Jules Bordet
Jules Bordet, né le à Soignies en Belgique et mort le à Bruxelles en Belgique, est un immunologiste et un microbiologiste belge. Il est lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1919[1].
| Nom de naissance | Jules Jean-Baptiste Vincent Bordet |
|---|---|
| Naissance |
Soignies (Belgique) |
| Décès |
(à 90 ans) Bruxelles (Belgique) |
| Nationalité |
|
| Domaines | immunologiste, microbiologiste |
|---|---|
| Institutions | Institut Pasteur, Université libre de Bruxelles |
| Renommé pour | Ses travaux relatifs au Système immunitaire, dépistage de la syphilis (réaction Bordet-Wasserman) |
| Distinctions | Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1919 |
Biographie
modifierJules Jean-Baptiste Bordet, né le à Soignies (Belgique) est le fils de Charles Bordet, instituteur, et de Marie-Thérèse Vandenabeele .Le , il épouse à Schaerbeek Marthe Levoz qui lui donne trois enfants. Son fils, Paul Bordet, était aussi médecin.
Il fait ses études primaires à l'école moyenne de Schaerbeek.et ses études secondaires à l'Athénée royal de Bruxelles. En 1886, il entame des études de médecine à l'Université libre de Bruxelles. En 1892, Il obtient le diplôme de docteur en médecine[2]. Son mémoire, Adaptation des virus aux organismes vaccinés, lui permet d'obtenir une bourse du gouvernement. Grâce à celle-ci, il exerce pendant un an les fonctions de médecin adjoint à l'Hôpital maritime Roger de Grimberghe, à Middelkerke[2].
En 1894, il commence ses travaux dans le laboratoire d'Élie Metchnikoff à l'Institut Pasteur de Paris. Il y observe les globules blancs phagocytant des bactéries. En 1898, il décrit l'hémolyse des globules rouges exposés à un sérum sanguin étranger. En 1895, il veille Louis Pasteur sur son lit de mort.
En 1900, il quitte Paris pour fonder l'Institut Pasteur du Brabant, qu'il dirige de 1901 à 1940. Il y découvre que l'effet bactéricide des anticorps spécifiques acquis est considérablement amélioré in vivo par la présence d'un élément du sérum qu'il nommera alexine mais qui sera plus tard nommé complément. Ce mécanisme est utilisé pour développer un test sérologique de dépistage de la syphilis (réaction Bordet-Wasserman), puis son emploi sera généralisé à tous les tests reposant sur la méthode de fixation de complément utilisée pour dépister un très grand nombre de maladies aujourd'hui encore.
En 1906, en coopération avec Octave Gengou, il isole la bactérie Bordetella pertussis (« bacille de Bordet-Gengou ») et formule, à raison, l'hypothèse qu'elle était à l'origine de la coqueluche.
En 1907, il est nommé professeur de bactériologie, parasitologie et pathologie générale des maladies infectieuses à l'Université de Bruxelles où il enseigne sa vie durant. Il devient membre étranger de la Royal Society en 1916.
Le , il est initié franc-maçon à Bruxelles dans la loge « Les Amis Philanthropes N°2 » du Grand Orient de Belgique.
Il est lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1919 « pour ses découvertes relatives à l'immunité[1] ». Éminent pionnier de la microbiologie, Jules Bordet a été le premier scientifique belge à se voir récompensé du prix Nobel de physiologie ou médecine.
En 1921, il siège brièvement comme sénateur libéral coopté du Hainaut en remplacement de Léon Hiard, décédé.
Fédéraliste résolu, il a milité dans l’entre-deux-guerres pour la promotion de la Wallonie et de la Belgique francophone. En 1935, il est parmi les lauréats du Prix quinquennal des Amis du Hainaut, avec Jules Destrée et Georges Lemaître.
Dès 1924, il fait partie de la direction scientifique du Centre des Tumeurs de l'hôpital Brugmann à Bruxelles et par la suite, en 1935, un nouvel institut portera son nom. En 1933, il est appelé à présider le Conseil scientifique de l’Institut Pasteur de Paris.
