Kathy Baig, née à Laval, est une ingénieure et dirigeante d'organisations et d'institutions au Québec. Elle a commencé sa carrière, en 2005, dans le secteur privé, pour des entreprises telles que IBM, Stantec et Aéroports de Montréal. De 2016 à 2022, elle assume la présidence de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) pendant trois mandats consécutifs, dont le premier est marqué par la mise sous tutelle de l’OIQ par le gouvernement du Québec[1] peu après son arrivée en poste. De 2021 à 2024, elle exerce des fonctions de présidente d'Ingénieurs Canada, l'organisation nationale qui réglemente la profession de génie au Canada. En 2024, elle est nommée directrice générale et cheffe de direction à l'École de Technologie supérieure (ÉTS), réseau de l'Université du Québec. Son engagement au sein de la profession d’ingénieure lui a valu son lot de prix et distinctions. En 2017, elle remporte le prix Relève Leadership Germaine-Gibara des Mercuriades de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Elle reçoit, en 2019, le prix canadien Top 40 under 40[2]. Elle se voit décerner deux doctorats honoris causa, remis respectivement par l’École de technologie supérieure (2021) et l’Université Concordia (2023).

Biographie

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Fille d’une mère québécoise et d’un père pakistanais, Kathy Baig est née le 2 avril 1981 à Laval, troisième ville la plus populeuse au Québec. Elle fréquente le Collège de Maisonneuve où elle obtient son diplôme d’études collégiales en sciences pures (2000). Elle obtient son baccalauréat en génie chimique à l’École Polytechnique de Montréal (2004) durant lequel elle fait un stage à l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse. Elle détient un diplôme d’études supérieures spécialisées en gestion de HEC Montréal (2008) et un MBA de HEC Montréal (2013) qu’elle complète durant ses congés de maternité. Elle est membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec (depuis 2005) et certifiée du Collège des administrateurs de société (2013).

Carrière professionnelle

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La carrière professionnelle de Kathy Baig débute dans les rangs d’IBM à titre d’ingénieure junior des procédés, en 2005, à sa sortie de l’université. Elle fait le saut, en 2008, chez PyroGenèse Inc[3], entreprise technologique qui gère notamment la destruction de déchets, où elle occupe un poste de chargée de projet en ingénierie et en recherche et développement des procédés. En 2013, elle rejoint Aéroports de Montréal à titre de gestionnaire de projets en infrastructure et construction.

En 2013, alors que la Commission Charbonneau chargée d’enquêter sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction bat son plein, la réputation de la profession d’ingénieur est mise à mal. C’est dans la foulée de ces scandales que Kathy Baig arrive au conseil d’administration de l’Ordre des ingénieurs du Québec. En 2016, alors âgée de 35 ans, elle décide de déposer sa candidature au poste de Présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, course qu’elle remporte contre cinq candidatures masculines[4]. Pour la première fois depuis la création de l'OIQ en 1920, l'élection à la présidence se déroule au suffrage universel, permettant à l'ensemble des membre de voter et ce, par voie électronique[5]. En récoltant 33,56% des votes[6], Kathy Baig devient ainsi la quatrième femme à présider l’OIQ et ses quelques 65 000 membres. Quelques jours suivant son élection, le gouvernement du Québec de Philippe Couillard met sous tutelle l’OIQ, n’ayant plus les moyens de traiter les plaintes adressées contre ses membres[7]. C'est d'ailleurs le premier ordre professionnel à avoir été mis sous tutelle dans l'histoire du Québec[8]. Plus de deux ans et demi plus tard, en 2019, la nouvelle culture organisationnelle instaurée par Kathy Baig et son équipe permet la fin de la mise sous tutelle. Invitée à de nombreuses reprises dans les médias à cet égard, Kathy Baig a porté la voix de sa profession en dénonçant les manquements ayant entaché la réputation des ingénieurs du Québec, commis par une infirme proportion de ces membres, souvent dirigeants d’entreprises[9]. Sous sa gouverne, l’OIQ a mis en œuvre le Plan ING2020[10] et le Plan ING 20-25, devenus la référence en matière de protection du public dans le système professionnel québécois[11]. Après avoir complété les trois mandats consécutifs permis à la présidence de l'OIQ, Kathy Baig laisse en héritage une confiance renouvelée de la population envers la profession d’ingénieur. En six ans, la confiance du public envers la profession d'ingénieur passe de 40% à 80%[12].

Kathy Baig poursuit sa carrière en occupant les postes de vice-présidente au développement et au positionnement et de directrice principale des opérations en transports – Montréal Métropolitain pour la firme de génie-conseil Stantec de 2022 à 2024, tout en occupant des fonctions de présidente chez Ingénieurs Canada (2022-2023). Elle siège sur le conseil d'administration de Via Rail de 2017 à 2022, au sein du comité des projets majeurs et de la modernisation de la flotte et du comité VIA TGF. En 2023, elle joint le conseil d’administration de Nav Canada où elle siège toujours à titre de présidente du comité de transformation.

En 2024, Kathy Baig devient la première femme nommée au poste de directrice générale et cheffe de direction de l’École de technologie supérieure (ÉTS). L’arrivée de Kathy Baig est qualifiée de nouvelle ère pour l’université[13]. Ses ambitions sont notamment de renforcer le positionnement de l’ÉTS à l’échelle provinciale, nationale et internationale, de développer sa culture philanthropique et d’adapter les programmes universitaires pour répondre aux besoins de l’industrie, des marchés et des changements sociétaux et environnementaux[14].

La mise en œuvre de cette vision s’inscrit toutefois dans un contexte financier particulièrement contraignant. En 2025, le Québec traverse une vague de coupes dans les budgets alloués aux universités[15]. En continuité de ses prédécesseurs, Kathy Baig parvient tout de même à finaliser l'aboutissement des projets ambitieux pour l’ÉTS, notamment trois nouveaux départements: Génie aéro, Design UX et Génie environnement. Sous son leadership, l’ÉTS complète la construction de l’espace technologique AX.C[16], dont le premier anniversaire est célébré en 2026. Elle inaugure aussi, en 2025, itechsanté[17], nouvel institut de recherche et d’innovation en technologie pour la santé.

Prises de position

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L’engagement de Kathy Baig envers la profession d’ingénieure s’est illustré par des efforts visant à accroitre la représentation des femmes en génie[18]. Elle souligne les barrières auxquelles font face les femmes qui souhaitent accéder à des postes de gestion et les dynamiques de care qui façonnent la trajectoire des femmes dans le milieu de l'ingénierie[18]. Durant ses mandats de présidente à l’OIQ, elle a porté l’initiative 30 en 30[19] d’Ingénieurs Canada, consistant à atteindre 30% de femmes inscrites à l’Ordre des ingénieurs du Québec d’ici 2030.

Elle a aussi fait progresser l’intégration des enjeux liés aux changements climatiques et au développement durable dans la pratique de l’ingénierie[20].  Elle met de l’avant l’importance pour l’avenir de la profession d’ingénieur de développer des soft skills[13], des compétences en gestion et en entrepreneuriat[21] et de maitriser l’intelligence artificielle[22].

Elle retient aussi l’attention médiatique à travers son style de gestion basé sur l’écoute, la collaboration et l’intégrité, la démarquant à titre de gestionnaire dans un milieu à prédominance masculine[22].

Prix et distinctions honorifiques

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  • Fellow d'Ingénieurs Canada (2015)
  • Lauréate – Relève Leadership Germaine-Gibara – Les Mercuriades – Fédération des chambres de commerce du Québec (2017)
  • Canada’s Top 40 under 40 (2019)
  • Fellow de l'Académie canadienne du génie (2019)
  • Doctorat honoris causa de l’École de technologie supérieure (2021)
  • Récipiendaire de la Distinction Femmes en environnement – Réseau Environnement (2022)
  • Doctorat honoris causa de l’Université Concordia (2023)

Notes et références

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  1. Radio-Canada, « Québec met sous tutelle l'Ordre des ingénieurs », sur Radio-Canada, (consulté le )
  2. (fr-CA) Les Affaires, « Kathy Baig reçoit le prix Top 40 Under 40 », sur Les Affaires, (consulté le )
  3. (fr-CA) Richard Dufour, « Le PDG de PyroGenèse fait l’objet d’une enquête », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
  4. (fr-CA) Marie-Claude Lortie, « La trentenaire qui a fait le ménage chez les ingénieurs », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
  5. (fr-CA) Kathleen Lévesque, « Ordre des ingénieurs: nouvelle formule pour l'élection du CA », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
  6. Ordre des ingénieurs du Québec, « 99e Assemblée générale annuelle des membres », sur Ordre des ingénieurs du Québec, (consulté le )
  7. Philippe Orfali, « « Fin de la tutelle pour l'ordre des ingénieurs du Québec » », TVA Nouvelles,, (lire en ligne)
  8. Philippe Orfali, « L’Ordre des ingénieurs libéré de sa tutelle », sur Journal de Montréal, (consulté le )
  9. « Le culture a changé à l'Ordre des ingénieurs, selon la présidente | OHdio | Radio-Canada », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
  10. Ordre des ingénieurs du Québec, « Plan Ing2020 », sur Ordre des ingénieurs du Québec, (consulté le )
  11. « Kathy Baig nommée présidente d’Ingénieurs Canada | Engineers Canada », sur engineerscanada.ca, (consulté le )
  12. (fr-CA) Jean-Philippe Décarie, « Grande entrevue – Kathy Baig, directrice générale de l’ETS: Une équipe « engagée et passionnée » », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
  13. 1 2 Mohamed Berrada, « « Repositionner l’ÉTS » : la vision de Kathy Baig pour l’avenir de l’ingénierie au Québec », Affaires universitaires, no Article de fond, (lire en ligne)
  14. École de technologie supérieure, « Plan stratégique 2025-2030. », sur École de Technologie supérieure, (consulté le )
  15. (fr-CA) Léa Carrier, « Budget du Québec 2025-2026: Coupes en vue dans les universités », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
  16. Canada Economic Development for Quebec Regions, « Creating Ax-C Space to Develop New Generation of Entrepreneurs », sur www.canada.ca, (consulté le )
  17. École de Technologie Supérieure, « L'ÉTS inaugure itechsanté, son nouvel institut de recherche et d'innovation en technologies pour la santé », sur www.newswire.ca (consulté le )
  18. 1 2 « Comment attirer plus de femmes vers les professions scientifiques? | OHdio | Radio-Canada », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
  19. (en) « 30 by 30 | Engineers Canada », sur engineerscanada.ca (consulté le )
  20. Kathy Baig, « L’ordre des ingénieurs s’engage. », Vecteur environnement,, vol. 54, no 1, , p. 44-45
  21. Mohamed Berrada, « L’entrepreneuriat redessine-t-il la formation en génie ? - Affaires universitaires », Affaires universitaires, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  22. 1 2 Claudine Auger, « Le «leadership humain» de la directrice générale de l’ETS », sur Le Devoir, (consulté le )