János Lázár

homme politique hongrois

János Lázár, né le à Hódmezővásárhely, est un homme politique hongrois, membre du Fidesz.

János Lázár
Illustration.
János Lázár en novembre 2010.
Fonctions
Ministre des Travaux publics et des Investissements
–
(3 ans, 11 mois et 18 jours)
Premier ministre Viktor Orbán
Gouvernement Orbán V
Prédécesseur Poste créé
Successeur Dávid Vitézy (Investissement)
Ministre de la Chancellerie
–
(3 ans, 11 mois et 12 jours)
Président János Áder
Premier ministre Viktor Orbán
Gouvernement Orbán III
Prédécesseur Lui-même (secrétaire d'État)
Successeur Gergely Gulyás
Chef du groupe parlementaire du Fidesz-KDNP
–
(2 ans et 28 jours)
Prédécesseur Tibor Navracsics
Successeur Antal Rogán
Bourgmestre de Hódmezővásárhely
–
(9 ans, 10 mois et 17 jours)
Prédécesseur András Rapcsák
Successeur István Almási
Député à l'Assemblée nationale de Hongrie
–
(24 ans, 3 mois et 5 jours)
Élection 14-21 avril 2002
Réélection 9-23 avril 2006
11-25 avril 2010
6 avril 2014
8 avril 2018
3 avril 2022
12 avril 2026
Législature 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e et 10e
Groupe politique Fidesz (2002-2006)
Fidesz-KDNP (depuis 2006)
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Hódmezővásárhely (Hongrie)
Nationalité Hongroise
Parti politique Fidesz
Conjoint Zita Lázárné Megyeri
Diplômé de Université de Szeged

Signature de János Lázár

De 2010 à 2012, il est le chef du groupe parlementaire Fidesz à l'Assemblée nationale, et de 2002 à 2012, bourgmestre de Hódmezővásárhely. Après un passage de quatre ans comme ministre de la Chancellerie, il est de à ministre des Travaux publics et Investissements.

Biographie

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Jeunesse et débuts politiques

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Après avoir été élève du lycée réformé de Hódmezővásárhely jusqu'en 1993, János Lázár suit des études de droit à l'université de Szeged jusqu'en 1999. Il participe également à la gestion de la grande entreprise agricole possédée par son oncle à Hódmezővásárhely[1].

Dès 1997, il devient le secrétaire personnel du maire de Hódmezővásárhely András Rapcsák (qui intègre le Fidesz cette année-là après avoir été un temps KDNP). János Lázár adhère au Fidesz en 2000 (l'année où András Rapcsák est réélu maire après avoir été démis pour des affaires de corruption) et également au KDNP en 2002. Après la mort d'András Rapcsák en 2002, il reprend ses mandats de député et de maire la même année. Réélu député et maire en 2006, il est désigné président de la Commission de la Défense nationale et des forces de l'ordre à l'Assemblée.

János Lázár est soupçonné de corruption pour s’être fait construire un château dans la campagne de Hódmezővásárhely[2].

Chef de la majorité Fidesz

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Réélu député aux élections de 2010, qui donnent une majorité des deux tiers au Fidesz, János Lázár devient le chef du groupe parlementaire de ce parti à l'Assemblée nationale le , nomination qui vise à le récompenser pour ses performances politiques et son travail fructueux en faveur de la victoire du parti[1].

Il est durant les années qui suivent l'une des figures de proue de la majorité gouvernementale et se fait une spécialité des déclarations à l'emporte-pièce, comme lorsqu'il explique le départ précipité de la délégation UE-FMI en en disant : « Je peux comprendre qu'ils aient envie de retourner chez eux et de ne pas attendre le petit Jésus à Budapest »[3].

Entrée au gouvernement

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À partir de 2012, János Lázár dirige le cabinet du Premier ministre Viktor Orbán, d'abord en tant que secrétaire d'État. Le , il devient formellement ministre de la Chancellerie, responsable du Bureau du Premier ministre. Il se fait connaitre pour ses longues conférences de presse ayant lieu tous les jeudis et est considéré comme « la deuxième personne la plus puissante du gouvernement » après le Premier ministre Viktor Orbán lui-même[1].

