Kamikaze (film)

film de Didier Grousset, sorti en 1986

Kamikaze est un film français réalisé par Didier Grousset, sorti en 1986.

Kamikaze
Réalisation Didier Grousset
Scénario Luc Besson
Didier Grousset
Michèle Pétin
Acteurs principaux Richard Bohringer
Michel Galabru
Dominique Lavanant
Sociétés de production ARP Sélection
Les Films du Loup
Gaumont
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Science-fiction, thriller
Durée 90 minutes
Sortie 1986

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Albert, scientifique misanthrope, est limogé de son poste de chercheur après trente ans de bons et loyaux services. Il est hébergé chez son neveu Patrick et sa femme Léa, qui partent le lendemain en vacances, le laissant seul dans la grande maison. Désœuvré, Albert passe alors ses journées et ses nuits rivé à l'écran de télévision, visionnant émissions et annonces de programmes en continu. Son irritation à l'égard des speakerines ne cesse alors de croître : il les insulte à voix haute, leur reprochant leurs sourires figés et leurs voix aiguës. Il met secrètement au point, dans le débarras jouxtant sa chambre, un canon à micro-ondes à retour de faisceau qui lui permet de tuer la présentatrice à travers son écran de télévision, qui explose à l'antenne devant des millions de téléspectateurs. .

Patrick et Léa rentrent de vacances et retrouvent un Albert plus taciturne que jamais, qui continue de passer ses nuits à injurier les speakerines. Léa s'inquiète de son comportement ; Patrick minimise. Entre-temps, un second meurtre se produit en direct. Les journaux télévisés annoncent la mort de la présentatrice Huguette Tranchet, officiellement attribuée à « une cause naturelle inexpliquée ». Albert s'indigne devant ses neveux, et remonte aussi sec dans sa chambre tuer le présentateur avec sa machine.

L'inspecteur Romain Pascot est désigné responsable de l'enquête, sous la pression de Mme Laure Frontenac, secrétaire d'État à la communication. Le médecin légiste ne peut que constater l'inexplicable : aucune trace de projectile où d'un quelconque résidu de tir. Les caméras du plateau sont démontées, mais n'ont rien à révéler. Pascot demande à la brigade balistique de calculer la trajectoire fictive de l'hypothétique projectile, concluant que le tir provient de face, dans l'axe exact de la caméra. En analysant les enregistrements vidéo image par image, il identifie un éclair bleu fugace précédant chaque explosion d'un très court instant. Fort de ces indices, Pascot énonce sa théorie à ses collaborateurs incrédules : le tueur « tire à travers la télévision ». Il obtient finalement le feu vert de Mme Frontenac pour poursuivre dans cette direction.

Un troisième meurtre survient sur une chaîne concurrente. Pascot, brièvement écarté de l'affaire par ses supérieurs, est rapidement rappelé. Il prend alors des mesures radicales : tous les studios sont placés sous surveillance policière, et toute prise de parole en direct est suspendue sur l'ensemble des chaînes, jusqu'à ce que soient installés en régie des dispositifs d'enregistrement permettant la diffusion avec un différé de quelques secondes. Albert se rend compte du subterfuge en tentant de faire une nouvelle victime, et s'emploie à recalibrer sa machine, parvenant même à forcer n'importe quelle caméra de n'importe quel plateau à diffuser en direct pour frapper n'importe où et à tout moment, ce qui coûte la vie à un technicien. Parallèlement, Pascot réunit une cellule de scientifiques de renommée internationale — physiciens, psychologues, spécialistes en électronique et en communications — qui confirment la faisabilité du procédé et en décrivent le mécanisme précis : le tueur a substitué au réseau hertzien classique un réseau à ultrasons très concentré qui remonte jusqu'à la caméra de télévision et concentre son énergie sur les organes internes de la victime. Ils proposent une contre-mesure : émettre une onde ultrasonore équivalente une fraction de seconde avant le prochain tir, ce qui détruirait le dispositif du tueur et, avec un peu de chance, son utilisateur, son propre rayon étant envoyé une fraction de seconde après dans un collecteur. Mais la réussite de l'opération nécessire de l'inciter à tirer à un instant voulu par les scientifiques, et pour cela un discours conçu par ordinateur sera lu à l'antenne entre au milieu de la nuit, à une heure où l'audience est quasi nulle. C'est Mme Frontenac elle-même qui est désignée pour lire le discours à l'antenne, son profil étant le plus proche de celui des cibles du tueur, et à l'instant zéro elle se détournera de l'axe de la caméra, révélant derrière elle le contre dispositif qui enverra l'onde adverse à travers la caméra.

