Jules Thurmann
Jules Thurmann, né le à Neuf-Brisach (Haut-Rhin, France) et mort le à Porrentruy (Suisse), est un géologue et botaniste suisse, principalement connu pour ses travaux sur la géologie du massif du Jura, notamment pour avoir établi les lois régissant le plissement et la structure du massif jurassien, ainsi que pour être l'un des pionniers de la phytosociologie.
| Président Société jurassienne d'émulation | |
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Xavier Kohler (d) | |
| Député suisse District de Porrentruy | |
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| Directeur | |
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| Député suisse District de Porrentruy | |
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| Professeur de mathématiques (d) | |
| à partir de | |
| Député au Grand Conseil du canton de Berne |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Surnom |
Fou des pierres |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père |
Louis Georges Ignace Thurmann |
| Mère |
Marie-Thérèse Raspieler |
| Membre de | |
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| Abréviation en botanique |
Thurm. |
Biographie
modifierEnfance et études
modifierJules Thurmann est né le dans le village de Neuf-Brisach, en Alsace. Il est le fils de Louis Georges Ignace Thurmann (1776-1806), capitaine du génie ayant participé à l'expédition d'Égypte[1],[2], qu'il perd à l'âge de 15 mois et de Marie-Thérèse Raspieler[2] qui élève son fils dans sa ville natale de Porrentruy, en Suisse, à la suite du décès de son mari[3]. Durant les quinze premières années de sa vie, Jules est éduqué par sa mère qui lui enseigne, le latin, le grec ancien, la géographie, l'histoire et la rhétorique[3],[4]. Il entre ensuite au collège de Porrentruy, où il reste pendant deux ans, puis part vivre à Strasbourg durant quatre ans, où il passe un baccalauréat en lettres. Il poursuit des études de droit et de mathématiques dans cette même ville entre 1820 et 1824. Il entre ensuite à l'école royale des mines de Paris[2].
Parcours dans l'enseignement
modifierAprès ses études, il revient à Porrentruy au printemps 1828[2] où il devient bourgeois, et obtient le grade d'officier dans le génie fédéral suisse. Dans un premier temps, il travaille avec le géomètre Antoine-Joseph Buchwalder (1792-1883), à Delémont, puis part à Constance pour y apprendre l'allemand[5] ; il y séjourne durant 18 mois[4]. Il revient à Porrentruy en 1830 où il dirige les cours destinés à l'instruction des instituteurs. Les tendances libérales de ses cours lui valent de nombreuses attaques très virulentes de la part des catholiques conservateurs[5].
Durant cette période de troubles dont il a pris une part active à la formation du parti libéral jurassien (PLJ) en 1831, Jules Thurmann compose le texte français de la Chanson des Pétignats[6]. Il rédige son traité des Principes de pédagogie qui est publié en 1842.
En 1832, il est nommé professeur de mathématiques et de sciences naturelles au collège de la ville[5]. En 1835, à la suite d'études menées par une commission d'examen des régents du Jura (dont Jules faisait partie) et à la reconnaissance du manque d'instruction dans les campagnes, il est décidé de la fondation d'une école normale à Porrentruy. C'est Jules Thurmann qui fonde cette école en 1837 et en devient le premier directeur jusqu'en 1843, bien qu'ayant démissionné de ce poste en 1840 pour des raisons de santé[7].
