Kidal

commune malienne

Kidal est une ville et une commune urbaine malienne, chef-lieu du cercle de Kidal et de la région de Kidal, qui est la 8e région administrative du Mali.

Kidal

ⴽⵉⴷⴰⵍ

Kidal
La maison des artisans à Kidal.
Administration
Pays Drapeau du Mali Mali
Région Kidal
Cercle Kidal
Maire Arbakane Ag Abzayack (indépendant)
Démographie
Gentilé Kidalais, Kidalaise
Population 55 617 hab. (2024)
Densité 5,6 hab./km2
Population précédent recensement 11 159 hab.
Géographie
Coordonnées 18° 26′ 28″ nord, 1° 24′ 26″ est
Altitude 525 m
Superficie 991 300 ha = 9 913 km2
Localisation
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Kidal ⴽⵉⴷⴰⵍ
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Kidal ⴽⵉⴷⴰⵍ
Liens
Site web Kidal.Mab

Depuis le 25 avril 2026, la ville est contrôlée par le Front de libération de l'Azawad, qui s'en est emparé à la suite d'une série d'attaques coordonnées à l'échelle du pays, dans le cadre de la Guerre du Mali[1].

Géographie

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Carte administrative de la région de Kidal.

La ville est située au cœur de l'Adrar des Ifoghas, à près de 1 600 km au nord-est de la capitale Bamako et à 400 km au nord de Gao. En plus d'être la capitale de la région, Kidal est le chef-lieu du cercle du même nom qui regroupe les localités de Kidal, Essouk et Anéfif.

Kidal est reliée à la frontière algéro-malienne (Tin Zaouatine) par une piste qui représente un cordon vital entre le Nord du Mali et l'Algérie, appelée « piste Clauzel » (du nom de l'administrateur français Jean Clauzel qui l'inaugura dans les années 1950[2].

Histoire

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Un premier poste militaire est établi à Kidal en 1908, par le commandant Bertix, puis, l'année suivante, le lieutenant Lanceron commence la construction du premier fort. Un fort plus important est érigé en 1917 et agrandi en 1930 ; il existe toujours.

Guerre civile malienne

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Pendant longtemps, cette zone était interdite, du fait de la présence d'un bagne militaire fermé par le Président Alpha Oumar Konaré en 1997[3]. Depuis la fin de la rébellion touarègue en 1995, et la mise en place d'une décentralisation, la ville de Kidal est redevenue la capitale de la région. De ce fait, Kidal connaît un essor très rapide, ce qui entraîne des problèmes d'équipements et de disponibilité de l'eau. En , après des années de calme, une révolte s'organise, due au mécontentement causé par l'application des accords consécutifs aux rébellions des années 1990. Les forces touarègues de l'ADC prennent la ville le [4]. Avec l'accord des parties concernées, une médiation est organisée par l'Algérie, qui débouche sur les accords d'Alger[5].

Fief de la rébellion touarègue (2012 - 2023)

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Le , pendant la nouvelle rébellion touarègue, la ville est prise par les rebelles du groupe salafiste Ansar Dine, mené par Iyad Ag Ghali, après 24 heures de combat contre l'Armée malienne[6]. Elle échappe alors à l'autorité du gouvernement de Bamako et constitue une étape importante dans le conflit malien.

Le , le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), associé au Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) — fraction d'Ansar Dine ayant annoncé sa scission vers le —, déclare avoir repris le contrôle de Kidal au moment où les forces françaises, dans le cadre de l'opération Serval, et maliennes libèrent Gao puis Tombouctou[7]. Le MNLA déclare dès lors agir en totale coopération avec l'Armée française[8]. Durant la nuit du 29 au , des troupes françaises aéroportées prennent le contrôle de l'aérodrome situé au sud-est de la ville[9],[7] et contrôlent ses accès. Dans les jours qui suivent, l'Armée de l'air française réalise de nombreuses frappes aériennes au nord de la ville et dans la région où les groupes islamistes armés ont trouvé refuge[10]. Le , environ 1 800 militaires de l'Armée tchadienne prennent position pour sécuriser Kidal[11], jouant de facto un rôle de force d'interposition entre le MNLA, qui craint des représailles et exactions contre les Touaregs, et l'Armée malienne[8].

Le , un attentat suicide à la voiture piégée, faisant au moins quatre à six morts, est perpétré contre une barrière militaire tenue par les troupes du MNLA et du MIA et est revendiqué par le MUJAO[12]. Durant les mois qui suivent, des troupes béninoises et sénégalaises sont chargées par la MINUSMA, avec des éléments français, de sécuriser la ville[13].

