Keren Hayessod

organisation sioniste planétaire

Le Keren Hayessod (en hébreu : קרן היסוד, « Fonds de fondation »), appelé aussi « Appel unifié pour Israël », est le fonds de construction des établissements juifs en Palestine géré par les Britanniques de 1920 jusqu'en 1948 puis en Israël - à compter de l'indépendance de ce pays le . Il est l'organisme central financier du mouvement sioniste mondial, ainsi que celui de l'Agence juive.

Keren HaYesod
Logo du Keren Hayessod
Histoire
Fondation
Cadre
Domaine d'activité
Siège
Pays
Organisation
Site web

Il est fondé par décret du Comité exécutif sioniste à Londres en 1920 et se constitue comme « société » britannique en 1921. Son activité est régie par la loi dite Keren haYesod Law-5716, passée par la Knesset en , qui garantit à cette organisation son statut et son unicité.

Histoire

modifier
Binyan Hamosadot Haleumiyim, locaux Keren Hayesod, 48 King George Street, Rehavia, Jerusalem

Avant l'indépendance

modifier

Le Keren Hayessod est créé lors du Congrès sioniste à Londres du 7 au , avec pour objectif de fournir les ressources financières pour l'établissement du foyer juif en Palestine, à la suite de la déclaration Balfour de 1917.

Durant sa première décennie d'activité, le Keren Hayessod pose les bases de son activité, permettant de lever des fonds pour l'université hébraïque de Jérusalem et la Bank Hapoalim[1]. En 1926, son siège est transféré de Londres à Jérusalem, avec des antennes dans plusieurs pays, dont une en France située à Paris. À la suite de sa création en 1929, le Keren Hayessod fonctionne de pair avec de l'Agence juive, et étend le périmètre de ses activités.

Si la crise de 1929 a un impact sur son développement, l'arrivée de Hitler au pouvoir en 1933 accélère le besoin de financement pour des projets immobiliers, notamment autour de Haïfa pour accueillir les juifs allemands qui quittent le régime nazi. La société de construction Rassco est ainsi créée en 1934. En 19936, il soutient la création de ce qui va bientôt devenir l'Orchestre philharmonique d'Israël.

À l'aide des fonds obtenus, le Keren Hayessod finance près de 900 projets de développement urbain en Israel, permettant de développement le logement et l'activité professionnelle pour les migrants. À partir de la fin de la guerre, l'activité s'accélère notamment autour de projets d'urgence pour rapatrier les survivants.

De nombreux représentants du Keren Hayessod en Europe sont assassinés durant la Shoah. Le bureau parisien ferme en 1941 et son représentant meurt en déportation.

En , le directeur du Keren Hayessod périt dans un attentat à la voiture piégée qui fit douze morts.

Jusqu'à la création de l' État juif en mai 1948, le Keren Hayessod récupère la somme de 143 millions de dollars, qui lui permet de financer l'immigration et l'installation d'un demi-million d'immigrants Le fonds contribue aussi à la fondation des villes et villages sur toute la surface d'Israël[Laquelle ?].

Une affiche de 1926 appelant à contribuer via le Keren Hayessod en Palestine mandataire

Après la création de l'État d'Israel

modifier

Le Keren Hayessod développe son activité, avec pour mission principale l'accueil et l'intégration des nouveaux immigrants, un effort qui demande un investissement financier que le jeune état ne peut couvrir seul[2]. Il rétablit son réseau de représentants en Europe, et même en Allemagne à partir de 1955[3].


Avec la création de l'État d'Israël, le Keren Hayessod couvre une partie des frais relatifs aux efforts d'immigration et d'intégration, notamment de puis l'Afrique du Nord, le Yemen, le Kurdistan ou l'Irak. Il finance les implantations juives - au nombre de 257, la sécurité des personnes les stages de formation professionnelle, l'aménagement des ressources d'eau, les travaux publics, l'aide aux chômeurs, les constructions et l'investissement dans les entreprises importantes centrales telles que la société d'électricité, les usines d'extraction de la mer Morte et la société navale nationale « ZIM ».


Avec la naissance du pays, il remplit ses fonctions en collaboration avec l'État d'Israël, dans les domaines de l'immigration, de l'intégration et de l'implantation. Les budgets disponibles proviennent principalement des Juifs de la diaspora et 1 400 000 immigrants, originaires de tous pays, en bénéficient. Il prend également en charge 96 000 cas d'immigration d'enfants, pour lesquels il crée et développe 500 implantations agricoles. Il construit aussi 250 000 logements, fonde des villes de développement où il contribue à installer 250 000 immigrants, crée des écoles d'apprentissage intensif de l'hébreu ou " oulpan " dans lesquelles étudient 100 000 immigrants. Les fonctions du Keren Hayessod sont reconnues par la loi no 17 du [4]votée par la Knesset .

Timbre émis pour le jubilé du Keren Hayessod

Dans les années 80, le Keren Hayessod focalise son activité sur des programmes d'aide sociale en Israel, pour faire face à la crise économique de 1983-84. En 1984, il supporte l'Opération Moïse qui permet à 5 000 immigrants de quitter l'Éthiopie. Après la chute du mur de Berlin et la dislocation de l'URSS, l'arrivée massive d'immigrants originaire devient sa nouvelle priorité. Dans le même temps (1991), près de 11 000 immigrants éthiopiens arrivent (opération Salomon).

Le Keren Hayessod est actif dans 60 pays et finance les travaux de l'Agence juive. À sa tête siège un comité installé à Jérusalem.

Activité du Keren Hayessod

modifier

L'activité du Keren Hayessod se divise en trois axes principaux : les programmes d'aide sociale, les prorgammes éducatifs dans la diaspora, et les programmes exceptionnels.

Programmes d'aide sociale

modifier
  • Programme Ayalim d'aide à l'installation dans le Neguev et en Galilée
  • Programme Amigour d'aide au logement
  • Villages éducatifs pour les jeunes défavorisés

Programmes éducatif pour la diaspora

modifier
  • Programme Taglit pour la jeunesse
  • Programme d'oulpan (cours d'hebreu) au sein des communautés de la diaspora
  • Programme Masa pour les jeunes souhaitant étudier en Israel

Campagnes exceptionnelles

modifier

Le Keren Hayessod est venu en aide aux résidents du sud d'Israël à la suite des attaques de roquettes de l'été 2014, notamment dans la construction dabris dans les zones résidentielles. D'autres campagnes exceptionnelles ont eu lieu durant le siècle d'existence du Keren Hayessod pour le rappatriement de communautés en danger, ou l'Alyah massive des juifs de Russie.

Le Keren Hayessod en France

modifier

Le Keren Hayessod est présent en France depuis les années 30. Son représentant durant la guerre est mort en déportation. À partir de 1967 et de la guerre des Six Jours, le Fonds social juif unifié et le Keren Hayessod unissent leurs forces au sein de l'Appel Unifié Juif de France (AUJF), à l'instar de ce qui était déjà en place aux États-Unis. La collaboration dure jusqu'en 2013 et les deux organisations reprennent leurs collectes séparées à la suite de désaccords stratégiques.

La polémiste Rachel Kahn est l'une des marraines du Keren Hasseyod[5].

Notes et références

modifier

Voir aussi

modifier