon l'héritier présomptif de Charles IX, alors malade, et de prendre le contrôle du gouvernement (au détriment des Guise et des conseillers italiens de Catherine de Médicis).

Aussi bien François d'Alençon que Joseph Boniface de La Môle font directement partie des conjurés.

Une première tentative a lieu en . Des troupes sont convoquées à Saint-Germain où réside la cour afin d'escorter les deux princes en fuite, mais leur arrivée prématurée provoque le départ précipité de la cour pour Paris (« effroi de Saint-Germain ») et du roi, alité, pour le château de Vincennes. Plutôt que d'attendre d'être découvert, François d'Alençon, accompagné de La Môle, se rend auprès de Catherine de Médicis pour tout avouer. Charles IX, informé, accorde son pardon.

Une deuxième tentative est prévue pour , mais elle est éventée avant la moindre réalisation. Cette fois, la réaction est plus dure : arrestations, enquête, perquisitions, interrogatoires, parfois assortis de la « question ».

Enquête et condamnation à mort de La Môle (30 avril 1574)

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Le logement de La Môle est fouillé et on y découvre une figurine de cire piquée d'aiguilles, fournie par l'astrologue Côme Ruggieri. La figurine est identifiée comme une représentation de Charles IX.

La Môle est accusé d'avoir voulu tuer le roi, ainsi qu'Annibal de Coconas, membre de la suite de François d'Alençon. Soumis à la question, ils sont condamnés à mort le . Une demande de grâce venant de François d'Alençon et de Marguerite de Valois[réf. nécessaire] est rejetée par le roi (qui va mourir un mois plus tard, le ).

Ils sont tous deux décapités en place de Grève, le jour même de leur condamnation.

Rumeurs et pamphlets sur Joseph Boniface de La Môle

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Le destin de Joseph de La Môle a très vite suscité des rumeurs et des légendes.

D'après certaines rumeurs[réf. nécessaire], il aurait été l'amant de Marguerite de Valois, mais aussi de François d'Alençon.

Un pamphlet protestant de 1607, Le Divorce satyrique, affirme que Marguerite de Valois aurait emporté la tête de son amant après l'exécution, l'aurait fait embaumer et l'aurait conservée dans un cabinet derrière son lit à l'hôtel de Nesle.

On raconte aussi que Marguerite aurait fait ensevelir le corps de son amant dans l'actuelle rue Yvonne-Le-Tac[2].

La Môle dans la littérature

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  • Alexandre Dumas s'est inspiré de sa vie, qui apparaît sous le nom de « Lerac de La Mole » dans le roman La Reine Margot.
  • Stendhal parle aussi de lui dans son roman Le Rouge et le Noir : Julien Sorel, le héros, travaille pour le marquis de La Mole, descendant de Joseph Boniface de La Môle, qui fascine la fille du marquis, Mathilde, dont Julien devient l'amant. L'histoire de sa mort est racontée dans le roman au livre II, chapitre X. De surcroît, à la fin du roman, Julien Sorel étant exécuté pour avoir essayé de tuer sa première maîtresse Mme de Rênal, Mathilde emporte sa tête avec elle, reproduisant le geste supposé de Marguerite de Valois.

Notes et références

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  1. Queen Internet Archive, Mémoires de Marguerite de Valois, Toulouse : Éditions Ombres, (ISBN 978-2-905964-94-6, lire en ligne)
  2. Gustave Pessard (préf. Charles Normand), Nouveau dictionnaire historique de Paris, Paris, Eugène Rey, , 1693 p. (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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