Julio Caro Baroja

anthropologue, historien, linguiste et essayiste espagnol

Julio Caro Baroja, né le à Madrid et mort le à Bera, est un anthropologue, historien, linguiste, essayiste et académicien basque espagnol[1]. Il est l'une des figures majeures de l'anthropologie culturelle espagnole du XXe siècle et a développé une approche historique et comparée des phénomènes culturels, particulièrement appliquée à l'étude des sociétés et des traditions de la péninsule Ibérique.

Julio Caro Baroja
Fonctions
Membre de l’Académie royale espagnole (d)
-
Guillem Díaz-Plaja i Contestí (en)
Membre de l'Académie royale d'histoire (d)
-
Ignacio Herrero de Collantes (d)
Professeur
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
BeraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Rafael Caro Raggio (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Fratrie
Parentèle
Pío Baroja (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Membre de
Distinctions
Plaque commémorative.

Il obtient en 1985 le prix national des lettres espagnoles.

Biographie

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Fils de l'éditeur Rafael Caro Raggio et de l'écrivaine et ethnologue Carmen Baroja, neveu du romancier Pío Baroja et du peintre Ricardo Baroja, frère du documentaliste, ethnographe et écrivain Pio Caro Baroja, il est un élève de Telesforo Aranzadi, José Miguel de Barandiarán, Hermann Trimborn et Hugo Obermaier. Ces derniers vont le diriger vers des études en histoire et en ethnographie.

Fils de l'éditeur Rafael Caro Raggio et de l'écrivaine et ethnologue Carmen Baroja, neveu du romancier Pío Baroja et du peintre Ricardo Baroja, frère du réalisateur, documentaliste et écrivain Pío Caro Baroja, Julio Caro Baroja grandit dans un milieu familial fortement marqué par les activités intellectuelles et artistiques[2]. Il se forma notamment auprès de Telesforo Aranzadi, de José Miguel de Barandiaran, de Hermann Trimborn et de Hugo Obermaier, dont l'influence contribua à orienter sa vocation vers l'histoire, l'ethnographie et l'étude des sociétés et des cultures[3] Il commence ainsi, encore adolescent, à collaborer avec Aranzadi et Barandiaran, qu'il considère comme ses premiers maîtres, et publie à l'âge de quinze ans son premier article ethnographique dans l'Anuario de Eusko-Folklore[3].

Il obtient un doctorat en Histoire ancienne à l'université centrale de Madrid, où il enseigne brièvement l'histoire ancienne avant de se consacrer principalement à la recherche. Il est ensuite nommé directeur du Museo del Pueblo Español de Madrid, fonction qu'il exerce jusqu'en 1954[4].

En 1983, Julio Caro Baroja prend la direction de la Revue internationale des études basques (RIEV), qu'il dirige jusqu'à sa mort en 1995[5]. Membre de la Académie royale d'histoire à partir de 1963 et de la Académie royale espagnole à partir de 1986, il est également académicien d'honneur de l'Académie de la langue basque[6],[7]. Il reçoit le prix Prince des Asturies de sciences sociales en 1983, la Médaille d'or du mérite des beaux-arts en 1984 et le Prix national des Lettres espagnoles en 1985[8],[9] (1984), le prix national des Lettres espagnoles (1985), le « prix international Menendez Pelayo » (1989) et le « Prix du Prince de Viana de la culture » (1989). Fruit d'une formation académique et dès l'âge de 15 ans, ses premiers travaux traitent sur l'ethnographie, ainsi que sa thèse doctorale (1941) qui est à la base une trilogie sur les cycles festifs d'hiver (El carnaval, 1965), du printemps (La estación de amor, 1979) et de l'été (El estío festivo, 1984).

Les circonstances politiques de l'après-guerre espagnole, notamment l'épuration des institutions universitaires sous le régime franquiste, le maintiennent à l'écart de l'université espagnole, malgré plusieurs périodes d'enseignement. Après un premier passage à l'Université de Madrid comme assistant dans les chaires d'Histoire ancienne et de Dialectologie, il enseigne l'Ethnologie générale à l'Université de Coimbra de 1957 à 1960[4]. Il effectue également de nombreux voyages d'étude à l'étranger : en 1951, il séjourne aux États-Unis pour y étudier l'anthropologie et l'ethnologie, notamment à la Smithsonian Institution de Washington, puis, en 1952, il travaille à l'Institute of Social Anthropology de l'Université d'Oxford[4]. Ces séjours contribuent à élargir ses perspectives anthropologiques et ethnographiques[10].

Ses premiers travaux sont consacrés à l'ethnologie de l'Espagne, notamment à celle du Pays basque. Il publie successivement Los pueblos del Norte de la Península Ibérica (Análisis histórico-cultural) en 1943, Los pueblos de España: ensayo de etnología en 1946 et Los vascos en 1949. Ces ouvrages constituent des travaux importants de ses premières recherches sur les peuples, les cultures et les traditions de la péninsule Ibérique ; Los vascos, en particulier, est consacré à l'étude ethnologique du Pays basque[11].