Il était membre de l'Académie de médecine, de l'Académie des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique et membre de nombreuses académies à l'étranger.

Le , il est décède à Bruxelles et reçoit des funérailles officielles avec les honneurs militaires. Il a été enterré au cimetière d'Ixelles ainsi que son épouse [3].
Publications
modifier- Adaptation des virus aux organismes vaccinés, Annales de l'Institut Pasteur, 6e année, Paris, p. 328 334.
- Traité de l'immunité dans les maladies infectieuses, éd. Masson et Cle, Paris, 1920 réédité en 1939.
- Infection et Immunité, Bibliothèque de Philosophie scientifique, Paris, 1947.
Hommages et distinctions
modifierEn 1950, ses traits sont immortalisés sur toile par l'artiste peintre Paul Delvaux. Son buste a été réalisé par Adolphe Wansart.
L'astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes (9447) Julesbordet a été nommé en son honneur. Les bactéries du genre Bordetella lui doivent leur nom.
Son nom a été donné à l'Avenue Jules Bordet, à la gare de Bordet et à l'Institut Jules Bordet à Bruxelles. Un timbre à son effigie a été émis en Suède en 1979 (série des Lauréats des Prix Nobel)[4].
Il était docteur honoris causa de nombreuses universités à l'étranger et lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1919 « pour ses découvertes relatives à l'immunité[1] ».
Les distinctions suivantes lui ont été remises[5] :
Grand officier de l'ordre de Léopold (Belgique) (Belgique) ;
Grand-croix de l'ordre de la Couronne (Belgique) ;
Grand officier de la Légion d'honneur (France) ;- Grand officier de l'ordre de l'Étoile polaire (Suède) ;
- Grand-Croix de l'ordre de la Couronne de Roumanie ;
Commandeur de l'ordre de la Couronne de chêne (Luxembourg).
Notes et références
modifier- 1 2 3 (en) « for his discoveries relating to immunity » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1919 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 22 novembre 2010.
- 1 2 Biographie nationale, Bruxelles, Emile Bruylant, (lire en ligne), p. 26
- ↑ « Marthe Levoz Bordet (1876-1961) - Mémorial Find a... », sur fr.findagrave.com (consulté le )
- ↑ Catalogue mondial Yvert & Tellier de cotation. Timbres d'Europe.
- ↑ « Mort du professeur Jules Bordet », Le Soir, , p. 2 (lire en ligne
)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Thierry Appelboom, Jules Bordet, homme et génie, Collection musée de la médecine.
- Jacques Beumer, Jules Bordet (dans Biographie nationale), Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1973.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Biographie nationale de Belgique
- Britannica
- Brockhaus
- Den Store Danske Encyklopædi
- Deutsche Biographie
- Dictionnaire des Wallons
- Gran Enciclopèdia Catalana
- Hrvatska Enciklopedija
- Internetowa encyklopedia PWN
- Nationalencyklopedin
- Munzinger
- Proleksis enciklopedija
- Store norske leksikon
- Treccani
- Universalis
- Visuotinė lietuvių enciklopedija
- (en) Biographie sur le site de la fondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)
- Capsule vidéo Biographique réalisée par l'Université libre de Bruxelles pour le centenaire du Prix Nobel de Jules Bordet.
- Institut Jules Bordet : Jules Bordet (1870-1961)
- Institut Jules Bordet : Le portrait de Jules Bordet par Paul Delvaux : Une rencontre de géants
- Jules Bordet (Biographie, Publications, Exposition) dans la Digithèque de l'Université libre de Bruxelles
- Les Amis des Instituts Pasteur à Bruxelles : Biographie de J. Bordet
- Académie royale de Médecine de Belgique : Éloge de feu le professeur Jules Bordet (prix Nobel de Médecine et de Physiologie en 1919) par André Govaerts
- (en) « Jules Bordet », sur Find a Grave