Kenyapithecinae
Les Kenyapithecinae sont une sous-famille fossile de grands singes de la famille des Hominidae, ayant vécu en Afrique, au Proche-Orient et en Europe au cours du Miocène moyen, d'environ 16 à 13,5 millions d'années (Ma). Ce taxon rassemble la plupart des espèces basales, antérieures au groupe-couronne des Hominidae, composé des Homininae et des Ponginae.
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Primates |
| Sous-ordre | Haplorrhini |
| Infra-ordre | Simiiformes |
| Micro-ordre | Catarrhini |
| Super-famille | Hominoidea |
| Famille | Hominidae |
Historique
modifierLa sous-famille des Kenyapithecinae a été attribuée rétroactivement à Louis Leakey sur la base de sa description du genre Kenyapithecus en 1962, consécutive à la découverte des premiers fossiles en 1961 sur le site de Fort Ternan (en), dans l'ouest du Kenya[1]. Le taxon a été formalisé en 2004 comme rassemblant quatre genres d'hominidés basaux du Miocène moyen (voir liste ci-dessous) par le paléoprimatologue australien David Cameron[2]. Le paléoprimatologue canadien David Begun a commenté cette proposition à plusieurs reprises dans ses travaux ultérieurs, sans trancher la question de savoir s'il s'agit bien d'un clade ou seulement d'un grade évolutif[3].
Description
modifierLes Kenyapithecinae sont caractérisés par une combinaison de caractères dentaires, faciaux et postcrâniens plus ou moins dérivés, qui les distinguent des hominoïdes africains basaux du Miocène inférieur (notamment Proconsulidae et Afropithecidae)[2].
Ils présentent généralement un émail dentaire épais, des molaires adaptées à des aliments coriaces, une réduction de certains caractères dentaires primitifs observés chez les Proconsulidae, et un renforcement de l'appareil masticateur. La face est plus robuste que chez les hominoïdes africains antérieurs, avec une région sous-nasale renforcée.
Les membres sont relativement robustes et on constate une réduction de certaines adaptations arboricoles observées chez les formes plus primitives, ce qui suggère une locomotion plus terrestre. Chez Kenyapithecus, le poignet présente des caractères qui ont été interprétés comme préfigurant certains traits des Homininae.
Liste des espèces
modifierLa sous-famille des Kenyapithecinae compte quatre genres et six espèces[2] :
- Kenyapithecini Andrews, 1992
- Griphopithecus Abel, 1902
- Kenyapithecus Louis Leakey, 1962
- Equatorini Cameron, 2004
- Equatorius Ward et al., 1999
- Equatorius africanus (Louis Leakey, 1967) : 15,5 Ma, Kenya
- Nacholapithecus Ishida et al., 1999
- Nacholapithecus kerioi Ishida et al., 1999 : 16 à 14 Ma, Kenya
- Equatorius Ward et al., 1999
Classification
modifierLes Kenyapithecinae forment l'essentiel du groupe-souche des Hominidae, lesquels sont apparus dès 20 à 21 millions d'années, et ont donné les Ponginae et les Homininae il y a 16 à 17 millions d'années.
Phylogénie des Hominoidea d'après Al-Ashqar et al. 2026[4] :
| Hominoidea |
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Voir aussi
modifierLiens externes
modifierNotes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 (en) Louis Leakey, « A new Lower Pliocene fossil primate from Kenya », The Annals & Magazine of Natural History, 13e série, vol. 4, , p. 689–696
- 1 2 3 (en) David W. Cameron, Bones, Stones and Molecules: “Out of Africa” and Human Origins, Sydney, University of New South Wales Press, , 260 p.
- ↑ (en) David R. Begun, The real Planet of the Apes : A new Story of human Origins, Princeton University Press, (lire en ligne)
- ↑ (en) Shorouq F. Al-Ashqar, Erik R. Seiffert, Sanaa El-Sayed, Belal S. Salem, Abdullah S. Gohar et al., « An Early Miocene ape from the biogeographic crossroads of African and Eurasian Hominoidea », Science, vol. 391, no 6792, , p. 1383-1386 (DOI 10.1126/science.adz4102)