Jukums Vācietis
Jukums Vācietis (en russe : Иоаким Иоакимович Вацетис, Ioakim Ioakimovitch Vatsetis), né le à Jaunmuiža et mort le , est un militaire soviétique d'origine lettonne.
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Empire russe, Russie soviétique (en), Union soviétique |
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- |
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Professeur titulaire (en) |
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Armée impériale russe (- |
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C'est le premier commandant en chef de l'Armée rouge nouvellement constituée en 1918.
Lors des Grandes Purges, il est arrêté et accusé d'espionnage et de participation à une organisation terroriste contre-révolutionnaire[1]. Il est fusillé le . Il est réhabilité après la mort de Staline.
Biographie
modifierJukums Vācietis naît le 11 novembre 1873 dans la paroisse de Jaunlutriņi dans le nord de Saldus, au sein d'une famille nombreuse. Son père était domestique sur le domaine de Jaunmuiža (Gut Neuhof). Scolarisé à l'école paroissiale de Šķēde, à l'école de Jaunmuiža et à l'école pastorale de Kuldīga, il travaille dès son plus jeune âge à la fabrique d'allumettes Vulkāns. À cette époque, il participe également, comme bénévole, à la collecte du folklore letton, qui se déroulait alors à grande échelle en Lettonie. L'accès à l'enseignement supérieur lui était interdit, sa famille n'en ayant pas les moyens. C'est pourquoi, à l'âge de 18 ans, il choisit une carrière militaire[2]. En septembre 1891, il entre au bataillon d'entraînement des sous-officiers de Riga. Un an plus tard, il intégra l'école militaire de cadets de Vilnius, dont il sort diplômé en 1897[2]. Il commence alors son service à la garnison de la forteresse de Kaunas. En 1902, Vācietis poursuit sa carrière au sein du bataillon des sous-officiers de Riga. En 1905, il est promu capitaine d'état-major, puis, en 1906, il entra à l'École militaire d'état-major Nicolas de Saint-Pétersbourg[3]. Après sa formation, le capitaine Vācietis servit à Kaunas et à Daugavpils, avant d'être nommé lieutenant-colonel et commandant du 102e régiment d'infanterie Viatka à Grodno en 1912.
Au début de la Première Guerre mondiale, il participe, en tant que commandant de bataillon, à l'opération de Prusse-Orientale et aux combats de novembre 1914 près de Varsovie[4]. Après avoir été soigné dans un hôpital militaire, il enseigna la tactique à l'École militaire de Vilnius à partir de février 1915. En novembre 1915, Jukuma Vācietis fut nommé commandant du 5e bataillon de tirailleurs lettons Semigallian et promu colonel[2]. Après les combats de juillet 1916, il défendit avec ferveur l'idée de transformer les bataillons lettons en régiments. Après la révolution d'octobre, il se rallie aux bolcheviks. Vācietis fut l'un des plus hauts responsables soviétiques à ne jamais adhérer au Parti communiste[2].
Après le retrait des troupes russes de Riga, Vācietis fut nommé commandant de la 12e armée en novembre 1917. En février 1918, il réprime le soulèvement du 1er corps polonais de Dovbor-Muņički en Biélorussie. Après la signature du traité de Brest-Litovsk, Vācietis prend le commandement de la division de tirailleurs lettons qui réprime l'insurrection des SR de gauche à Moscou les 6 et 7 juillet 1918. En juillet 1918, Vācietis est nommé commandant du front de l'Est dont le quartier général est situé à Kazan qu'il défend avec ses troupes contre l'Armée populaire du Komoutch. Il perd cette bataille, mais réussit à s'évader avec un petit groupe[5].
Du 2 septembre 1918 au 8 juillet 1919, il est commandant en chef de toutes les forces armées de la RSFSR. De janvier à mars 1919, il fut simultanément commandant de l'armée de Lettonie soviétique[6].
Après l'invasion de la Lettonie par l'Armée rouge en janvier 1919, il fut également nommé commandant en chef de l'armée soviétique lettone, mais démis de ses fonctions en mars. Après plusieurs revers militaires, le 8 juillet 1919, Vācietis est démis de son poste de commandant en chef des forces armées russes sur ordre de Léon Trotski. Libéré après une enquête en août 1919, il est affecté au Conseil militaire révolutionnaire chargé des « missions particulièrement importantes » et participe à l'élaboration de documents d'orientation pour l'Armée rouge[5].
En 1919-1921, Vācietis est maître de conférences à l'Académie militaire de l'État-major. A partie de 1921, il enseigne l'histoire de la guerre et la psychologie militaro-sociale à l'Académie militaire Frounze et publie plusieurs ouvrages notamment le livre La signification historique des fusiliers lettons. En 1935, il est promu commandant d'armée de second rang (correspondant ultérieurement au grade de colonel général), mais le 29 novembre 1937, lors d'une pause entre les cours, il est arrêté. Sous la torture et les coups, Vācietis aurait avoué avoir « préparé un coup d'État contre-révolutionnaire » et avoir participé, avec 20 officiers supérieurs de l'Armée rouge, à une « organisation d'espionnage terroriste fasciste lettone », ainsi qu'avoir espionné pour l'Allemagne (à partir de 1918) et la Lettonie (à partir de 1921)[5],[7].
Le 28 juillet 1938, le Collège militaire de la Cour suprême de l'URSS, conformément à l'article 58 du code pénal de la RSFSR le condamne à mort par fusillade, et l'exécution a lieu le jour même sur le site de Kommounarka à Moscou[7].
Réhabilité à titre posthume le 28 mars 1957 par la Cour suprême de l'URSS[7].
Vie privée
modifierEn 1904, il épousa Margareta Kerger. Ils eurent trois enfants : Irēna, Jukums et Vera. Margareta Kerger et ses filles sont parties pour l'Allemagne en 1939, tandis que son fils est resté en Lettonie. Après la Seconde Guerre mondiale, la mère et ses filles ont émigré aux États-Unis.
Postérité
modifierIl est l'un des protagonistes du film Six juillet (1968) de Youli Karassik, interprété par Harijs Liepiņš. Une rue de Riga (Jukuma Vācieša iela) située à Pļavnieki porte son nom depuis le 26 janvier 1983.
Notes et références
modifier- ↑ (en) Stephen Kotkin, Stalin : Paradoxes of Power, 1878-1928, vol. I, Penguin UK, , 976 p. (ISBN 9780718192983, lire en ligne)
- 1 2 3 4 (en) Uldis Ģērmanis, « Zemgallian Commander. Colonel Vācietis and the Latvian Riflemen in World War I and the October Revolution », Jaunā Gaita, no 92, (lire en ligne)
- ↑ (en) Aldis Purs, Andrejs Plakans, Historical Dictionary of Latvia, Bloomsbury Publishing, (ISBN 9798216207986, lire en ligne), p. 341
- ↑ (en) Peter Whitewood, « Nationalities in a Class War: «Foreign» Soldiers in the Red Army during the Russian Civil War », ResearchGate, (lire en ligne)
- 1 2 3 (en) « How Latvian riflemen lost control of Russia's gold reserves », sur lsm.lv,
- ↑ (en) Jonathan D. Smele, Historical Dictionary of the Russian Civil Wars, 1916-1926, Bloomsbury Publishing, , 1470 p. (ISBN 9798216310358, lire en ligne), p. 1256
- 1 2 3 (en) Jonathan Smele, The 'Russian' Civil Wars, 1916-1926 : Ten Years That Shook the World, Oxford University Press, , 464 p. (ISBN 9780190613495, lire en ligne)
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :