Le Kavadi ou Cavadee, est une fête hindoue, principalement célébrée par la communauté tamoule, en Inde du Sud et dans les îles de l'archipel des Mascareignes, dans le sud-ouest de l'océan Indien[1], et dans d'autres pays où la communauté est présente. Le dieu invoqué et célébré est Murugan, l'un des fils de Shiva.

Procession Kavadi durant Thaipusam à Penang.

Pratique

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Elle est fêtée par les Tamouls et par certains Télougous du Tamil Nadu et des Malayalis du Kerala, d'origine dravidienne, en janvier ou en février.

Cette fête religieuse, haute en couleur et composée d'une procession, consiste à se purifier. Les fervents se transpercent différentes parties du corps à l'aide d'aiguilles. Tout ce rituel, pour des yeux non-avertis peut paraitre assez impressionnant[2].

Un jeune tamoul pratiquant le kavadi de l'oiseau associé au culte de Murugan.

Dans la pratique du Kavadi à des fins de culte, en particulier dans sa forme la plus élaborée, on peut observer des rituels de mortification. Certains se font percer les joues avec des tiges d'argent d'environ quinze centimètres de long, et la langue avec un petit bijou. D'autres se font percer le dos avec de nombreuses aiguilles d'argent, les cordes reliées aux aiguilles étant tenues et tirées par une autre personne. Autre possibilité, être suspendu à de hautes structures montées sur des chars à roues, horizontalement, le visage tourné vers le bas ou devant soi, sinon verticalement. Dans les deux cas, le fidèle ne porte pas le poids sur ses épaules. On le voit plutôt être transporté comme une charge par la structure assimilé au "kavadi". Cette pratique consistant à se transpercer l'ensemble du corps à l'aide de crochets acérés et à se suspendre dans les airs afin de s'abandonner, corps et âme, au divin existe dans la tradition dévotionnelle tamoule depuis la période Sangam.

Ce dépassement de soi consiste à s'extraire de la dualité attrait-aversion, de l'arrogance et de la peur, et de ne pas voir l'adversité comme un désastre, mais comme une épreuve à surmonter avec calme et sérénité et l'aide de la divinité, voire en éprouvant de la gratitude.

Récit mythologique

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Représentation moderne d'Idumban.

Le dieu Murugan avait été surpassé lors d'un concours autour du monde, quand son frère Vināyaka remporta le jñāna paḻam, littéralement le « fruit de la sagesse ». Fort mécontent et frustré, il quitta le royaume et sa famille, dont son père Shiva. Celui-ci demanda à l'un de ses dévoués serviteurs, Idumban, de lui rapporter les deux collines près desquelles s'était réfugié son fils. Doté d'une force exceptionnelle, Idumban transporta les collines sur ses épaules grâce à un outil qu'il appela "kavadi". Cet outil était fait du bâton de Brahma, utilisé comme perche, et de deux serpents divins, utilisés comme cordes.

La nuit tombée, il s'endormit et rêva d'un enfant qui voulait s'emparer des collines et qu'il repoussa avec des pierres. Au matin, il s'aperçut que cet enfant n'était autre que Murugan qui s'était installé sur l'une des collines. Incapable de les soulever et de reprendre son chemin, Idumban affronta la divinité. Celle-ci lui dit : « Abandonne, tu ne peux rien contre moi. Tout ce que tu as obtenu, tu l'as eu de mon père. Tu agis avec orgueil ». Et il lui répondit : « C'est bien par orgueil que tu as abandonné le royaume de ton père ». Alors Muruban le tua avec sa lance sacrée. Les dieux apparurent ensemble et Shiva prit la parole : « Quelle erreur d'avoir tué un dévot qui ne faisait que son devoir ! ». Murugan s'effondra reconnaissant sa faute et son orgueil et redonna vie à Idumban, et c'est ensemble qu'ils revinrent au royaume de Shiva. Ainsi, la dévotion d'Idumban à été telle quelle a permis de reconnaître la valeur de l'humilité face aux préjudices de l'orgueil, d'où la coutume d'apporter un Kavadi au Seigneur Murugan.

Pratique et tradition

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Kavadi au temple Sri Kamadchi Ampal, situé à Hamm (Allemagne).

Le Kavadi Attam est une danse folklorique traditionnelle originaire de l'État du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde. Elle est généralement exécutée en guise d'offrande religieuse ou de vœu au dieu hindou Murugan, également connu sous les noms de Kartikeya ou Subramanya Swamy.

Le mot « Kavadi » désigne une structure semi-circulaire en bois ou en métal ornée de fleurs colorées, de plumes de paon et d'autres éléments décoratifs. Les danseurs, appelés porteurs de Kavadi, portent ces Kavadis sur leurs épaules pendant les représentations. Les Kavadi varient en taille et en complexité, allant de petites structures finement ouvragées à de grandes pièces richement travaillées.

La danse consiste en une série de mouvements rythmiques, souvent accompagnés de musique traditionnelle, de tambours et d'instruments de percussion tels que des cymbales. Les danseurs se déplacent selon des figures synchronisées, se balançant et tournoyant, parfois en équilibre sur leur tête ou leurs épaules avec le Kavadi. Cette danse exige une grande force physique, de l'endurance et une excellente coordination.

Kavadi dans le Kerala, temple shivaïte de Viyyur, près de Trichur.

Le Kavadi Attam est principalement exécuté durant le mois tamoul de Thai (janvier/février) dans le cadre du festival Thaipusam dédié au dieu Murugan. Les fidèles chantent des bhajans ou dansent en portant le Kavadi pour implorer la bénédiction du dieu. On croit que l'effort physique et la dévotion liés à cette danse aident les dévots à atteindre la purification spirituelle et à surmonter les obstacles physiques et mentaux.

Le Kavadi Attam n'est pas seulement un rituel religieux, mais aussi une expression artistique et une célébration culturelle. Il attire une foule nombreuse, venue admirer les costumes colorés, les mouvements rythmés et l'énergie puissante de la danse. La tradition du Kavadi Attam s'est transmise de génération en génération et demeure un élément important de la culture et des rituels religieux tamouls.

Notes et références

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  1. (en) Bel Ombre Territory 61002, « Everything you need to know about Cavadee », sur Heritage Resorts Mauritius (consulté le )
  2. (en) Alexandra Richards, Royston Ellis et Derek Schuurman, Mauritius: Rodrigues, Reunion, Bradt Travel Guides, (ISBN 978-1-84162-151-7, lire en ligne)

Voir aussi

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Articles liés

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