KH-6

Famille de satellites de reconnaissance optique américains

Keyhole 6 ou KH-6 (nom de code Lanyard) est une famille de satellites de reconnaissance développée pour le compte de l'agence de renseignement américaine NRO dont trois exemplaires ont été lancés en 1963 (deux échecs dus au lanceur) avant l'interruption de ce programme devenu obsolète à la suite de l'entrée en service opérationnel des satellites KH-7 (Gambit). Les KH-6 ont été développés dans le but de mettre en oeuvre la caméra développée pour les satellites Samos E-5 victimes de défaillance à répétition.

Description de cette image, également commentée ci-après
Vue orthographique d'un KH-6
Données générales
Organisation Drapeau des États-Unis NRO
Constructeur Drapeau des États-Unis Lockheed Martin, Itek
Domaine Reconnaissance militaire
Type de mission Reconnaissance optique
Nombre d'exemplaires 2
Statut Série retirée du service
Autres noms Gambit 1, Key Hole 7
Lancement 1963
Lanceur Thor-Agena D
Durée de vie jusqu'à 7 jours
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 1 500 kg
Source d'énergie batteries

Les satellites pesaient 1 500 kg et éjectaient le film exposé vers la terre via une capsule unique. Ils étaient mis sur orbite depuis Vandenberg Air Force Base par des lanceurs Thor-Agena. Les clichés couvraient une région de 14 km sur 74, avec une résolution au sol théorique de 1,8 m.

Contexte et historique

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Dans les années 1950 les États-Unis et l'Union soviétique sont plongés dans la guerre froide, une guerre larvée se traduisant par la participation à des conflits dans plusieurs pays tiers et par une course aux armements effrénée. Chacun des deux pays développe des missiles balistiques intercontinentaux et une flotte de bombardiers porteurs de l'arme nucléaire. L'évaluation des forces armées de l'Union soviétique joue un rôle clé dans les décisions stratégiques du gouvernement américain. Pour obtenir ces informations, celui-ci a recours à des avions de reconnaissance photographiques comme l'U-2 qui sont équipés de caméras fournissant des images du sol avec une résolution spatiale de 60 cm et survolent le territoire de l'URSS à très haute altitude, hors de portée de la défense anti-aérienne. Alors que l'ère spatiale n'a pas encore débuté (1957), l'organisme de recherche militaire américain RAND Corporation réalise en 1954 une étude démontrant la faisabilité d'un satellite de reconnaissance équipé d'une caméra de télévision et qui transmet par radio les images réalisées. Sur la base de ce rapport, l'armée de l'air américaine développe le projet de satellite de reconnaissance WS-17L. A la suite du lancement du premier satellite artificiel par l'Union soviétique en 1957, le gouvernement américain décide d'accélérer le projet. Celui-ci est divisé en trois programmes : un satellite de reconnaissance transmettant les photographies numérisées par radio (programme Samos) confié à l'Armée de l'Air, un satellite ayant recours à des films photographiques renvoyés au sol par des capsules confié à la CIA (programme Corona) et un satellite d'alerte précoce[1].

Alors que le programme Corona, après avoir rencontré quelques difficultés, réussit dès 1960 à mettre au point des satellites opérationnels (satellite KH-1 avec une résolution spatiale de 12 m. abaissée à 3 mètres en 1961 avec les KH-3), le programme Samos ne parvient pas à surmonter les problèmes techniques que soulève la transformation de photos argentiques en signaux radio-électriques. Après plusieurs échecs en 1960 et 1961 (satellites Samos de type E-1 et E-2), les responsables de ce projet décident de modifier l'architecture technique et de renvoyer au sol le film photographique argentique. Mais alors que les satellites KH-1/2/3 ne larguent qu'une petite capsule, c'est l'ensemble du satellite E-5 qui effectue une rentrée atmosphérique. Cette nouvelle version est également un échec et fin 1961, après deux lancements, la décision est prise d'annuler le projet. Toutefois la caméra embarquée développée par Itek fournit des images ayant une résolution spatiale nettement supérieure à celle des satellites KH-3 opérationnels à cette époque (1,5 mètres contre 3 mètres). Cette caractéristique est essentielle pour répondre aux besoins de renseignement aussi les responsables américains acceptent de financer un projet de satellite, baptisé Lanyard, embarquant cette caméra tout en utilisant les capsules de récupération des satellites KH-1/2/3. Ce nouveau programme est confié à l'agence de renseignement NRO qui vient tout juste d'être créée et dont l'existence est tenue secrète. A cette époque l'Armée de l'Air développe également le satellite KH-7 Gambit aux performances supérieures (1,2 mètres). Les satellites Lanyard sont vus comme une solution d'attente (les premiers vols des KH-7 sont prévus en 1963) et de secours en cas d'échec du KH-7[2].

Cinq exemplaires de la caméra développée pour les satellites E-5 étaient disponibles. Pour mettre au point le satellite Lanyard l'architecture du Samos E-5 mais également celle de la caméra sont modifiées en profondeur : l'ensemble optique pivote de 180 degrés, les bobines de film sont de plus petite taille, le satellite n'est plus pressurisé, remplacement du lourd miroir en quartz (68 kg) réfléchissant la lumière vers l'ensemble optique par un réflecteur plus léger en béryllium (15 kg), stockage du film après utilisation dans la capsule développé pour le KH-1 par General Electric , etc.[3].

Caractéristiques techniques

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Lancements

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  • KH-6 8001 échec au lancement, le 1963-03-18 1963-F03
  • KH-6 8002 lancé le 1963-05-18 1963-016A
  • KH-6 8003 lancé le 1963-07-31 1963-032A

Références

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  1. (en) gosnold, « History of the US reconnaissance system », sur Satellite Observation - Observing Earth Observation satellites,
  2. (en) Dwayne A. Day, « Lemons to bitter lemonade : from the Samos E-5 to the LANYARD reconnaissance satellite (part 1) », sur The Space Review,
  3. (en) Dwayne A. Day, « Lemons to bitter lemonade : from the Samos E-5 to the LANYARD reconnaissance satellite (part 2) », sur The Space Review,

Sources

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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