Jérôme Seydoux

homme d'affaires et producteur de cinéma français

Jérôme Seydoux Fornier de Clausonne dit Jérôme Seydoux, né le à Paris, est un homme d'affaires et producteur de cinéma français.

Jérôme Seydoux
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Fonctions
Coprésident
Pathé
depuis
Directeur général
Pathé
-
Président
Société française des analystes financiers
-
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Jérôme Seydoux Fornier de Clausonne
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
René Seydoux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Geneviève Schlumberger
Fratrie
Véronique Seydoux-Rossillon, Nicolas Seydoux, Michel Seydoux
Conjoints
Sophie Desserteaux (d)
Hélène Zumbiehl (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Henri Seydoux
Jules Seydoux (d)
Ludovic Seydoux (d)
Charlotte Seydoux (d)
Alexis Seydoux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Léa Seydoux (petite-fille)
Pénélope Riboud (d) (belle-fille)
Thomas Riboud (d) (beau-fils)
Raphaëlla Riboud (d) (belle-fille)
Sidonie Dumas (nièce par le frère)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction
Blason.

Il est le frère de Nicolas et Michel Seydoux, le grand-père de Léa Seydoux, le père d'Henri Seydoux et le beau-père de Farida Khelfa.

En 1986, il participe à la création de la chaîne de télévision La Cinq qu’il préside avec Silvio Berlusconi. En 1991, il se lance dans le cinéma en achetant le groupe Pathé, alors au bord de la faillite, il redressa progressivement la firme au coq en arrivant à refaire de Pathé le leader français des salles de cinéma, ainsi qu'un des principaux producteurs européens. Son frère Nicolas rachète et préside les cinémas Gaumont en 1975. En 2001, les deux frères fusionnent leurs sociétés au sein d’une nouvelle entité, Europalaces, dont Jérôme est l'unique actionnaire depuis 2017.

Sa fortune est estimée en 2023 à 1,5 milliards d'euros[1].

Biographie

modifier

Origines et famille

modifier

Jérôme Seydoux Fornier de Clausonne naît le dans le 16e arrondissement de Paris. Il est le fils de René Seydoux et de Geneviève Schlumberger et petit-fils de Jacques Seydoux et Mathilde Fornier de Clausonne.

Il a deux frères, Nicolas Seydoux et Michel Seydoux.

Son père est géophysicien spécialiste des énergies fossiles, secrétaire général de l'École libre des sciences politiques et président de Schlumberger.

Sa mère est la fille de Marcel Schlumberger et descendante de François Guizot. De par sa mère, il est héritier des Schlumberger, de la dynastie industrielle et banquière protestante[2],[3].

Études supérieures

modifier

Parcours professionnel

modifier

Il commence sa carrière en 1962 en tant qu'analyste financier chez Istel Lepercq and Co à New York. Il est un des fondateurs de la SFAF (Société française des analystes financiers), dont il est le président entre 1961 et 1965. Il est ensuite associé commanditaire en 1964, puis en nom collectif et gérant en 1966, membre du directoire entre 1969 et 1970, de la Banque de Neuflize, Schlumberger, Mallet. Administrateur de Schlumberger Ltd à partir de 1969, il prend le relais de son père René après sa mort (1973). Durant dix-huit semaines seulement, Jérôme Seydoux sera directeur général de Schlumberger, période durant laquelle il est chargé par Jean Riboud, PDG de Schlumberger, de mettre de l'ordre dans les comptes de la société Gaumont dont Schlumberger est actionnaire majoritaire, et acquiert alors le pouvoir et la stature d'un vice-président au sein de Gaumont[4],[5] puis il finit par se faire licencier par Jean Riboud.

En 1976, Jérôme Seydoux, avec le soutien de sa mère Geneviève, reprend le groupe textile Pricel puis, en 1980, le conglomérat Chargeurs ; il succède à Francis Fabre à la tête d'UTA de à , date à laquelle la compagnie est reprise par Air France. Entre-temps, en 1973, il répond à la demande de Philippe Viannay de ne pas diviser les parts familiales dans le capital du Nouvel Observateur puis, en 1977, accepte de participer au capital du Matin de Paris au même niveau que Claude Perdriel. En 1986, aux côtés de Silvio Berlusconi, il préside le conseil d'administration de La Cinq, sa première expérience dans le monde de la télévision. Cet engagement dans les médias se confirme par son entrée dans le capital de Libération en , puis par la prise de contrôle du titre par sa société Chargeurs, en . Entre 1998 et 1999, il est président du conseil d'administration de British Sky Broadcasting, puis de la chaîne Comédie ! en 2002 et président de l'Association pour la télévision numérique en 2001.

