Julie Gauthier
Julie Gauthier est une pêcheuse québécoise experte en pêche à la fascine traditionnelle. Elle est basée à l'Anse-au-sac près de Saint-Irénée et dirige la compagnie familiale Pêcheries Charlevoix.
| Nationalité |
Canadienne |
|---|---|
| Activité |
Pêcheuse à fascine |
| Domaine |
Pêche, gastronomie, artisanat |
|---|---|
| Distinction |
En 2024, elle reçoit le titre de Maître de traditions vivantes de la part du Conseil québécois du patrimoine vivant[1].
Pratique professionnelle
modifierAprès des études en sciences humaines, en architecture et en psychologie, Julie Gauthier se dirige vers l'horticulture et œuvre durant 13 ans en aménagement paysager en fondant sa propre compagnie[2],[3].
En 2014, Julie Gauthier retourne s'établir dans sa région d'origine, Charlevoix. Son oncle, propriétaire d'un permis de pêche à la fascine, décide d'arrêter sa pratique et elle réalise alors que sa tradition familiale s'éteindra avec lui. Elle se lance donc, avec l'aide de son cousin, et crée son entreprise Pêcheries Charlevoix[4],[3].
En 2024, elle fait partie d'une des trois familles restantes qui pratiquent la pêche à la fascine au Québec[3]. La pêche à la fascine l'occupe sept mois par année, sept jours par semaine[3]. Elle y pêche notamment le capelan, mais aussi l'éperlan, le grand corégone, le hareng et l'anguille. Sa compagnie possède également, depuis 2020, une usine de transformation et une boutique pour y vendre différents produits dérivés de sa pêche.
En 2024, le Conseil québécois du patrimoine vivant la nomme parmi ses cinq maîtres de traditions vivantes dans le cadre de son programme inspiré par les Trésor humain vivant de l'UNESCO. La nomination est accompagnée de soutien pour que le maître construise une formation pour transmettre son savoir-faire. Julie Gauthier a ainsi pu prendre un apprenti, Mathieu Ouellet, ainsi que monter une formation culinaire à l'aide du chef Jean-Sébastien Sicard du restaurant Chez Mathilde. Cette formation a eu pour objectif d'apprendre à d'autres chefs comment cuisiner des produits pêchés à la fascine, soit le capelan, la sardine canadienne et l'anguille[5].
Activisme
modifierDepuis le début des années 2020, Julie Gauthier affirme observer une montée de la présence du bar rayé dans l'estuaire moyen du fleuve Saint-Laurent et craint que l'espèce modifie les écosystèmes[6].
En 2022, elle joue un rôle important dans la modification d’une loi restrictive sur les pêches à fascine, laquelle permet maintenant aux pêcheurs locaux de décider du début de la saison de pêche du capelan[7].
Elle participe en 2022-2023 à la demande de désignation de la pêche à fascine comme élément du patrimoine immatériel québécois. En 2023, les pêcheries fixes du Saint-Laurent comme la pêche à la fascine sont désignées comme élément du patrimoine immatériel et ainsi inscrites au Registre du patrimoine culturel du Québec[8].
Distinctions
modifier- 2024 : Maître de traditions vivantes en pêche à la fascine décerné par le Conseil québécois du patrimoine vivant
Références
modifier- ↑ Pierre Gingras, « Maîtres de traditions vivantes », sur Le Journal de Québec, (consulté le )
- ↑ « Julie Gauthier | Maîtres de traditions vivantes | Conseil québécois du patrimoine vivant », sur www.patrimoinevivant.qc.ca (consulté le )
- 1 2 3 4 (fr-CA) Isabelle Morin, « Sauver les fascines du Saint-Laurent: Héritière d’un savoir-faire presque perdu », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Émélie Bernier, « La pêche miraculeuse de l'Anse-au-Sac », sur Caribou (consulté le )
- ↑ [vidéo] « « Guider le poisson : du fleuve à la table » avec Julie Gauthier, pêcheuse à la fascine », Conseil québécois du patrimoine vivant, , 11:36 min (consulté le )
- ↑ (fr-CA) David Rémillard, « Quand le bar rayé « menace » une pêche traditionnelle dans Charlevoix », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ « Julie Gauthier | Maîtres de traditions vivantes | Conseil québécois du patrimoine vivant », sur www.patrimoinevivant.qc.ca (consulté le )
- ↑ Jean-Baptiste Levêque, « La pêche à la fascine désignée patrimoine immatériel », sur Le Charlevoisien, (consulté le )