Une partie de ses recherches porte sur les techniques et les objets de la culture matérielle, dans le prolongement de son activité à la tête du Museo del Pueblo Español de Madrid. Il consacre notamment deux études aux charrues et aux moulins à vent : « Los arados españoles. Sus tipos y repartición », publié en 1949 dans la Revista de Dialectología y Tradiciones Populares, et « Disertación sobre los molinos de viento », paru en 1952 dans la même revue[12],[13]. En 1978, il prend la direction de la Revista de Dialectología y Tradiciones Populares, à laquelle il imprime une nouvelle orientation méthodologique et disciplinaire, et qu'il dirige jusqu'à sa mort en 1995[14].

Son voyage au Sahara en 1952 a suscité un intérêt envers les minorités ethniques. Julio Caro Baroja publie Estudios saharianos (1955), un livre enrichissant sur un territoire africain sous domination espagnole. Los moriscos del reino de Granada (1957) et d'autres plus tard marquent le syncrétisme entre ethnographie et histoire. Fruit d'un travail intense de recherche dans les archives de l'Inquisition il publie Las brujas y su mundo (1961), son œuvre la plus connue, Vidas mágicas e Inquisición (2 vols., 1967) et, surtout, Los judíos en la España moderna y contemporánea (3 vols., 1961-1962). D'autres études sur des groupes ou des minorités opprimées nous donnent une vision des gitans, des mendiants ou des banditss vivant dans le pourtour méditerranéen.

Les essais ont aussi été nombreux, cordel (1969), Las formas complejas de la vida religiosa (Religión, sociedad y carácter en la España de los siglos XVI y XVII) (1978), La aurora del pensamiento antropológico. La Antropología en los clásicos griegos y latinos (1983) et La cara, espejo del alma. Historia de la fisiognómica (1987).

Parmi les 18 volumes qui composent les Estudios vascos, figurent notamment La vida rural en Vera de Bidasoa (1944), Los vascos. Etnología (1949), La hora navarra del XVIII (1969), Etnografía histórica de Navarra (1971-1972) et La casa en Navarra (1982). Ses recherches portent notamment sur l'histoire, l'ethnographie et les formes de vie traditionnelles de la Navarre et du Guipuscoa. Avec son frère Pío Caro Baroja, il réalise également plusieurs films consacrés à la vie et aux traditions du Pays basque et de la Navarre.

Dans Los vascones y sus vecinos, publié en 1985, Julio Caro Baroja étudie l'histoire ancienne des Vascons et des peuples qui les entouraient, notamment les Aquitains. Il y approfondit les rapports entre les populations vasconnes, aquitaines et pyrénéennes et accorde une importance particulière aux rapprochements linguistiques entre l'basque et les langues anciennes parlées en Aquitaine. Il considère ainsi que la langue la plus directement comparable au basque est celle de certains anciens groupes ethniques aquitains, ainsi que de populations établies dans les régions pyrénéennes[15]. Cette comparaison s'appuie notamment sur les témoignages épigraphiques de l'ancienne Aquitaine, qui présentent un ensemble de noms susceptibles d'être rapprochés du basque[16].

Il a aussi écrit sur sa famille: Les Baroja où il parle de son oncle Pío Baroja, son autre oncle Ricardo le peintre, et sur toute sa famille.

Il est enterré à Bera (Navarre), où la famille Baroja possède une maison familiale appelée « Itzea », petit palais qu'avait acquis son oncle Pío.

Sa maison « Itzea » à Bera.
  • Estudios saharianos (1990) Ediciones Júcar, (ISBN 84-334-7027-2)
  • La aurora del pensamiento antropológico : la antropología en los clásicos griegos y latinos (1991) Consejo Superior de Investigaciones Científicas, (ISBN 84-00-05438-5)
  • La cara, espejo del alma: historia de la fisiognómica (1995) Círculo de Lectores, S.A., (ISBN 84-226-2307-2)
  • La hora navarra del XVIII (1985) Gobierno de Navarra. Fondo de Publicaciones, (ISBN 84-235-0675-4)
  • Les sorcières et leur monde [« Las brujas y su mundo »] (trad. Marie-Amélie Sarrailh), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », (1re éd. 1972), 304 p. (ISBN 2-07-028201-5, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Las formas complejas de la vida religiosa: religión, sociedad y carácter en la España de los siglos XVI y XVII [Obra completa] Círculo de Lectores, S.A., (ISBN 84-226-5299-4)
  • Los judíos en la España Moderna y Contemporánea [Obra completa] Ediciones Istmo, S.A., (ISBN 84-7090-089-7)
  • Los moriscos del reino de Granada (2003) Alianza Editorial, S.A., (ISBN 84-206-7860-0)
  • Los vascos (1995) Ediciones Istmo, S.A., (ISBN 84-7090-010-2)
  • Vidas mágicas e Inquisición [Obra completa] Círculo de Lectores, S.A., (ISBN 84-226-3395-7)
  • Le Mythe du caractère national, méditation à rebrousse-poil, éditions Dufourg-Tandrup, Presses universitaires de Bordeaux, 2001, 104 p. (ISBN 2-9505919-6-5) (BNF 37736467)