À ce poste, il concentre un grand pouvoir sur des dossiers de plus en plus nombreux, tels que l'attribution des fonds européens, le renseignement extérieur, Információs Hivatal (notamment durant les investigations menées en coopération avec l'Office européen de lutte antifraude) et l'agrandissement de la centrale nucléaire de Paks. Son efficacité fait de lui un acteur très apprécié des cercles gouvernementaux, mais il est également critiqué pour son manque de diplomatie interne et sa conflictualité[1].

En 2013, János Lázár effectue plusieurs voyages à l'étranger dont les détails restent secrets, ce qui lui vaut des critiques pour son manque de transparence. Les journalistes d'Origo, qui enquêtent sur ceux-ci, sont victime d'une forte pression et après le licenciement du rédacteur en chef du média, plusieurs démissionnent pour fonder Direkt36. En septembre 2026, ils révèlent que l'un de ces voyages à Zurich avait pour objectif de rencontrer l'homme d'affaires allemand Klaus Mangold[4].

En interne, Lázár critique de plus en plus ouvertement la montée en puissance des personnalités de la nouvelle génération du Fidesz, moins idéologiques et plus urbaines, qui occupent des postes de plus en plus importants. Parmi ses cibles figurent Gergely Gulyás, mais aussi Antal Rogán, ainsi que le dirigeant du groupe Fidesz au Parlement Máté Kocsis. À l'inverse, il valorise le « Fidesz rural », faction composée de cadres historiques comme Zsolt Semjén, László Kövér ou János Áder, plus conservateurs[1].

Disgrâce et perte d'influence

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Dès 2016, craignant notamment qu'il n'utilise les services de renseignement pour son bénéfice personnel, Viktor Orbán tente de diminuer l'influence de János Lázár, notamment en le mettant en compétition de manière accrue avec Antal Rogán et en s'en prenant à son allié économique, le banquier Zoltán Spéder[1].

Après les élections législatives de 2018 qui voient la large victoire du Fidesz, le Premier ministre annonce le vouloir réorganiser le Bureau du Premier ministre, ce qui implique de renvoyer János Lázár, ce que Direkt36 analyse comme une perte d'influence au sein du Fidesz. Très contrarié, le ministre annule son rendez-vous prévu avec Viktor Orbán et annonce quitter le gouvernement pour « revenir à sa circonscription individuelle »[1].

Il reste en poste jusqu'au , avant d'être remplacé par Gergely Gulyás. Selon le média, il a été la cible de Viktor Orbán qui lui reproche sa trop grande ambition et son intérêt parfois affiché ouvertement pour le poste de Premier ministre, tandis que János Lázár impute sa disgrâce à la faction de Rogán[1].

Après un dernier entretien très tendu, Viktor Orbán et János Lázár ne se parlent plus pendant près de deux ans et ce dernier perd toute influence politique au sein du gouvernement, évitant même de participer à la séance photo collective des députés du Fidesz. En quelque sorte en « exil politique », il se rapproche des milieux économiques étrangers, notamment autrichiens. Il est nommé Commissaire du Premier ministre pour la protection des non-fumeurs et travaille dans un petit bureau sur Batthyány tér avec un seul employé. Malgré ses mauvaises relations avec le chef du gouvernement, il reste en bons termes avec János Áder. En revanche, il critique constamment Viktor Orbán, toujours de manière très implicite[1].

Fin 2018, il devient commissaire du gouvernement pour le haras d'État de Mezőhegyes, l'un des plus grands domaines d'élevage du pays. Il se rapproche de l'oligarque Lőrinc Mészáros, l'un des hommes d'affaires les plus riches du pays, très influent dans le domaine agricole et du BTP[1].

Retour au gouvernement

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Toutefois, János Lázár décide finalement de faire profil bas et de ne plus s'en prendre au Premier ministre. De plus, il profite de la mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 pour remonter dans l'estime du Premier ministre. Fin 2021, les deux hommes se réconcilient et se rencontrent à nouveau trois ans après leur éloignement, notamment lors d'un repas au bord de la rivière Tisza[1].

