Kadomatsu
Le kadomatsu (門松), littéralement « pin du seuil », est un objet décoratif traditionnel du Nouvel An japonais, généralement fait de pin et de bambou qui représentent respectivement la longévité et la santé.
Composition
modifierLa composition de cet arrangement floral, issue de l’ikebana[1] et dont l'usage est d'origine chinoise, varie en fonction des régions. Elle peut être faite de pin, de bambou, de châtaignier ou autre[réf. souhaitée], et peut même ne pas contenir de pin du tout. Les boiseries placées au pied du kadomatsu s'appellent toshi-gi (arbre de l'an)[2]. La portion centrale est généralement constituée de trois bambous de hauteur différente et symbolise le ciel, la terre et l’humanité[1]. On le place en principe devant la maison, de chaque côté du seuil, du 1er au (voire jusqu'au 15)[1] et sa taille varie en fonction de la richesse de la famille.
Variations régionales
modifierDans le Kanto
modifierLes bambous de ces kadomatsu sont coupés droits, au-dessus d'une section du tronc. On parle de style fushidome (節どめ, ふしどめ). À leur pied, la décoration se limite à des branches de pin. L'ensemble est entouré de paille au pied[3].
Dans le Kansai
modifierLes bambous sont taillés en biseau dit sogi-kiri (そぎ切り). L'ensemble est lié au pied par des sections de bambou. En plus des branches de pin, des chrysanthèmes rouges et blancs ou des choux blancs et violets sont placés au pied des bambous. Les branches de pins tendent à être plus longues que dans le Kanto[4].
Le sanctuaire Nishinomiya à Nishimomiya dans la préfecture de Hyogo reprend ces éléments mais l'ensemble est placé la tête en bas pour "que les kamis ne se piquent pas sur les aiguilles de pin". On parle alors de sakasa kadomatsu (逆さ門松, さかさかどまつ)[5].
C'est cette version qui est représentée par l'émoji U+1F38D :🎍.
Dans le Tohoku
modifierAutres variations
modifierExemples
modifierRôle
modifierIl représente la maison temporaire des kamis pour le Nouvel An et peut donc être l'objet d'offrandes et de décorations. Le kadomatsu constitue ainsi un yorishiro, un support rituel destiné à accueillir la présence du toshigami, le kami du nouvel an, dont la venue est censée assurer une récolte abondante[9]. Le kadomatsu est ensuite brûlé avec les autres décorations du Nouvel An et la fumée qui s'en échappe permet au kami de l'an de repartir[1].
Histoire
modifierDans certains villages, on commémore l'arrivée des ancêtres de la famille, notamment les Heike (平家), qui, fuyant la guerre, n'auraient pas pu mettre le kadomatsu à temps pour le Nouvel An, en ne mettant volontairement pas de kadomatsu à la porte des maisons.
Références
modifier- 1 2 3 4 Francesca Alongi, « Surprenants kadomatsu : l'art floral japonais du Nouvel An », sur www.lefigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ Caillet 2002, p. 94.
- ↑ (ja) « 華麗なる一族」の門松制作 »,
- ↑ Chikako Koga, « 関西の門松にはキャベツみたいなあのやつ(ハボタン)が植わる ←東京のには無い »,
- ↑ (ja) « 門松の歴史と由来 »
- ↑ « 丸森町で伝統の門松飾り設置 », sur NHK Miyagi,
- ↑ (ja) Shigeru Kawamoto, « 仙台藩の伝統的な門松を知っていますか? 巨大で豪壮な仙台門松、復活の動き »,
- ↑ (ja) « 門松や門松用若松の種類と飾り方 »
- ↑ (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 780
Annexes
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Laurence Caillet, Fêtes et rites des quatre saisons au Japon, POF (Publications Orientalistes de France), coll. « La Bibliothèque japonaise », , 612 p. (ISBN 2-7169-0334-4).