En 1990, il rachète à Giancarlo Parretti la société de cinéma Pathé pour 1 milliard de francs dont il devient le PDG jusqu'en 2000, puis président du conseil de surveillance entre 2000 et 2002. Depuis cette dernière date, il est coprésident de Pathé. Le groupe historique était dans un état critique, étant même menacé de démantèlement avant le rachat. Jérôme Seydoux va grandement relancer Pathé, malgré un marché morose qui traversait la crise du cinéma des années 1990[6]. Pathé relancera sa division production, notamment avec Claude Berri. Côté cinéma, Pathé passera de 16 cinémas à plus de 50 en quelques années, via des constructions et rachats. C'est aussi durant cette période que le groupe se relance dans les Pays-Bas, qu'il avait déserté depuis les années 1910, Pathé y deviendra de nouveau le leader de l'exploitation là bas[7].

L'année 2001 voit le rapprochement des activités d'exploitation de salles de cinéma au sein du groupe Europalaces, qui regroupe les salles Pathé et Gaumont, jusqu'à 2017, où la Gaumont se retirera des salles de cinéma et vendra ses parts de Europalaces à Pathé.

Jérôme Seydoux occupe également une place au conseil d'administration de l'Olympique lyonnais et à celui d'Accor. Jusqu'en 2005, il est aussi présent au conseil d'administration de Danone, ainsi que membre et vice-président du conseil de surveillance de la Compagnie du Mont-Blanc.

Après avoir été exclu du film Rien à déclarer, le producteur Thomas Langmann attaque Jérôme Seydoux en justice pour ne pas avoir respecté le contrat de préférence signé entre le réalisateur Dany Boon et son père, Claude Berri. Jérôme Seydoux est condamné à lui verser 2 millions d'euros[8].

En 2015, Jérôme Seydoux et Eduardo Malone vendent leur participation de 27,7 % dans Chargeurs à la holding Columbus de Michaël Fribourg pour 50 millions d'euros[9],[10].

En 2017, il rachète à son frère les parts de Gaumont dans Les cinémas Gaumont Pathé, et devient propriétaire à 100 % de l'entreprise. Cette transaction est évaluée à 380 millions d'euros[11].

Le parquet national financier ouvre en 2021 une enquête à son encontre pour « fraude fiscale aggravée, blanchiment, et association de malfaiteurs », le soupçonnant d’être bénéficiaire de trusts non déclarés implantés au Canada[12].

Face à la crise du covid et ses conséquences sur le septième art, qui a fait chuter la fréquentation dans les salles de cinémas, Jérôme Seydoux décide avec les équipes de Pathé de se lancer dans des grosses productions francaises, comme dans les années 50 et 60, particulièrement des «grandes fresques historiques», peu produites par l'Hollywood actuel, les premiers résultats de cette nouvelle stratégie sont notamment Les Trois Mousquetaires (2023), Le Comte de Monte Cristo (2024), 13 Jours 13 Nuits, (2025) et en 2026, La Bataille De Gaulle. Commercialement, la stratégie initié par Jérôme Seydoux marche globalement, malgré le résultat au box-office mitigé de 13 Jours 13 Nuits[13],[14],[15]. Jérôme Seydoux a par ailleurs toujours admiré le Général de Gaulle, ce qui a motivé sa décision de produire avec un budget conséquent La Bataille De Gaulle[16].

Suite à ces succès, plusieurs groupes du cinéma français vont suivre la stratégie de grandes fresques historiques et de grandes adaptations littéraires initié par Pathé et Jérôme Seydoux, notamment StudioCanal (avec Les Misérables) et SND Films (Dracula de Luc Besson en partenariat avec EuropaCorp, et Fantômas : Le Nouveau Monde en 2027)[17],[18].