Avec l'aide de Lőrinc Mészáros, János Lázár convainc Viktor Orbán de lui accorder une place dans son nouveau gouvernement, après la victoire aux élections législatives de 2022. Il fait part de son intérêt pour le portefeuille de l'Agriculture et du Développement rural, mais ne l'obtient pas car le Premier ministre souhaite « l'empêcher de se constituer une base de pouvoir politique dans le secteur agricole, où il s'était progressivement épanoui les années précédentes »[1]. Finalement, il est nommé le ministre des Travaux publics et des Investissements, avec notamment à sa charge le transport ferroviaire, ce que Direkt36 résume comme le « ministre des affaires de Mészáros ». Il passe de plus en plus de temps avec le Premier ministre et tente de le convaincre qu'il est plus compétent que d'autres ministres du gouvernement sur leurs propres portefeuilles respectifs. De son côté, Viktor Orbán veut faire monter des « figures plus autonomes » afin de pallier une baisse de popularité de son gouvernement, alors que la Hongrie est confrontée à des difficultés économiques croissantes. Selon Direkt36, János Lázár est désormais celui qui « murmure à l'oreille du Premier ministre »[1].

Après les inondations touchant la rivière Tisza au printemps 2025, il lance Lázárinfó, une série de conférences de presse ouvertes au public. L'un des objectifs est de contrer Péter Magyar, qui concurrence le Fidesz en traversant le pays pour faire campagne jusque dans de très petites villes. l'initiative reçoit un accueil mitigé au sein du parti, de nombreux cadres estimant qu'elle détourne l'attention du reste de la campagne ; cependant, elle conserve le soutien de Viktor Orbán et de nombreux électeurs du parti au pouvoir[1].

En , János Lázár fait polémique en affirmant que la minorité rom de Hongrie devrait « récurer les toilettes dégueulasses des trains » pour éviter aux « électeurs hongrois » d'avoir à le faire. Face au scandale provoqué par ses propos, de nombreux Roms de Hongrie manifestent dans tout le pays avec des brosses de toilettes. À l'approche des élections législatives, l'affaire pourrait faire perdre au Fidesz le soutien d'une partie de la communauté rom, habituellement très favorable au parti[5]. Direkt36 note que la pratique de l'humour est une habitude du ministre, comme lorsqu'il s'est moqué du poids de Viktor Orbán quelques semaines plus tôt[1].

Après la défaite de Viktor Orbán

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Lors des élections législatives hongroises d'avril 2026, le Fidesz subit une lourde défaite nationale face au parti Tisza de Viktor Orbán. De nombreux cadres du parti sont battus dans leurs circonscriptions locales et d'autres refusent de prendre leurs sièges avant l'investiture du Parlement. János Lázár parvient à se faire réélire sur la liste du parti et entre au Parlement, affirmant vouloir incarner la « continuité » au sein de l'opposition[6].

Cependant, le , un peu plus de trois mois après son entrée en fonction, il démissionne de son poste de député. Il dit vouloir se concentrer sur le « renouveau du parti »[6].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (en) András Szabó, « “He whispers in the prime minister’s ear” – Inside János Lázár’s exile and return », sur Direkt36, (consulté le )
  2. ↑ « MZP, le hussard de droite qui défie Orban en Hongrie », sur Le Figaro,
  3. ↑ Voir l'article de l'hebdomadaire HVG du 16 décembre 2011 intitulé "Lázár: le FMI est retourné à la maison attendre le petit Jésus". En fait, la délégation était repartie car le Gouvernement venait de décider le vote d'une loi remettant en question l'indépendance de la banque centrale hongroise.
  4. ↑ (en) András Pethő, « The old secret of a trip of János Lázár has been revealed », sur Direkt36, (consulté le )
  5. ↑ « Face au racisme d’un ministre, les Roms de Hongrie manifestent avec des brosses à WC », sur Courrier international, (consulté le )
  6. 1 2 (en) « Breaking: Former Fidesz minister János Lázár gives up his seat in Parliament, with one warning to his party – update: Fidesz, Magyar », sur Daily News Hungary, (consulté le )

Liens externes

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