Études géologiques
modifierJules commence à étudier la géologie à son retour à Porrentruy en 1830. Il s'intéresse particulièrement à la géologie du massif jurassien, à laquelle il consacre une grande partie de son temps. Il fonde pour cela un cabinet de géologie et de minéralogie à Porrentruy. Sa passion pour la géologie lui vaut le surnom de « fou des pierres »[5]. Il découvre les lois fondamentales expliquant le plissement du massif jurassien et son érosion qu'il exprime dans son Essai sur les soulèvements jurassiques[8], publié entre 1832 et 1836 qui le rend internationalement célèbre. Par cette renommée, il préside en 1838 le premier congrès de la Société géologique de France qui se déroule à Porrentruy en l'honneur du géologue[9]. En 1845, il rencontre le jeune géologue Jules Marcou (1824-1898), âgé de 21 ans et l'invite en Suisse pour lui faire partager ses travaux[10]. Jules Thurmann le met en relation avec le naturaliste Louis Agassiz (1807-1873)[10]. À la fin des années 1840, il rencontre Charles Contejean (1824-1907) qui devient autant son ami que disciple[11]. En 1853, il publie un Résumé des lois orographiques générales du système des Monts-Jura où il décrit l'agencement du relief des montagnes du Jura. Il émet notamment peu avant son décès l'hypothèse que l'orogenèse jurassienne serait due à des actions latérales. Ses découvertes fondamentales lui ont valu d'être qualifié de « père de la géologie jurassique »[12].
Études botaniques
modifierS'intéressant également à la botanique, Jules Thurmann rédige trois ouvrages majeurs : Système de géographie botanique, publié en 1847[réf. nécessaire][n 1]. ; Énumération des plantes vasculaires du district de Porrentruy, publié en 1848 et Essai de Phytostatique appliqué à la chaîne du Jura et aux contrées voisines, publié en 1849. Dans ce dernier, il met en évidence les relations entre la flore et le sol, faisant de lui l'un des pionniers de la phytosociologie. Il aménage de manière définitive le jardin botanique de Porrentruy dans les années 1830, et préside en 1853 le congrès de la Société helvétique des sciences naturelles, établie à Porrentruy[13].
Homme politique
modifierJules fonde en 1832 la Société de statistique des districts du Jura. Intéressé par la politique, il devint deux fois député du Grand Conseil bernois, de 1837 à 1839 et de 1844 à 1845[5]. Il est aussi l'un des cofondateurs de la Société jurassienne d'émulation, dont il deviendra le président jusqu'à sa mort en 1855[14].
Décès
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Jules Thurmann meurt le à l'âge de 50 ans, à Porrentruy, des suites du choléra.
Publications
modifier- Ouvrages
- (fr-BE) Essai sur les soulèvements jurassiques du Porrentruy : description géognostique de la série jurassique et théorie orographique du soulèvement, Paris / Bruxelles, F.-G. Levrault / Librairie parisienne (réimpr. 2008) (1re éd. 1832), 84 p., 30 cm (OCLC 31297205, BNF 31467799, SUDOC 022093389, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).
- (fr-CH) Essai sur les soulèvements jurassiques. Second cahier, Porrentruy, Impr. V. Michel (réimpr. 2009) (1re éd. 1836), 51 p., 28 cm (OCLC 490154496, BNF 31467799, SUDOC 022093311, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).
- (fr-CH) Principes de pédagogie, Delémont, Imp. et lith. de Victor Michel et frère, , 166 p., in-8o (OCLC 603725585, présentation en ligne, lire en ligne).
- Système de géographie botanique (1847)[réf. nécessaire].
- (fr-CH) Énumération des plantes vasculaires du district de Porrentruy, Porrentruy, Imprimerie et lithographie de Victor Michel, coll. « Archives de la Société jurassienne d'émulation », , 54 p., 23 cm (OCLC 981476316, BNF 31467795, SUDOC 022631127, présentation en ligne, lire en ligne sur Gallica).
- (fr-CH) Essai de phytostatique appliqué à la chaîne du Jura et aux contrées voisines, vol. 2, Berne, Jent et Gassmann, 1848-1849, 444-373 p., 25 cm (OCLC 489904920, BNF 31467798, SUDOC 018505120, présentation en ligne), lire en ligne : tome 1 et tome 2 sur Gallica.