Vie privée

modifier

Marié à Hélène Zumbiehl, Jérôme Seydoux a quatre enfants avec celle-ci, Carlotta, Henri Seydoux (le père de Léa), Alexis et Ludovic, avant de divorcer.

Il se remarie en 1988 avec la veuve de son ancien associé Christophe Riboud[19], Sophie Desserteaux-Bessis, quelques mois après le décès accidentel de celui-ci. Sophie Desserteaux-Bessis est petite-fille de Marc Desserteaux et fille adoptive de Marcel Bessis, et présidente de la fondation Jérôme Seydoux-Pathé[20].

Hélène Zumbiehl, sa première épouse, se suicide en 1989, quelques mois après son divorce[2]. Elle laisse à ses enfants une lettre d’explications, avant de mettre le feu à sa voiture et s’y enfermer[2].

En 1991, Jérôme Seydoux a un dernier fils, Jules, avec sa nouvelle épouse Sophie-Desserteaux Bessis. Il décide d’adopter Pénélope, Thomas et Raphaëlla, les enfants que Sophie avait eus avec Christophe Riboud.

Décoration

modifier

À l'écran

modifier

Producteur

modifier
  • Who's Who in France[23]

Publication

modifier

Bibliographie

modifier

Notes et références

modifier
  1. « Jérôme Seydoux et sa famille », sur Challenges,
  2. 1 2 3 Raphaëlle Bacqué, « Le clan des Seydoux », Culture, sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
  3. « Les Schlumberger-Seydoux », Les Échos, Groupe Les Échos, no 18223, , p. 47 (ISSN 0153-4831, lire en ligne).
  4. Alain Poiré, 200 films au soleil, Paris, Ramsay, , 417 p. (ISBN 2-85956-729-1), p. 367.
  5. Les Échos, n°18380, 9 avril 2001, p. 67.
  6. Laurent Creton, « Chapitre 8. L’exploitation cinématographique », Cinéma / Arts Visuels, vol. 5, , p. 64–70 (lire en ligne, consulté le )
  7. « Histoire de Pathé », sur Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (consulté le )
  8. Sophie des Déserts, « Thomas Langmann - L'affranchi », in Obsession n°10, supplément du Nouvel Observateur, mai 2013, pages 64-71.
  9. « Chargeurs Un industriel innovant et ambitieux », Investir, le journal des finances, no 2515, , p. 16
  10. Emmanuel Grasland, « Chargeurs : Jérôme Seydoux tire sa révérence après quarante ans de présence », Les Échos, (lire en ligne)
  11. « Pathé va racheter la part de Gaumont dans leur filiale de salles de cinéma », sur LeFigaro.fr, (consulté le )
  12. Jamal Henni, « Les frères Seydoux soupçonnés d’évasion fiscale », sur Capital.fr, (consulté le )
  13. Caroline Sallé, « Jérôme Seydoux : «Le cinéma est un métier où seuls les fous réussissent» », sur Le Figaro, (consulté le )
  14. La rédaction, « Rencontre avec Jérôme Seydoux », sur Boxoffice Pro, (consulté le )
  15. Mathieu Victor-Pujebet, « Les 10 plus gros bides du box-office français de 2025 : attention à la casse », sur www.ecranlarge.com, (consulté le )
  16. Olivier Delcroix, « Jérôme Seydoux, propriétaire des cinémas Pathé : « Pour moi, faire La Bataille de Gaulle était nécessaire » », sur Le Figaro, (consulté le )
  17. (en-US) Scott Roxborough, « Why France Is Making ‘Les Mis’ Again — and Why This Time Feels Different », sur The Hollywood Reporter, (consulté le )
  18. SeriesDeFilms, « [Cinéma] Le Fantôme de l’Opéra : Une relecture moderne du roman de Gaston Leroux en préparation chez SND », sur seriesdefilms.com, (consulté le )
  19. Le Parisien, « Qui est Jérôme Seydoux, le puissant propriétaire de Pathé », sur Le Parisien (consulté le )
  20. Lena Lutaud, « Le cinéma muet sur une nouvelle voie », encart « Le Figaro et vous », Le Figaro, 10 septembre 2014, p. 30.
  21. Journal officiel du 1er janvier 2009
  22. « Jérôme Seydoux », sur IMDb (consulté le )
  23. Notice biographique sur Who's Who in France.

Voir aussi

modifier