Karen Wetterhahn

chimiste américaine

Karen Wetterhahn, née le à Plattsburgh (New York) et morte le à Lyme (New Hampshire), est une chimiste américaine, célèbre pour les circonstances de son décès, dû à un produit chimique qu'elle manipulait.

Karen Wetterhahn
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Biographie
Naissance
Décès
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LebanonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Karen Elizabeth WetterhahnVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Période d'activité
Autres informations
A travaillé pour
Chaire
Professeur titulaire (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeur de thèse
Stephen Lippard (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Karen Wetterhahn née à Plattsburgh[1], elle obtient une licence à l'université de St. Lawrence en 1970 puis un doctorat à l'université Columbia en 1975[2] sous la direction de Stephen J. Lippard (en)[3]. Elle obtient son doctorat avec la mention magna cum laude. .

En 1976, elle devient professeur au Dartmouth College, tout en poursuivant ses travaux de recherche. Elle publie 85 articles[1],[4].

Promotion des femmes

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Etant la première femme professeur de chimie de l'université, Karen Wetterhahn participe à un programme de promotion des femmes Women in Science Project (WISP). En 1990, la proportion de filles en filières scientifique est de 13% dans l'université, elle le fait monter à 25%[1],[5],[6].

Accident

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Elle mène de nombreuses recherches sur les effets des métaux lourds sur la santé. En 1996, elle étudie les interactions entre les ions mercure et la réparation de l'ADN au laboratoire de chimie du Dartmouth College. Pour ce faire, elle utilise du diméthylmercure (Hg(CH3)2), une forme de méthylmercure, comme référence pour des mesures de résonance magnétique nucléaire (RMN).

Malgré le respect des règles de sécurité admises jusqu'alors (port de gants, de lunettes de sécurité, travail sous la hotte, etc.), un accident a lieu. D'après ses cahiers de laboratoire, on date cet accident du . Quelques gouttes de diméthylmercure traversent son gant de latex et pénètrent sa peau[7] en moins de 15 secondes[8].

Les premiers symptômes de cette intoxication apparaissent au début du mois de  : baisse du champ de vision, difficulté à parler… L'intoxication est finalement diagnostiquée le avec mg de mercure par litre de sang[9].

Karen Wetterhahn meurt le à l'âge de 48 ans.

Analyse de l'intoxication mortelle

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La concentration de diméthylmercure dans le sang observée habituellement est de 1 à 8 μg par litre. La toxicité est avérée au-delà de 200 μg par litre[10],[11].

Le diméthylmercure a montré ici une toxicité encore plus importante que celle qu'on lui supposait. Il est létal à la concentration de mg/kg. C'est l'une des neurotoxines les plus puissantes connues. Il traverse sans problème la barrière hémato-encéphalique et tend à se concentrer au niveau du cerveau.

Cet accident a modifié le comportement des chimistes lors de la manipulation du diméthylmercure. De plus, la communauté chimiste souhaite remplacer le diméthylmercure comme étalon pour les mesures de RMN. Le tétraméthylsilane (TMS) est désormais employé dans ce rôle.

Références

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  1. 1 2 3 « Karen Wetterhahn; Dartmouth Scientist », Los Angeles Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. « In Memoriam Karen E. Wetterhahn, Ph.D. 1948−1997 », Chemical Research in Toxicology, vol. 10, no 9, , p. 923 (DOI 10.1021/tx9704922 Accès libre)
  3. Janice Long, « Mercury poisoning fatal to chemist », Chemical & Engineering News, vol. 75, no 24, , p. 11–12 (DOI 10.1021/cen-v075n024.p011a)
  4. Michael B. Blayney, David Nierenberg, Thomas V. O’Halloran, Dean E. Wilcox et John S. Winn, « Twenty-Five Years AgoRemembering the Life and Loss of Professor Karen E. Wetterhahn », ACS Chemical Health & Safety, vol. 29, no 4, , p. 325–326 (ISSN 2472-1115, DOI 10.1021/acs.chas.2c00034 Accès libre, lire en ligne)
  5. Karen Endicott, « The Trembling Edge of Science », Dartmouth Alumni Magazine, (lire en ligne [archive du ])
  6. « A Tribute to Karen Wetterhahn » [archive du ], Dartmouth College,
  7. (en) « Karen Wetterhahn; Dartmouth Scientist », Los Angeles Times,
  8. « DimethylMercury and Mercury poisoning », sur www.chm.bris.ac.uk (consulté le )
  9. U.S. Department of Labor, Occupational Safety & Health Administration (OSHA) - Directorate of Science, Technology and Medicine. Document signé Steven F. Witt, directeur. Dimethylmercury, Hazard Information Bulletin : « The mercury level in the urine was 234 μg·L-1; blood mercury level was 4,000 μg·L-1 five months after the exposure (background levels in unexposed populations are 4-5 μg·L-1 and 1-8 μg·L-1 respectively). » 9 mars 1998.
  10. (en) David W. Nierenberg, Richard E. Nordgren, Morris B. Chang et Richard W. Siegler, « Delayed Cerebellar Disease and Death after Accidental Exposure to Dimethylmercury », New England Journal of Medicine, vol. 338, no 23, , p. 1672–1676 (ISSN 0028-4793 et 1533-4406, DOI 10.1056/NEJM199806043382305, lire en ligne, consulté le )
    Ce diagnostic a été critiqué par la suite : (en) « Death after Exposure to Dimethylmercury », New England Journal of Medicine, vol. 339, no 17, , p. 1243–1244 (ISSN 0028-4793 et 1533-4406, DOI 10.1056/NEJM199810223391712, lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) David W. Nierenberg, Richard E. Nordgren, Morris B. Chang et Richard W. Siegler, « Delayed Cerebellar Disease and Death after Accidental Exposure to Dimethylmercury », New England Journal of Medicine, vol. 338, no 23, , p. 1672–1676 (ISSN 0028-4793 et 1533-4406, DOI 10.1056/NEJM199806043382305, lire en ligne, consulté le )