- (fr-CH) Abraham Gagnebin de la Ferrière : fragment pour servir à l'histoire scientifique du Jura bernois & neuchâtelois pendant le siècle dernier, Porrentruy, Impr. et lithogr. de Victor Michel, , 143 p., 21 cm (OCLC 7036066, SUDOC 023863145, présentation en ligne, lire en ligne).
- (fr-CH) Esquisses orographiques de la chaîne du Jura (ill. Eugène Froté), Porrentruy, impr. de V. Michel, , 17 p., in-4° (OCLC 493618443, BNF 31467796, SUDOC 089166965, présentation en ligne, lire en ligne).
- (fr-CH) Résumé des lois orographiques générales du système des Monts-Jura, Porrentruy, impr. V. Michel, , 16 p., 21 cm (OCLC 25650548, SUDOC 023126396, présentation en ligne), résumé, p. 41-50 sur Google Livres par l'auteur.
- (fr-CH) Préavis de la commission spéciale des mines du Jura relativement aux éventualités d'épuisement des minerais de fer, Porrentruy, Impr. et lithogr. de Victor Michel, , 132 p., 21 cm (DOI 10.3931/e-rara-29746, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).
- En collaboration
- (fr-CH) Joseph Trouillat (de), Catalogue raisonné des éditions incunables de la bibliothèque du collège de Porrentruy…, Porrentruy, impr. de V. Michel, , 132 p., in-8o (OCLC 759754982, BNF 31500163, SUDOC 165519398, présentation en ligne, lire en ligne).
- (fr-CH) Louis Thurmann et J. Thurmann (éd. scientifique), Fragments de la relation du séjour en Égypte du capitaine du génie L. Thurmann … pendant toute la durée de l'expédition française, Porrentruy, impr. V. Michel, , XI-112 p., 21 cm (OCLC 25650454, BNF 41685618, SUDOC 023126302, présentation en ligne, lire en ligne).
- (fr-CH) Xavier Kohler (éd. scientifique) (préf. Carl Vogt), Essai d'orographie jurassique, œuvre posthume, Genève, Kessmann / H. Georg (réimpr. 1868) (1re éd. 1857), 168 p., 32 cm (OCLC 25650362, BNF 31467797, SUDOC 02312623X, présentation en ligne, lire en ligne).
- (fr-CH) Auguste Étallon (de) (éd. scientifique) (œuvre posthume), Lethea bruntrutana, ou études paléontologiques et stratigraphiques sur le Jura bernois et en particulier les environs de Porrentruy, vol. 3, t. 1, Zurich, Impr. Zürcher et Furrer, coll. « Nouveaux mémoires de la Société helvétique des sciences naturelles ; 18-20 », , 500 p., 28 cm (OCLC 20843043, BNF 31467800, SUDOC 021372209, présentation en ligne, lire en ligne).
- (fr-CH) Fritz Berthoud, Auguste Bachelin, Albert Vouga et Célestin Nicolet (publication posthume), Le sentier des Gorges de l'Areuse, Neuchâtel, s.n., , in-4° (OCLC 82419058).
Honneur
modifier- L'astéroïde (42191) Thurmann découvert le par l'observatoire de Vicques (Jura) porte son nom.
Notes et références
modifierNote
modifier- ↑ Les dates des sites ou des parutions des références sont postérieures à la date de publication de l'article de Wikipédia (consulté le ).
Références
modifier- ↑ Charles Bachatly (d), « Une inscription Française inédite du fort d'El-Borollos », Bulletin de l'Institut d'Égypte (d), Le Caire, Institut d'Égypte, t. 18, fasc. 2, , p. 191-199 (ISSN 1110-1938, lire en ligne sur Persée, consulté le ).
- 1 2 3 4 Jean-Marie Schmitt (d), « Famille Thurmann », sur FSHAA, (consulté le ).