Le , la ville est le théâtre d'une nouvelle bataille meurtrière, après que le premier ministre Moussa Mara eut tenté de se rendre dans la ville[14]. Les FAMa tentent de reprendre la ville le , mais essuient une lourde défaite face au MNLA[15]. La ville échappe donc depuis 2014 au contrôle du gouvernement malien[14].

Reprise de la ville par l'armée malienne

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Le , l'armée malienne lance une offensive militaire pour reprendre le contrôle de la région de Kidal. Plus tard dans le mois, la MINUSMA met fin à sa présence dans la ville dans le cadre de son désengagement du Mali[16]. Ce retrait fait suite à la résolution 2690 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le , qui prévoit un retrait total de la MINUSMA du Mali d'ici la fin de l'année à la demande des autorités maliennes[17].

Dans la nuit du 3 au , l’armée malienne a procédé à des frappes aériennes avec des drones sur le camp abandonné de la MINUSMA[18]. De nouvelles frappes ont également eu lieu le [19],[20]. De nombreux civils quittent alors Kidal pour l'Algérie, anticipant le début des combats dans la ville[21]. Les forces rebelles du CSP-PSD coupent pendant ce temps le réseau téléphonique de la ville, afin d'éviter des fuites d'informations favorables aux FAMa[22].

Les frappes de drone continuent durant la nuit du , tandis que l'armée malienne, stationnée à Anefis, se rapproche de la ville[22]. Les combats commencent finalement le [23], a une trentaine de kilomètres de Kidal, bien que la situation reste figée le lendemain[24].

Finalement, les FAMa pénètrent dans Kidal le , et reprennent le contrôle de la ville[25].

Le 25 avril 2026, lors d'une série d'attaques coordonnées au Mali, le FLA revendique la prise du centre-ville[26].

Quartiers, villages et fractions nomades

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Carte administrative

La commune s'étend sur 40 quartiers ou fractions nomades relevées lors du recensement général de 2009[27]. Les quatre quartiers de la ville de Kidal sont :

  • Etambar (5 034 habitants)
  • Kidal Centre (2 915 habitants)
  • Angamali (2 872 habitants)
  • Aliou (2 826 habitants).

La loi 2023-007 attribue à la commune 32 villages, fractions ou quartiers[28].

  • Kidal
  • Angamali
  • Idabailalan II
  • Kal Affala
  • Kal Talabit
  • Techerebat
  • Ibibitienne Win Hagaran
  • Kal Essouk
  • Imakalkalane I
  • Imrad Arachnen
  • Iwinchidjine
  • Etambar
  • Cheick Sidi Amar
  • Iradjanatan
  • Kal Edjerer
  • Oullad Malouk
  • Telguatrat
  • Ibibitienne I
  • Ifarkassane
  • Imakalkalane II
  • Inhadane
  • Kal Takimet
  • Centre-ville
  • Idabailalan I
  • Kal Abalak
  • Kal Taghlit
  • Taghat Malat
  • Ibibitienne Win Affala I
  • Idabagatane
  • Igdalane
  • Imazekarane
  • Inheran

Administration

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Année Maire élu Parti politique
2004 Attayoub Ag Intalla ADEMA
2009 Arbakane Ag Abzayak[29] indépendant

Enseignement

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  • Lycée Attaher Ag Illy

Économie

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L'artisanat local est regroupé au sein du bâtiment du marché des artisans.

Communications

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La station régionale ORTM de Kidal est remise en fonction en , mettant un terme à plus d'une décennie d'isolement. Elle diffuse sur la fréquence de 97.5 Mhz sur une zone de diffusion de 130 km autour de Kidal[30].