Notes et références

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  1. ↑ Pour une histoire critique et comparée de l'Anthropologie basque : où en sommes-nous aujourd'hui ? Joxe Martín Apalategi Begiristain, Zainak. Cuadernos de Antropología-Etnografía, (ISSN 1137-439X), no 2, 1984, p. 319-326.
  2. ↑ (es) Julio Caro Baroja, Vitoria-Gasteiz, Gobierno Vasco, (lire en ligne)
  3. 1 2 (es) David Mariezkurrena Iturmendi, « Notas sobre la investigación etnográfica en Navarra », Anuario de Eusko-Folklore: etnografía y paletnografía, vol. 55,‎ 2020-2021, p. 99-126 (ISSN 0210-7732, lire en ligne, consulté le ).
  4. 1 2 3 (es) « Caro Baroja, Julio, 1914-1995 », Madrid, Ministerio de Cultura (consulté le )
  5. ↑ (es) « Revista Internacional de los Estudios Vascos, RIEV », Donostia-San Sebastián, Eusko Ikaskuntza (consulté le )
  6. ↑ (es) « Relación histórica de medallas », Madrid, Real Academia de la Historia (consulté le )
  7. ↑ (eu) José María Satrustegi, « Julio Caro Baroja. In memoriam », Euskera, vol. 40, nos 2-3,‎ , p. 1167-1168 (ISSN 0210-1564, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (es) « Homenaje Julio Caro Baroja (1914-1995) », Madrid, Ministerio de Cultura (consulté le )
  9. ↑ (es) « Real Decreto 1727/1983, de 22 de junio, por el que se concede la Medalla al Mérito en las Bellas Artes, en su categoría de oro, a don Julio Caro Baroja », Boletin Oficial del Estado, Madrid, no 150,‎ , p. 18386 (lire en ligne).
  10. ↑ (es) Pedro Moya, « La magia en la obra de Caro Baroja », El mundo mágico,‎
  11. ↑ (es) « Los Vascos. Etnología, por Julio Caro Baroja », Munibe, vol. 7, no 4,‎ , p. 274-275 (ISSN 0027-3414, lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ (es) Julio Caro Baroja, « Los arados españoles. Sus tipos y repartición », Revista de Dialectología y Tradiciones Populares, vol. 5, no 1,‎ , p. 3-96 (ISSN 0034-7981, lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ (es) Julio Caro Baroja, « Disertación sobre los molinos de viento », Revista de Dialectología y Tradiciones Populares, vol. 8, nos 1-4,‎ , p. 212-366 (ISSN 0034-7981, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ (es) Luis Calvo Calvo, « La Revista de Dialectología y Tradiciones Populares y sus aportaciones a la antropología española (1944-1996) », Revista de Dialectología y Tradiciones Populares, vol. 57, no 1,‎ , p. 5-22 (ISSN 0034-7981, lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ (es) Tomás Alonso y García del Pulgar, « «Los vascones y sus vecinos» », Cuadernos de Etnología y Etnografía de Navarra, vol. 17, no 46,‎ , p. 201-216 (ISSN 0590-1871, lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ (es) « Las relaciones históricas transfronterizas en el área vasca: Bayona-San Sebastián, Guipúzcoa-Labourd », Azkoaga. Cuadernos de Ciencias Sociales y Humanidades, vol. 11,‎ , p. 69-92 (ISSN 1137-442X, lire en ligne, consulté le )

Annexes

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Bibliographie

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  • (es) Félix Maraña, Julio Caro Baroja, el hombre necesario, Zarautz, Editorial Itxaropena, 1995.
  • (es) Mario Angel Marrosan Charola, Ernesto Gutiérrez Nicolás, Julio Caro Baroja, su obra, Madrid, 1993.
  • (es) Baltasar Porcel, Retrato de Julio Caro Baroja, Barcelone, Círculo de lectores, 1987.
  • (es) Rogelio Rubio et al., Homenaje a Julio Caro Baroja, Madrid, Centre de Recherches Sociologiques, 1978.
  • (es) Salvador Rodriguez Becerra (dir.), El diablo, las brujas y su mundo: homenaje Andaluz a Julio Caro Baroja, Séville, Signatura Ediciones d'Andalousie, 2000.
  • (es) Francisco Castille Urbain, El análisis social de Julio Caro Baroja: empirismo y subjetividad, Madrid, Consejo Superior d'Investigaciones Científicas, 2003.
  • (es) Juan Antonio Paniagua Paniagua, Etnohistoria y religión en la antropología de Julio Caro Baroja, Fuenlabrada, Diedycul, 2003.
  • Marion Abélès, Philippe Descola, Jean-Pierre Digard, et al., « Julio Caro Baroja », dans : Pierre Bonte et Michel Izard (dir.), Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie, Paris, Presses universitaires de France, 1991 (ISBN 2-13-043383-9) ; 2e éd. revue, coll. « Quadrige », 1992. (ISBN 2-13-044539-X) ; 3e éd. 2000. (ISBN 2-13-050687-9) ; 4e éd. coll. « Quadrige. Dicos poche », 2007. (ISBN 978-2-13-055999-3).

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