Perruche de Malherbe
Cyanoramphus malherbi
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Psittaciformes |
| Famille | Psittacidae |
| Genre | Cyanoramphus |
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CR A2bce :
En danger critique
Statut CITES
Le Kakariki de Malherbe (Cyanoramphus malherbi) est l'une des sept espèces vivantes appartenant au genre Cyanoramphus, deux autres espèces sont en effet aujourd'hui éteintes.
Cet oiseau est dédié au naturaliste français, Alfred Malherbe (1804-1865).
Description
modifierLe Kakariki de Malherbe se reconnaît à son front orange. Il mesure environ 20 cm. Il est appelée kākāriki karaka en Nouvelle-Zélande[1].
C'est une petite perruche néo-zélandaise au plumage vert et à la queue longue, pourvue d'une couronne d'un jaune citron bien marquée et d'un fin trait orangé reliant la base du bec à chacun des yeux rouges. Les juvéniles, plus ternes, peuvent ne pas présenter cette bande orangée ni cette couronne. Discrète et généralement silencieuse, elle se repère surtout à son babil sonore et fugace qui trahit sa présence ; en couple, ils produisent des cris de contact plus étouffés. À l'automne et en hiver, ces oiseaux se rassemblent en petits groupes. La perruche de Malherbe se distingue de la perruche à couronne jaune par sa taille inférieure et l'absence de bande frontale écarlate et de taches rousses sur le croupion. Le juvénile de cette dernière peut toutefois prêter à confusion, et les vocalisations des deux espèces restent difficiles à distinguer[2].
Systématique
modifierL'espèce a longtemps été considérée comme un simple variant chromatique de C. auriceps, elle est désormais largement admise comme étant distincte, principalement sur la base du choix assortatif du partenaire et de la morphologie du bec, éléments corroborés par des données moléculaires. La forme hochstetteri de C. novaezelandiae a un temps été rattachée à cette espèce à titre de sous-espèce, vraisemblablement à tort. L'espèce est monotypique[3].
Répartition
modifierJadis réparti sur l'essentiel de la Nouvelle-Zélande, l'espèce ne subsiste plus aujourd'hui que dans le nord de l'île du Sud où elle ne survit plus que dans trois vallées de hêtraies des régions intérieures de Canterbury[2]. Des individus ont été transplantés vers plusieurs îles sanctuaires au large de l'île du Sud (Chalky, Maud et Blumine) ainsi que dans l'île du Nord (à Tuhua)[3].
Habitat
modifierCette espèce affectionne les lisières des forêts de Nothofagus. Dans une zone d'étude il est apparu que la reproduction est strictement limitée à une altitude comprise entre 600 et 900 mètres, au sein de peuplements de N. fusca, bien que la préférence aille aux zones limitrophes de N. solanderi. Autrefois signalée depuis le niveau de la mer jusqu'aux landes subalpines, les populations transférées sur l'île Maud exploitent désormais les écotones où la forêt côtière à feuillus rencontre les fourrés de manuka (Leptospermum scoparium), ainsi que les interfaces entre les plantations de pins et ces mêmes fourrés où elles se nourrissent[3].
Régime alimentaire
modifierCet oiseau se nourrit essentiellement de cochenilles, bourgeons floraux et foliaires, fleurs, jeunes feuilles, baies et graines[3].
Statut de conservation
modifierL'espèce est inscrite sur la Liste rouge de l'UICN comme étant en danger critique d'extinction (CR) et figure à l'annexe II de la CITES. En effet, alors qu'au XIXème siècle, l'espèce était répandue en Nouvelle-Zélande, son aire de répartition et sa population ont considérablement régressé depuis. Seules quelques populations reproductrices subsistent dans trois vallées de l'île du Sud : celle de la rivière South Branch Hurunui, celle de la rivière Hawdon et la vallée de Poulter. Des observations sporadiques ont également été rapportées dans d'autres vallées. Le déclin est principalement attribué à la prédation par des espèces introduites, notamment les hermines (Mustela erminea) et les rats (Rattus spp.). Une chute brutale récente, provoquée par des proliférations de rats durant deux étés consécutifs, a fait passer la population de 500 à 700 individus avant l'an 2000 à seulement 100–200 en 2004. Depuis 2005, des individus ont été transférés sur quatre îles sanctuaires : Chalky, Maud, Tuhua et Blumine. Début 2013, la population totale était estimée entre 290 et 690 individus. Les populations résiduelles de l'île principale représentaient 130 à 270 oiseaux, tandis que les populations des autres îles en comptaient 160 à 420. La répartition estimée des sous-populations était la suivante :
- Vallée de la rivière Hawdon (population la plus importante) : 70 à 200 individus.
- Vallée de Poulter : 40 à 80 individus.
- Vallée de la rivière South Branch Hurunui : 20 à 40 individus.
- Îles de transfert : 50 à 150 individus matures sur Chalky, 10 à 20 sur Maud, potentiellement 50 à 150 sur Tuhua et 50 à 100 sur Blumine.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence en raison de la difficulté à distinguer cette espèce de la perruche à tête d'or (C. auriceps) qui lui est sympatrique. Tandis que les populations de l'île principale semblent en déclin, les effectifs augmentent sur certaines îles. La vallée de la rivière South Branch Hurunui est protégée par le parc de conservation de Lake Sumner (réserve de catégorie V de l'UICN faisant 1050 km²), et les vallées de Hawdon et de Poulter se situent au sein du parc national d'Arthur's Pass (parc de catégorie II de l'UICN faisant 1185 km²). Tous les nids découverts sont protégés contre les prédateurs envahissants ; depuis 2003, un seul nid sur 153 a été perdu de cette manière. Des cas de spoliation de nids par l'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) ont également été signalés[3].
En 2026, un couple de perruches élevées en captivité à Christchurch aurait donné naissance à plus de 10% de la population locale, en l'espace de deux ans, contribuant ainsi significativement aux efforts de préservation de l'espèce[1].
Références
modifier- 1 2 Sascha Garcia, « En Nouvelle-Zélande, les perruches Nacho et Trixie bien décidées à sauver les kākāriki karaka de l’extinction », Libération, (lire en ligne)
- 1 2 (en) « Malherbe's Parakeet - eBird » [archive du ], sur ebird.org (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) Nigel Collar, Christopher J. Sharpe et Peter F. D. Boesman, « Malherbe's Parakeet (Cyanoramphus malherbi), version 1.0 », Birds of the World, (ISSN 2771-3105, DOI 10.2173/bow.malpar2.01, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Oiseaux.net : Cyanoramphus malherbi (+ répartition)
- (en) Congrès ornithologique international : Cyanoramphus malherbi dans l'ordre Psittaciformes (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Cyanoramphus malherbi dans Psittaciformes
- (en) Catalogue of Life : Cyanoramphus malherbi Souance, 1857 (consulté le )
- (fr + en) Avibase : Cyanoramphus malherbi Souancé, 1857 (+ répartition) (consulté le )
- (en) CITES : Cyanoramphus malherbi Souancé, 1857 (+ répartition sur Species+) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Cyanoramphus malherbi (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Cyanoramphus malherbi Souance, 1857
- (en) Animal Diversity Web : Cyanoramphus malherbi
- (en) NCBI : Cyanoramphus malherbi (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Cyanoramphus malherbi Souancé, 1857 (consulté le )