- 1 2 M. J. Joachim, Jules Thurmann (1804-1855), autobiographie, 1929, p. 21
- 1 2 C. Contejean, Jules Thurmann, notice biographique, 1855, p. 2
- 1 2 3 4 5 Jean-François Conus, « Jules Thurmann (1804-1855) », Dictionnaire du Jura, (consulté le )
- ↑ Casimir Folletête (d) (Texte paru dans L'annuaire jurassien en 1897), « La chanson de Péquignat », Almanach catholique du Jura, Porrentruy, lib. Le Pays, , p. 19 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
- ↑ C. Contejean, Jules Thurmann, notice biographique, 1855, p. 7.
- ↑ Jules de Gères, Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux : Les suisses et l'Académie de Bordeaux, t. XVIII, Paris, E. Dentu, , 230 p., 21 cm (BNF 34363194, lire en ligne sur Gallica), p. 59.
- ↑ Xavier Kohler et Gaston Sorbets (d) (dir.), « M. Jules Thurmann », L'Illustration, Paris, J.-J. Dubochet, vol. 26, no 655, , p. 192 (ISSN 0246-9251, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- 1 2 Michel Durand-Delga et Richard Moreau (d), « Jules Marcou, précurseur français de la géologie nord-américaine », La Vie des sciences (d), Paris, Académie des Sciences, t. 13, no 1, , p. 60 (ISSN 0762-0969, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ « Charles Contejean », Le Démocrate, Montbéliard, no 147, , p. 1 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ C. Contejean, Jules Thurmann, notice biographique, 1855, p. 4.
- ↑ Auguste Stoeber, « Inauguration du buste de Jules Thurmann, de Neuf-Brisach », L'Industriel alsacien, Mulhouse, , p. 1-2 (ISSN 2015-5115, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ F. Grimont, Jules Thurmann, 1855, p. 566.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Ouvrages
- [1855] Charles Contejean, Jules Thurmann, notice biographique, Montbéliard, impr. de H. Barbier, (réimpr. 1856), 15 p., 22 cm (OCLC 25595117, BNF 36429368, SUDOC 023025999, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).

- [1855] (fr-CH) Xavier Kohler (d), M. Jules Thurmann : nécrologie, Porrentruy, s.n., , 12 p. (OCLC 601842713, présentation en ligne, lire en ligne).
- [1937] Jules Bourquin (Esquisse biographique. Discours prononcé… à Porrentruy le 30 octobre 1937), Jules Thurmann : Géologue et botaniste, 1804-1855, Delémont, Impr. Le Jura S.A., , 15 p. (OCLC 601771025, présentation en ligne).
- Articles
- [1855] Ferdinand Grimont (d), Pierre Jannet (dir.) et Georges Guiffrey (dir.), « Jules Thurmann », La Propriété littéraire et artistique, Paris, , p. 565-566 (ISSN 2428-0844, lire en ligne sur Gallica).

- [1862] Christophorus (Jean-Georges Stoffel), « Notice sur M. Thurmann », Revue d'Alsace, t. 13, , p. 198-202 (ISSN 0181-0448, lire en ligne sur Gallica).
- [1910] Édouard Sitzmann, « Jules Thurmann », dans Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, t. 2, Rixheim, (lire en ligne sur Gallica), p. 875.
- [1929] Jules Joachim, « Jules Thurmann (1804-1855), autobiographie », Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Colmar. (d), Colmar, Société d'histoire naturelle et d'ethnographie de Colmar (d), , p. 17-36 (ISSN 0374-0706, lire en ligne sur Gallica).

- [1963] René Spaeth, « Jules Thurmann, géologue », L'Alsace, Mulhouse, (ISSN 2102-6882).
- [1969] Alphonse Halter, « La vie et l'œuvre de Jules Thurmann, botaniste et géologue né à Neuf-Brisach », Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, (ISSN 0150-391X).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Marcel Jacquat (d), « Jules Thurmann » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du (consulté le ).
Thurm. est l’abréviation botanique standard de Jules Thurmann.
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