Khalil al-Hayya
Khalil al-Hayya (en arabe : خليل الحية), né le à Gaza[1], est un homme politique palestinien, élu au Conseil législatif palestinien le 25 janvier 2006 en tant que représentant de la ville de Gaza. Il est le chef du bureau du Hamas à Gaza et membre du comité directeur du mouvement[2], puis élu comme dirigeant du Hamas. Il est considéré comme l’une des figures modérées du Hamas[3].
| Membre du Conseil législatif palestinien | |
|---|---|
| depuis le |
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
خليل الحية |
| Nom de naissance |
خليل إسماعيل إبراهيم الحية |
| Nationalités |
République arabe unie (- Territoires palestiniens occupés (- palestinienne (depuis ) |
| Formation |
University of the Holy Quran and Islamic Sciences (en) (doctorat) Université de Jordanie (maîtrise) Université islamique de Gaza (bachelier) |
| Activité |
| Parti politique | |
|---|---|
| Membre de |
Bureau politique du Hamas (en) |
Biographie
modifierJeunesse
modifierAprès avoir grandi dans la bande de Gaza au sein d'une famille conservatrice et religieuse[4], Khalil al-Hayya étudie les sciences islamiques et rencontre à l'âge de 20 ans Ahmed Yassine, qui deviendra chef spirituel et cofondateur du Hamas en 1987. Khalil al-Hayya rejoint le mouvement dès sa fondation[3] et est emprisonné pendant trois ans en Israël dans les années 1990, pendant la première Intifada[5].
Carrière politique
modifierIl est élu député de Gaza en 2006 aux élections législatives palestiniennes remportées par le Hamas. Il réside dans le quartier de Shuja'iyya[5]. Il a aussi pour responsabilité le développement des relations de l'organisation avec le monde arabe et islamique, notamment la Syrie, le Hezbollah libanais et l'Iran[4]. Il est considéré comme l’une des figures modérées du Hamas[3].
Il est pendant la guerre de Gaza le représentant du Hamas à l'étranger, échappant à plusieurs reprises à des tentatives d'assassinats par Israël[5],[6]. Il est aussi connu sous le nom de guerre Abou Ossama, le prénom de son fils tué par Israël en 2014[4].
Il est nommé parmi les cinq membres du conseil de direction du Hamas mis en place en après l’assassinat des principaux dirigeants du mouvement, Ismaïl Haniyeh et Yahya Sinouar[3].
Il est considéré comme l'un des derniers dirigeants du Hamas encore en vie. Il accepte en 2025 le « Plan Trump », largement aligné sur les intérêts israéliens et perçu comme une capitulation du Hamas[5].
Alors qu'il bénéficie d’une « grande sympathie » de la part des Palestiniens[3], des analystes estiment qu'il pourrait prendre la tête du Hamas après les élections internes prévues par l'organisation en 2026[7]. Une source au sein du Hamas indique qu'il est connu pour son tempérament à la fois « conservateur et pragmatique ». « Il ne s’emporte pas facilement et est respecté de tous les membres du bureau politique et des commandants militaires », ajoute ce responsable[3]. Néanmoins, un diplomate palestinien souligne qu'il « n'a jamais été sur le devant de la scène à Gaza[4]. »
Il est élu dirigeant du Hamas en juillet 2026[8].
Vie personnelle et tentatives d'assassinat
modifierHuit de ses proches, dont deux de ses frères, sont tués par des bombardements israéliens contre sa maison en 2007[9],[10]. L'un de ses fils est tué par un bombardement aérien israélien en 2008 alors qu'il dirige une brigade de roquettes[11]. Un autre fils, une belle-fille et trois petits-enfants sont tués par un bombardement aérien contre leur maison en , lors de la guerre de Gaza de 2014[12],[13],[14].
Il est ciblé par un missile israélien le à Doha au Qatar. Un communiqué du Hamas confirme la mort de son fils et de cinq autres personnes dans l'attaque, mais affirme que Khalil al-Hayya est vivant alors qu'il n'a pas été vu aux funérailles de son fils[15]. Il réapparait en public le et déclare : « La perte de mon fils, de mes compagnons, du directeur de mon cabinet et des jeunes autour de moi [représente] une douleur immense », affirmant ne faire aucune distinction entre les victimes des frappes israéliennes à Doha et les dizaines de milliers de Palestiniens tués par l'armée israélienne à Gaza[4].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Khalil al-Hayya », sur All 4 Palestine (consulté le )
- ↑ Raed Abbas, « Gaza. Le Hamas à la croisée des chemins », Orient XXI, 26 février 2025.
- 1 2 3 4 5 6 « Miraculé, pragmatique, gazaoui… Qui est Khalil al-Hayya, le négociateur en chef du Hamas ? », Ouest-France, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 « Khalil al-Hayya, le « chef malgré lui » du Hamas au Caire », sur Le Point.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 « Khalil al-Hayya, l’homme qui a acté la reddition du Hamas face au plan Trump », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- ↑ Gilles Paris et Hélène Sallon, « Comment le Hamas a imposé son hégémonie sur le mouvement national palestinien », Le Monde,
- ↑ « Le Hamas se cherche un nouveau chef pour succéder à Yahya Sinouar, l’ordonnateur de l’attaque terroriste du 7-Octobre », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le Hamas annonce l’élection de Khalil Al-Hayya comme nouveau dirigeant du mouvement islamiste palestinien », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Israel kills 9; 8 in raid on Hamas official's home » [archive du ], sur reuters.com (consulté le )
- ↑ (en) Maureen Clare Murphy, « B'Tselem calls for criminal investigation into Gaza bombing », sur The Electronic Intifada, (consulté le )
- ↑ (en) « Israel kills 20 Palestinians in Gaza » [archive du ], sur usatoday.com (consulté le )
- ↑ (en) Beaumont et Harriet Sherwood, « 'Death and horror' in Gaza as thousands flee Israeli bombardment: Fiercest fighting yet as Israel widens ground offensive and faces accusations of war crimes over rising number of civilian deaths », sur theguardian.com, Guardian (UK), (consulté le )
- ↑ (en) « IDF: House of Hamas official targeted in overnight Gaza strikes », sur The Jerusalem Post | JPost.com, (consulté le )
- ↑ (en) Bannoura, « Nine More Palestinians Killed, Medics Targeted Again », IMEMC News, (consulté le )
- ↑ « Frappe israélienne au Qatar: le Hamas affirme que son négociateur en chef, Khalil al-Hayya, est vivant », sur RFI,
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'audiovisuel :
- (en) « Hamas official: No elections without West Bank freedoms » [archive du ], Bethlehem, Ma'an, (consulté le )
- (en) Khatib, « Senior Hamas leader Khalil al-Hayya meets senior Fatah leader Nabil Shaath in Gaza City » [archive du ], Demotix, (consulté le )