Kaikhenet (tombe A2)
Kaikhenet est un ancien gouverneur local égyptien de la Xe province de Haute-Égypte, le nome du Cobra (Ouadjet Wȝḏ.t en langue égyptienne). Kaikhenet vit pendant la Ve dynastie et est connu par sa tombe rupestre décorée à Hemamieh. Les tombes rupestres décorées sont très rares dans la province égyptienne avant la fin de la Ve dynastie. Les tombes d'Hemamieh sont une exception. Elles font partie des plus anciennes de la province.
| Kaikhenet | |||||
Statues de Kaikhenet et de son épouse Ioufi, dans la tombe | |||||
| Nom en hiéroglyphe | |||||
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| Transcription | Kȝ.j-ḫnt | ||||
| Période | Ancien Empire | ||||
| Dynastie | Ve dynastie | ||||
| Fonction principale | gouverneur de la Xe province de Haute-Égypte | ||||
| Prédécesseur | Kaikhenet (tombe A3) (?) | ||||
| Successeur | Râhotep (?)Kaikhenet (tombe A3) (?) | ||||
| Famille | |||||
| Père | Kaikhenet (tombe A3) (?) | ||||
| Mère | Khentkaous (?)Kheredet (?) | ||||
| Conjoint | Ioufi | ||||
| Enfant(s) | ♂ Râhotep♂ Kaires♀ Néfertkaou♀ Djéfa | ||||
| Sépulture | |||||
| Nom | A2 | ||||
| Type | Tombe rupestre | ||||
| Emplacement | Hemamieh | ||||
| Fouilles | 1905 : Ernesto Schiaparelli | ||||
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Attestation et titres
modifierKaikhenet est avant tout attesté dans sa propre tombe[1]. Ses titres sont les suivants[2],[3] :
- « Fils du roi » (sȝ-nsw.t),
- « Fils du roi de sa chair » (sȝ-nsw.t nj ẖt=f),
- « Iry-pât » (jry-pˁt),
- « Chef du palais cérémoniel » (jmy-r ˁḥ),
- « Chef des missions » (jmy-r wpwt),
- « Chef des colons » (jmy-r nsw.tiw),
- « Chef des phylés de Haute-Égypte » (jmy-r sȝ.w s̆mˁw),
- « Chef des travaux » (jmy-r kȝ.t),
- « Chef des travaux du roi » (jmy-r kȝ.t n.t nsw.t),
- « Chef des travaux du roi dans les nomes centraux de Haute-Égypte » (jmy-r kȝ.t m sȝpwt ḥrjwt-jb s̆mˁw),
- « Chef de tous les travaux du roi dans les nomes centraux de Haute-Égypte » (jmy-r kȝ.t nb.t m sȝpwt ḥrjwt-jb s̆mˁw),
- « Grand des Dix de Haute-Égypte » (wr mḏ s̆mˁw),
- « Connu du roi » (rḫ nsw.t),
- « Chef du grand domaine enclos » (ḥḳȝ ḥw.t-ˁȝ.t),
- « Chambellan » (ḫrp ˁḥ),
- « Ami unique » (smr wˁtj).
Ces titres indiquent qu'il est fortement impliqué dans l'organisation du travail dans sa province mais aussi dans les provinces voisines.
Généalogie
modifierKaikhenet est l'époux de la « fille du roi de sa chair » Ioufi, aussi « connue du roi », « prêtresse de Neith, au nord du mur », et « prêtresse d'Hathor, dame de Denderah »[4]. Avec cette dernière, il a eu deux fils, Râhotep (peut-être le nomarque enterré dans la tombe C5) et Kairès (« scribe », ss̆), et de deux filles, Néfertkaou et Djéfa[5].
Ioufi et Kaikhenet portent des titres de filiation royale ; la réalité de cette filiation n'est pas certaine. Cependant, selon Émilie Martinet, Kaikhenet a été envoyé comme nomarque par le roi dans le nome du Cobra, et lui, ainsi que son épouse, devaient être apparentés à la famille royale[6]. Les titres de « fils de roi » et de « fille de roi » ont été à un moment ciselés ; la raison en est inconnue[7].
La relation entre Kaikhenet enterré dans la tombe A2 et son homonyme enterré dans la tombe A3 n'est pas certaine. Ainsi, Ali el-Khouli et Naguib Kanawati considère que celui enterré dans la tombe A3 était le père de celui enterré dans la tombe A2 ; à l'appui de cette position, ils avancent que le fils de Kaikhenet de la tombe A3, nommé également Kaikhenet, serait identique au propriétaire de la tombe A2[8]. Cependant, Klaus Baer, rejoint par Michel Baud[1] et par Émilie Martinet[9], place Kaikhenet de la tombe A2 avant celui de la tombe A3, en se basant sur la chronologie relative des tombes, sur les titres, sur l'iconographie, et aussi sur les liens de parenté et les homonymies. L'un de ces éléments est qu'une certaine Kheredet est mentionnée dans la tombe A2 ; elle est considérée comme la sœur de Kaikhenet de la tombe A2 par Ali el-Khouli et Naguib Kanawati, tandis qu'elle est considérée comme sa mère par Michel Baud, ce qui, dans ce dernier cas, exclut complètement Khentkaous, seule épouse connue de Kaikhenet de la tombe A3, de la maternité de Kaikhenet de la tombe A2[10].
Sépulture
modifierLa tombe de Kaikhenet est taillée dans la roche. Elle est formée d'une passerelle en forme de U, laissant un bloc de roche rectangulaire entre la passerelle en forme de U. Ce bloc de roche taillé a formé une sorte de mastaba. Le mastaba mesure environ dix mètres de long et environ quatre mètres de large. La passerelle est principalement décorée des deux côtés de la longue galerie qui se forme à l'arrière du mastaba. Les fausses portes sont taillées dans le mastaba sur son côté est[3]. La décoration de la tombe de Kaikhenet est sculptée en relief dans la passerelle taillée dans la roche. Les représentations montrent Kaikhenet, sa famille et ses serviteurs. Il y a des porteurs d'offrandes et des représentations de bateaux.
Notes et références
modifier- 1 2 Baud 2005, p. 597-603.
- ↑ Baud 2005, p. 597.
- 1 2 el-Khouli et Kanawati 1990, p. 26-27.
- ↑ Baud 2005, p. 407.
- ↑ el-Khouli et Kanawati 1990, p. 27-28.
- ↑ Martinet 2024, p. 109.
- ↑ Baud 2005, p. 603.
- ↑ el-Khouli et Kanawati 1990, p. 12-13.
- ↑ Martinet 2024, p. 158.
- ↑ Baud 2005, p. 602.
Bibliographie
modifier- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
- (en) Ali el-Khouli et Naguib Kanawati, The Old Kingdom tombs of El-Hammamiya : with contributions, drawings and photographs by A. McFarlane, N. Charoubim, N. Victor and R. Scannell, Sydney, Australian Centre for Egyptology Reports (no 2), (ISBN 0858377020) ;
- Émilie Martinet, La fabrique des élites dans l'Égypte pharaonique, Bruxelles, Éditions Safran, , 240 p. (ISBN 978-2874571404) ;
- (en) Bertha Porter et Rosalind Moss, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Reliefs, and Paintings, vol. V : Upper Egypt: Sites. Oxford, Oxford, The Clarendon Press, .