Karl Münter

soldat Waffen-SS et criminel de guerre

Karl Munter (né le et mort le à Nordstemmen, en Basse-Saxe, en Allemagne) est un soldat SS condamné par contumace pour le meurtre de 86 Français à Ascq (Villeneuve-d'Ascq) (Nord), dans la nuit du samedi au dimanche des Rameaux le , environ deux mois avant le débarquement allié en Normandie.

Karl Muenter
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Biographie

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Karl Münter[1],[2],[3]est né en 1922 en Allemagne[4],[5],[6].

Le Massacre d'Ascq

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Karl Münter est âgé de 21 ans, et membre de la 12e division SS Hitlerjugend, lorsque dans la nuit du , un train transportant 400 soldats de sa division déraille légèrement à la suite d'un sabotage de la Résistance. En représailles, 86 hommes du village d'Ascq sont fusillés, le plus jeune âgé de 15 ans[7].

Condamné à mort par contumace

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Karl Münter est condamné à mort in absentia par un tribunal militaire français en 1949 pour son rôle dans le massacre d'Ascq. Il est pardonné en 1955 dans le cadre de la réconciliation franco-allemande[7].

Après-guerre

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Statut Judiciaire et Prescription

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K. Münter a fait l'objet d'une condamnation par contumace en 1949. Selon la loi française, les actions pour crimes de guerre — catégorie dans laquelle la Chancellerie française classait les faits reprochés à Münter — se prescrivent après trente ans si la peine n'a jamais été purgée. Cette règle contraste avec le droit allemand et, surtout, avec l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité[8].

De plus, l'accord de Schengen (Art. 54) a rendu cette prescription applicable en Allemagne via le principe non bis in idem (interdiction de juger une personne deux fois pour les mêmes faits) — et ce, même si des juristes allemands soulignent la différence entre le procès de 1949-1950 et les procédures pénales contemporaines.

Par conséquent, à la demande du bureau d'entraide pénale internationale du ministère français de la Justice, le procureur général Bernd Kolkmeier, de Celle, a clos la procédure en Allemagne le , considérant que K. Münter ne pouvait plus être jugé.

Célébrité Néo-Nazie et Conséquences Médiatiques

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Malgré l'abandon des poursuites, l'ancien SS a bénéficié d'une publicité inattendue qui a attiré l'attention des cercles néo-nazis locaux.

Le , il est notamment invité par Thorsten Heise, vice-président fédéral du NPD, à un rassemblement privé à Fretterode (Thuringe) réunissant une centaine d'admirateurs du IIIe Reich. Lors de cet événement, Münter, promu au rang de « héros » par les participants, a donné une « conférence » et a signé de nombreux autographes sur ses photos en uniforme SS, exhibant également ses mémoires de guerre.

Cet événement a alerté la presse et a mené à une enquête journalistique. Des reporters de la première chaîne publique allemande, ayant appris l'existence de cette rencontre, se sont rendus au domicile de l'ancien SS pour l'interviewer. K. Münter les a accueillis et, en dépit de ses affirmations ultérieures selon lesquelles il n'aurait pas été au courant d'être filmé, il a tenu des propos ouvertement négationnistes concernant les SS, la Shoah et le massacre d'Ascq.

- Sur le massacre d’Ascq :

« Karl M. : “Si je les arrête, ils doivent rester là jusqu’à ce que ça se tasse. Et s’ils veulent filer, c’est qu’ils ont à coup sûr quelque chose sur la conscience, donc, en tant que gardien, j’ai des raisons de les abattre. S’ils ont pris ma balle, c’est qu’ils ont eu la poisse.”

Journaliste : “Vous n’avez pas tiré un seul coup de feu ?”

Karl M. : “Je n’ai pas tiré un seul coup de feu.”

Journaliste : “Vous étiez juste là ?”

Karl M. : “Oui.” » […]

Suite à la diffusion du reportage en Allemagne, qui a mis en lumière les déclarations jugées scandaleuses de K. Münter, une journaliste allemande s'est rendue à Ascq pour rencontrer des familles de victimes du massacre. En découvrant les propos tenus par l'ancien SS, ces familles ont décidé de déposer plainte.

L'affaire a également eu des répercussions politiques en Allemagne. En 2019, Katharina König-Preuss (députée du Parti de gauche au parlement de Thuringe) a déposé plainte contre Karl Münter pour des motifs incluant le négationnisme, la négation des crimes nazis et d'autres infractions pénales potentielles.

En , le parquet de Hildesheim a donné suite à ces démarches en inculpant effectivement l'ancien SS pour « incitation à la haine raciale » et « atteinte à la mémoire des morts ».

Ces nouvelles poursuites, intentées spécifiquement pour ses déclarations (et non pour les crimes de guerre de 1944), ont été éteintes par le décès de K. Münter en .

  1. (en) DAVID RISING. Convicted Nazi who escaped justice dies in Germany at 96. timesofisrael.com. 23 September 2019.
  2. (en) Former SS soldier charged over disparaging memory of Nazi victims dies. thejournal.ie. September 2019.
  3. (en) GOOD RIDDANCE: Convicted Nazi Who Escaped Justice Dies In Germany At 96. theyeshivaworld.com. September 23, 2019.
  4. ministére de la défense division des affaires pénales militaires depôt central d'archives de la justice militaire boite postale 214 36300 Leblanc France
  5. « The accused in the Ascq trial - Axis History Forum », sur forum.axishistory.com (consulté le )
  6. « Massacre d'Ascq, près de Lille : l'ancien soldat SS Karl Münter est mort à 96 ans », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le )
  7. 1 2 (en) « Former SS soldier Karl Muenter who murdered at least 86 men dead at 96 », sur metro.co.uk.,
  8. [vidéo] « Massacre d'Ascq : l'ancien SS Karl Münter n'a "aucun regret" », France 3 Hauts-de-France, , 2:17 min (consulté le )

Articles connexes

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