Durant la diffusion nocturne, le compte à rebours s'égrène en régie. À zéro, Mme Frontenac s'adresse directement au tueur dans un discours chronométré de cinq minutes, lui parlant de son génie méconnu, de son inventivité, de l'admiration des plus grands scientifiques du monde pour son travail. Albert, captivé, écoute, jusqu'à ce que Léa, qui a découvert la vérité en voyant le discours sur la télé d'en bas, tente d'ouvrir la porte et prévient Patrick. Furieux d'être interrompu, Albert tire sur elle à travers la porte avec un pistolet. Sur le plateau, alors que le compte à rebours arrive bientôt à sa fin, Pascot prend subitement la place de Fontenac et, de manière totalement improvisée, invective directement Albert avant de tirer lui-même à travers la caméra en même temps que lui. Malgré cet imprévu le plan de la police fonctionne, le dispositif d'Albert est mis hors d'usage. Patrick, qui était monté sur le toit pour débrancher l'antenne, est destabilisé par la surchage et fait une chute mortelle. Peu après, Albert dispose les deux corps devant la maison, dans une mise en scène laissant penser à une dispute de couple qui aurait mal tourné.

De son côté, la police recoupe les signalements de surchages électriques de télévisions de la région, et explore la cinquantaine de foyers suspects. Pascot finit par arriver chez Albert, qui joue le rôle du vieil oncle transi de douleur après la mort de Patrick et Léa, et qui s'apprêtait à partir loin. Mais Pascot, dont l'instinct l'a guidé tout au long de l'enquête, remarque l'absence de téléviseur dans la chambre d'Albert — alors même que l'intéressé prétend s'endormir souvent devant la télé — et malgré le fait que le placard où Albert utilisait sa machine a été débarrassé, finit par découvrir cette dernière cachée dans le faux plafond. Mais, alors que Pascot s'apprête à l'arrêter, des agents des services secrets font irruption et abattent froidement Albert au nom de la « raison d'État ».

Fiche technique

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Distribution

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Production

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Le titre du film peut s'expliquer par le comportement d'Albert, qui entame un combat désespéré contre la société, en sachant que cela finira probablement par sa mort. En hommage aux pilotes kamikazes japonais de la Seconde Guerre mondiale, Albert se farde le visage en blanc comme un acteur de théâtre japonais Nô et noue autour de son front un bandeau Hachimaki aux couleurs du drapeau du Japon (Hinomaru), blanc orné d'un cercle rouge.[réf. nécessaire]

Sortie et accueil

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Distribué par la Gaumont, Kamikaze, qui est reçu correctement par la presse spécialisée, sort dans les salles françaises le en pleine période de crise du cinéma[1] et doit faire face à la concurrence du long-métrage controversé de Serge Gainsbourg, Charlotte For Ever, qui est distribué par AMLF dans 40 salles de cinéma sur Paris et sa banlieue[1]. Le jour de sa sortie, Kamikaze prend la tête des nouveautés avec 10 373 entrées, se payant le luxe de faire mieux que le film de Gainsbourg, qui ne totalise que 5 715 entrées.

En première semaine, Kamikaze prend la cinquième place du box-office français avec 190 000 entrées sur l'ensemble du territoire français[5], dont 72 648 entrées sur la capitale, où il occupe la troisième place du box-office[6]. En deuxième semaine, le film connaît une baisse avec 88 167 entrées, portant le cumul à 278 483 entrées[7]. Réussissant à se maintenir durant les fêtes de Noël avec 84 451 entrées supplémentaires, il passe le cap des 400 000 entrées lors du passage à 1987 et finit sa course avec 490 145 entrées totalisées durant son exploitation[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Virgile Dumez, Frédéric Mignard, « Kamikaze : la critique du film », sur Cinedweller (consulté le ).
  2. ↑ Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2025.
  3. ↑ « Dates de sortie » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database
  4. ↑ « KAMIKAZE : Visas et Classification », sur CNC (consulté le ).
  5. ↑ Fabrice Ferment, « BO France - 16 décembre 1986 », sur Les Archives du Box-office - chiffres CNC, (consulté le )
  6. ↑ Renaud Soyer, « BOX OFFICE PARIS DU 10/12/1986 AU 16/12/1986 », sur Box Office Story, (consulté le ).
  7. ↑ Fabrice Ferment, « BO France - 23 décembre 1986 », sur Les Archives du Box-office - chiffres CNC, (consulté le )

Liens externes

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