Notes et références

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  1. Samir Maouche, « Mali : dans Kidal, avec la rébellion du Front de libération de l’Azawad », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  2. François-Xavier Freland, Mali : Au-delà du jihad, Paris, anamosa, , 424 p. (ISBN 979-10-95772-33-0), p. 75.
  3. Pierre Boilley (1999), cité dans : Mohamed Ag Erless, La grossesse et le suivi de l'accouchement chez les touaregs Kel-Adagh (Kidal, Mali), éditions L'Harmattan, 2010, p. 135.
  4. « Histoire d’un conflit fratricide – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  5. « La tentation rebelle à Kidal », sur le site de RFI.
  6. « Mali : Kidal prise par les rebelles touaregs de Iyad Ag Ghali », Jeune Afrique, 30 mars 2012.
  7. 1 2 « Mali : les militaires français à l'aérodrome de Kidal » dans Libération du 30 janvier 2013.
  8. 1 2 « Les rebelles touareg du MNLA assistent l'armée française » dans Libération du 5 février 2013.
  9. « Mali : l'armée française contrôle l'aéroport de Kidal », Le Monde du 30 janvier 2013.
  10. « Mali : « importantes frappes aériennes » au nord de Kidal », dépêche AFP du 3 février 2013.
  11. « Mali : près de 2 000 soldats tchadiens sont entrés dans Kidal » dans Le Monde du 5 février 2013.
  12. « Attentat-suicide à Kidal », dépêche AFP du 26 février 2013.
  13. « Trois minutes pour comprendre les enjeux de l'élection au Mali » dans Libération du 26 juillet 2013.
  14. 1 2 « Au Mali, la junte annonce la prise de Kidal, bastion de la rébellion touareg », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  15. « Mali: le MNLA tient Kidal et poursuit son avancée », sur RFI, (consulté le )
  16. « Mali : la MINUSMA quitte la région de Kidal dans le cadre de son retrait du pays | ONU Info », sur news.un.org, (consulté le )
  17. « Retrait de la Minusma : dix années de présence au Mali pour quel résultat ? », sur TV5MONDE Afrique (consulté le )
  18. « Mali: des frappes de drones à Kidal et des renforts de Wagner à Tombouctou et Gao », sur RFI, (consulté le )
  19. « Au Mali, au moins six morts dans des frappes aériennes sur Kidal », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  20. « Au Mali, l’armée procède à des frappes de drones à Kidal – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  21. « Comment Kidal se prépare à l’offensive de l’armée malienne – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  22. 1 2 « Mali: face aux «mouvements stratégiques» de l'armée, Kidal sur le qui-vive », sur RFI, (consulté le )
  23. « Mali: l'armée se rapproche de Kidal, des combats éclatent à quelques kilomètres de la ville », sur RFI, (consulté le )
  24. « Au Mali, l'offensive de l’armée vers Kidal a repris ce 13 novembre », sur RFI, (consulté le )
  25. « Mali: l’armée prend Kidal, fief des rebelles du Cadre stratégique permanent », sur RFI, (consulté le )
  26. « EN DIRECT - Mali: combats entre l'armée et des «groupes terroristes», Kidal revendiquée par les rebelles touareg », sur RFI, (consulté le )
  27. Instat Mali, 4e RGPH 2009, Répertoire des villages, p.292, mars 2013
  28. MATD, Annexe de la loi 2023-007 du 13 mars 2023, portant création des collectivités territoriales p.207
  29. Ousmane Koné, « Mairie de Kidal : rejet de la requête de report de l’Adema : Une nouvelle équipe, sans « les abeilles », est investie », Le Hoggar, 26 mai 2009.
  30. Mamadou Makadji, Mali Actu, SociétéLancement de la nouvelle grille de l’ORTM pour 2023, 4 mars 2023

Annexes

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Pierre Boilley, Les Touaregs Kel Adagh, dépendances et révoltes : du Soudan français au Mali contemporain, Karthala, Paris, 1999, 644 p. (ISBN 978-2-8111-0635-5) (nombreuses références).
  • André Bourgeot, Horizons nomades en Afrique sahélienne : sociétés, développement et démocratie (actes du colloque Les sociétés pastorales en Afrique sahélienne, 3-, Niamey), Karthala, 1999, p. 168-179 (ISBN 2-86537-900-0).
  • Philippe Brix, Tamashek : journal de Kidal, Éd. Deleatur, Angers, 2000, 46 p. (ISBN 2-86807-095-7).
  • Eghleze Ag Foni, L'impact socio-économique de la sécheresse dans le Cercle de Kidal, Ministère de l'Éducation nationale, Direction de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Bamako (?), 1979 (?), 154 p. (ISBN 9783882990362).
  • (en) Jeffrey Heath, Tamashek texts from Timbuktu and Kidal (Mali), Köppe, Köln, 2005, 164 p.
  • Passeport pour le patrimoine : biens culturels à préserver : Nord Mali, Tombouctou, Gao, Kidal, / Ministère de la Culture, Mali, 2012, 37 p. (ISBN 978-2-906901-72-8).

Articles connexes

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Liens externes

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