Kervran

nom de famille

Kervran ([kɛʁvʁɑ̃]) est un patronyme mais aussi un toponyme d'origine bretonne.

Kervran est composé de deux syllabes:

  • Ker , a une étymologie celtique ancienne qui remonte au vieux breton Caer (endroit fortifié, citadelle, forteresse). Caer aurait une origine brittonique, issu du mot Kagr (qui désignait un lieu fortifié, une enceinte, un habitat protégé), lui-même dérivé du mot celtique Kagh (saisir, enclore, fermer). Le sens ancien de forteresse s’est progressivement élargi perdant sa valeur militaire d'origine. À partir du Xe siècle, avec l’essor des noms en Ker-, le mot prend le sens d’exploitation rurale, puis de village, hameau, qu'il a gardé en breton moderne.
    Acte de naissance de Kervran Alfred Marie (1877-1949), orthographié avec un Ꝃ à Quimper.
    Graphie du patronyme de Kervran Alfred Marie (1877-1949) sur son acte de naissance, orthographié avec un Ꝃ. État civil de Quimper 07-05-1877.
    Au XIXe siècle, début XXe siècle, Ker- a souvent été représenté graphiquement dans les actes d’état civil, par un K barré (caractère typographique )[1], noté aussi K/ ou K’. En 1955, une instruction générale relative à l’état civil a interdit son usage dans les actes officiels (tribunaux, mairies), le considérant comme une «altération manifeste de l’orthographe». Malgré l’interdiction, l’usage a persisté à titre privé (avis d’obsèques ou gravé sur les tombes).[2]
  • Vran , en breton, est la forme mutée (adoucie) de Bran, qui signifie: corbeau / corneille. Sous l'effet de la mutation (phénomène grammatical appelé mutation consonantique) le b devient un v, (Ex: bran = corbeau; ar vran = le corbeau). Le mot Bran remonterait au proto-celtique branos/brano- (signifiant: corbeau, corneille, freux)[3], un terme existant en gaulois (brano-), dans des noms de peuples (Ex: Brannovices = qui vainquent avec le corbeau). Le mot Bran a une riche mythologie: c’est le nom de personnages récurrents dans les légendes celtiques (Bran Mac Febail et sa version chrétienne Saint Brendan; Brân le Béni, un géant et roi dans le récit Mabinogi). L'usage de ce nom montre que le corbeau était un symbole de sagesse, de souveraineté, de prophétie et un messager entre le monde des vivants et celui des morts. Le nom Vran a été rapproché du nom du saint latin Veranus (Véran) lors de la christianisation de la Bretagne (par ressemblance phonétique). Ainsi, la commune des Côtes-d'Armor, Saint-Vran (Sant-Vran, en breton), s’est longtemps écrite Saint-Véran. En 1953, le nom officiel a été changé en Saint-Vran, pour éviter la confusion avec la commune de Saint-Véran dans le Queyras.

Kervran est un nom de famille courant en Bretagne notamment porté par:

  • Corentin Louis Kervran (1901-), scientifique français.
  • Marcel Kervran, (1919-2001), missionnaire d’Afrique (Père blanc). Parallèlement à sa mission d’évangélisation, il a conduit dès 1951 et pendant près de quatre décennies, des recherches en linguistique et ethnographie concernant plusieurs aspects de la vie du peuple Dogon de la région de Bandiagara au Mali. Leurs publications portent entre autres sur la langue[4],[5], les chants[6],[7], l’organisation sociale, la culture, le droit coutumier, la religion[8].
  • Loïc Kervran (- ), personnalité politique française.
  • Perrine Kervran (1974- ), historienne, journaliste, animatrice & productrice radio.
  • Monique Kervran (19xx-2024), née à Djidjelli, en Algérie. Archéologue. Directrice de la Mission archéologique française à Bahreïn (en 1991), de la Mission archéologique française du Sind au Pakistan (en 1999). Directrice de recherche émérite, UMR Orient & Méditerranée, Centre national de la recherche scientifique (en 2017).
  • Sophie Kervran (1979-  ), conservatrice en chef du patrimoine à Concarneau Cornouaille Agglomération, directrice du Musée de Pont-Aven et du Musée de la Pêche à Concarneau (en 2020).

Kervran est aussi le toponyme de plusieurs hameaux / lieux-dits en Bretagne:

Notes et références

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  1. Yann Riou, Le K barré d'hier à aujourd'hui, Lampaul-Plouarzel, Association Lambaol, , 16 p. (lire en ligne)
  2. Yann Riou et Jacques André, Le K barré: lettre interdite, Locus Solus, , 96 p. (ISBN 978-2-36833-578-9)
  3. (en) Ranko Matasović, Etymological Dictionary of Proto-Celtic, Brill, Leiden & Boston, , 543 p. (ISBN 978-90-04-17336-1)
  4. Marcel Kervran, André Prost, Les parlers dogons, Département de Linguistique générale et linguistique africaine de la Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Dakar, Dakar, , 2 vol. : Donno Sɔ. 171 p. + Tɔgɔ kã 144 p.
  5. Marcel Kervran, Dictionnaire dogon donno sɔ : région de Bandiagara., Bruxelles, R.Deleu, , 643 p.
  6. Marcel Kervran, André Témbély, D.P. Kassogué, Chants de la mort : les chants du gummɔ chez les dogon donnon, région de Bandiagara. 1 : Les chants du gummɔ-wolo et du gummo-sɔgɔ., Mali, Paroisse catholique, B.P.5, Bandiagara, 1981.
  7. Marcel Kervran, André Témbély, D.P. Kassogué, Chants de la mort : les chants du gummɔ chez les dogon donnon, région de Bandiagara. 2 : Les chants du gummɔ-na., Mali, Paroisse catholique, B.P.5, Bandiagara, 1985.
  8. Marcel Kervran, André Témbély, La vie et la mort en pays dogon : rites et célébrations chez les Donnon, Guegnon, Jourdier Imprimerie, , 345 p.

Références

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